Beggas

<b>une agglomération “sinistrée”</b>

La localité de Beggas se situe à quelque 7 kilomètres au Nord-Est du chef-lieu de la commune de Kadiria.

Pour s’y rendre, le visiteur doit emprunter l’unique chemin de wilaya qui mène au village et relie la wilaya de Bouira à celle de Tizi Ouzou en passant par Tizi Ghennif. Beggas est en principe l’appellation d’une dense forêt ayant une couverture végétale diversifiée. Elle s’étend des monts de Lakhdaria jusqu’à Rabta (Aomar).

Le nom est attribué à la localité en raison de son implantation. La plupart des habitations se trouvent soit au cœur de la forêt, soit dans des oliveraies ; d’autres sont bâties à la lisière ou le long de la route. Les habitations sont éparses, certaines  sont semi-groupées.

Lors de notre déplacement dans la contrée, notre attention a été attirée par l’état de la route. A peine 500 mètres à la sortie nord de la ville de Kadiria, la dégradation est apparente. En effet, de Kadiria à El Meddah (Tizi Ouzou), le chemin de wilaya est dans un état piteux. Ce CW serpente au milieu de la forêt.

En montant la route, sur notre gauche, sur le versant ouest, le village Beni-Khelfoune “se perche” sur la colline de la montagne. Seul un chemin communal dessert le village.

A quelque trois kilomètres du parcours, nous abordons les premières habitations de Beggas. Sur le flanc nord de la montagne, des maisons, dont seule l’ossature reste, sont abandonnées. Exposés aux feux de forêt, les citoyens ont été obligés de quitter les lieux et d’aller ailleurs. Certaines maisons  sont abandonnées par leurs propriétaires et tombent en ruine.

D’autres sont occupées. Actuellement, environ 150 foyers y résident et presque autant ont quitté les lieux pour des raisons d’insécurité, d’inexistence de moyens de transport, des commodités de vie plus particulièrement la route et l’eau potable.

Des jeunes sont adossés au mur d’une bâtisse abandonnée, l’un d’eux nous dira : “A Beggas, il n’y a rien. Nous sommes des sinistrés”. Un autre ajoutera : “Depuis 7h30 que nous sommes ici. Nous attendons un clandestin pour nous déplacer à Kadiria mais…” Nous regardons discrètement l’heure. Il était 9h50. Le troisième dira encore : “Vous voyez l’état de la route ? Comment voulez-vous que les gens possédant des fourgons s’aventurent ici pour assurer le transport des citoyens ?”  Il était 10h20 quand nous avons quitté nos interlocuteurs, aucun véhicule à l’horizon. Nous nous déplaçons encore plus loin et nous atteignons la limite départementale.

La route de Beggas-Tizi Ghennif est nouvellement revêtue en béton bitumeux (tapis). Là, notre guide nous montre trois châteaux d’eau qui marque la limite des communes de Kadiria et de Tizi Ghennif (wilaya de Tizi Ouzou).

Signalons qu’un projet AEP est retenu pour la localité qui bénéficiera de l’eau potable d’ici l’an 2009, selon les déclarations des services de la daïra de Kadiria. En définitive, s’il y a des localités isolées, Beggas est l’agglomération la plus oubliée. La marginalisation et l’isolement sont apparents.

Pour que les gens retournent au village, les autorités doivent prendre en charge les problèmes sociaux des citoyens et leurs préoccupations. La réhabilitation et le revêtement de la route demeurent leurs préoccupations majeures.

Pour cela, les responsables doivent penser à lancer des projets entrant dans le cadre du PPDRI, créer des moyens pour récupérer ces jeunes qui se morfondent entre le stress, l’oisiveté et l’envie de réaliser leur rêve.

depechedelakabylie
A. Bouzaidi
15.07.2007

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