l’Algerie aux Jeux Olympiques de Pekin 2008

l’ Algerie participera aux jeux olymiques de Pekin 2008

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Huit familles menacent de se suicider

Lakhdaria

Huit familles menacent de se suicider collectivement

Huit familles résidant au lieu dit Hazzama sur les hautes cimes de la commune de Lakhdaria menacent de se suicider collectivement si aucune décision n’est prise rapidement pour prendre en charge leurs revendications par les pouvoirs publics et la société canadienne en charge de la réalisation du projet du refoulement de l’eau à partir du barrage Koudiet Acerdoun dans sa tranche n°1. Ces familles des postes d’emploi, comme il a été convenu lors des différentes réunions les ayant réunies.

La cause essentielle du désespoir de ces familles reste inhérente au litige qui les opposait au début avec cette entreprise mais qui fut vite réglée lors d’une réunion qui avait réuni aussi bien les propriétaires des terres sur lesquelles se réalise ledit projet que les différents responsables concernés, à savoir la direction de l’hydraulique et le Cadastre.

C’est une réunion qui s’est tenue au courant du mois de septembre 2007 dans laquelle un engagement a été pris par les responsables présents pour la prise en charge de toutes les inquiétudes de ces familles, et en particulier le recrutement de leur progénitures au niveau de cette entreprise canadienne… Dans le même sillage, il a été décidé aussi d’assainir la situation en vertu du droit préférentiel, à savoir faire bénéficier les membres de ces familles ayant accepté la réalisation du projet sur leurs propres terrains et propriétés en contrepartie de probables postes d’emploi. Jusqu’à aujourd’hui, répliquent les représentant de ces familles, rien ne fut concrétisé pour des raisons qui restent encore inconnues selon eux.

En outre, continuent-ils d’expliquer, ladite entreprise étrangère a donné même des garanties en matière mais au regard des résultats réalisés il ne fut rien de tels en comparaison des garanties avancées au début. Pourquoi ? “Aucune réponse pour le moment”, rétorque l’un d’eux.

Il est à signaler comme il a été rappelé par lesdites familles qu’à l’origine, il y a eu un terrain d’entente entre ladite entreprise pour la réalisation de ce projet de grande envergure même sur le choix du terrain. En outre, certaines conditions furent posées en contrepartie de l’avantage du recrutement des membres de leur famille : celle portant à alimenter ladite populations en eau potable à partir de ce barrage à laquelle, s’ajoute le point de faire bénéficier ladite localité d’un miniprojet se rapportant à l’assainissement avec la possibilité de leur laisser trois regards pour y raccorder leur eaux usées sans omettre de mentionner la demande de la réalisation d’une piste d’une largeur de deux mètres comme passage afin de regagner leurs demeures.

Quant au glissement de terrain, il y aurait eu même un accord de principe pour le prendre en charge au profit de ses familles. Pour l’ensemble de ces revendications, ces mêmes familles demandent au wali de Bouira d’intervenir aussi rapidement que possible pour une solution durable qui sied avec leurs préoccupations avant que ne soit pris de leur part une action collective qui restera dans les annales de la wilaya, à savoir un suicide collectif, ont-ils conclu.

Messad K.

Depeche de la kabylie

Chanson en video d’ali IRSANE, JSK

Pour les amateurs de la musique kabyle mais aussi pour les supporters de la Jsk assez nombreux dans notre region et notament Lakhdaria;
ALI IRASANE JSK

jsk assa azekka tella tella, tervah nagh taxssar

JSK

l’origine de vos noms de famille ?

Voulez vous savoir l’origine de vos noms de famille ? voici un article paru dans El watan dont je voulais vous faire découvrir, c’est long certes mais trés instructif, à imprimer ou telecharger

j’ai sorti cet article qui etait sur des pages culturelles du site un peu trop confuses, tellement ca peut aider du monde !

Aux origines des noms de famille

Le patronyme est un support de notre identité. C’est un héritage familial inaliénable. Il nous parvient du fond des âges comme une chaîne qui nous lie à un ancêtre. A cheval entre la science du langage et l’histoire, ce nom si familier à notre mémoire recèle parfois le code d’accès qui perce le secret d’énigmes séculaires.

Il arrive que les noms résistent étonnament à l’effet du temps. Pour l’exemple, nous retiendrons Aouchich, Rezzoug ou Mazigh consignés par l’historien Hérodote dans son périple africain en 405 avant l’ère chrétienne. Nous proposons dans ces lignes une petite ballade festive et sans prétention savante dans cette heureuse association historico-identitaire que le lecteur attentif complètera selon ses besoins. Du point de vue de la loi, le nom de famille est un patrimoine protégé par le code civil. Il a valeur de propriété privée. La loi permet, en effet, de modifier ou de changer de nom, mais consacre son caractère personnel. Un changement de patronyme doit obligatoirement faire l’objet d’une publicité pour vérifier l’éventualité d’une opposition puisqu’il a valeur de propriété privée inaliénable. A sa naissance, l’enfant algérien reçoit deux noms propres : le patronyme de son père et un ou plusieurs prénoms. Les parents ont le libre choix des prénoms, mais l’enfant portera obligatoirement le nom patriarcal. L’ordonnance 75-58 du 26 septembre 1975 portant code civil considère le nom et les prénoms comme un attribut de la personnalité identifiant la personne. Cette ordonnance a permis la nomination des personnes qui étaient dépourvues de nom et identifiées sous « SNP » (sans nom patronymique). Depuis la publication de cette loi, les dépositaires des registres d’état civil sont tenus de ne pas reproduire ce sigle « SNP », lors de la délivrance des copies conformes des actes d’état civil. Dans cette première partie, nous nous pencherons sur quelques noms d’origine turque….

Istanbul, Istanbul…

Les liens de l’Algérie avec l’empire Ottoman apparaissent sur une multitude de noms de famille. Baba Ali désignait le fonctionnaire de la sublime porte, autrement dit « El Bab El Ali ». Tout comme de nos jours, il arrive qu’une personne soit désignée du nom de l’institution qui l’emploie. Jusqu’au XIIe siècle, le mot « porte » désignait couramment, le palais impérial sous le règne ottoman. Plus tard, il a évolué pour définir les quartiers du grand vizir, siège du gouvernement à Istanbul. A partir du XIIIe siècle, ce siège ne sera connu que sous le terme de la sublime porte. Pour de nombreux chercheurs, y compris le grand spécialiste de l’Islam, Bernard Lewis, le nom « Istanbul » a été adopté en remplacement de Constantinople à sa conquête le 29 mai 1453 par Mehmed Ali. En réalité, Istanbul est une simplification phonétique du nom original « Constantinopoolis » qui s’est édulcoré dans le langage populaire en Stanpool pour se stabiliser définitivement en Stanbul et Istanbul. Les signes particuliers ont été une source assez importante dans la formation des noms propres chez les Ottomans. Ainsi, sari qui définit l’homme au teint clair, blond ou roux, va se compléter par un préfixe et devenir Bendissari, Bensari. Tobbal qu’on confond souvent avec le joueur de tambour signifie le boîteux. Dali est la qualité de l’homme particulièrement courageux face à l’ennemi, autrement dit, « le téméraire ». Si on le définit comme « le fou », c’est dans le sens de guerrier intrépide. Il a donné les Bendali, les Dali Bey. Quant à Mami, il qualifie les Européens réfugiés en pays d’Islam notamment sous l’inquisition. L’homme frappé d’un défaut de langue est appelé tétah. De sobriquet, il devient un nom de famille. L’homme grand de taille est appelé ouzzou et devient Bouzzou. Sous l’empire ottoman, l’armée, pilier de la dynastie, était un grand pourvoyeur d’emplois. C’est pourquoi on constate tant de noms liés à la fonction militaire. Ainsi, Boumabadji, c’est le bombardier. Tobji ou bachtobji sont artilleurs ou canonniers. Quant à danedji ou dennane, c’est le maître des forges. Il coule les bouches de canons et les boulets des projectiles. Alemdar, tout comme Sandjak sont les porte-étendards. Raïs, c’est bien évidemment le capitaine du navire. Ghazi appartient à la caste militaire chargée de la garde des frontières de l’empire. Dans leur immense majorité, ils étaient turcs et parlant turc. Le yéni cheri qui a donné le mot janissaire signifie le « nouveau soldat ». Il était reconnaissable à son grand bonnet blanc. Baltadji, c’est littéralement « l’homme à la hache ». Il fait partie du corps d’armée affecté exclusivement à la garde du harem du sultan à Topkapi. Baïri est probablement un raccourci de bey raïs. La fonction juridique a donné kazi qui est une prononciation turque de Qadi. Kazi ouel et kazitani (Tlemcen) signifient « el qadi el awwal et el qadi etthani » premier et second juge. Hadji est un arrangement de hachti qui désigne le cuisinier. Il s’est largement répandu en tant que patronyme. L’officier de police se nommait Zabanti de l’arabe dhabet. Il devient patronyme en se déclinant Sabati. Zabanti survit encore sous l’appellation argotique de zbaïti, èquivalent de flic en français.

juba

D’où viens-tu ?

L’origine géographique est une source importante dans la formation des patronymes. C’est une règle universelle. L’empire Ottoman avait, sous son contrôle, une mosaïque de peuples de l’Asie centrale, de l’Europe centrale, du Monde arabe et de l’Afrique du Nord à l’exception du Maroc. Le Qara-Bagh est une région du sud-ouest du Caucase. Elle donne les Karabaghli. Le suffixe « li » indique l’origine géographique. Menemen, décliné en Moumen est le chef-lieu de Kaza, dans la région d’Aïdin. Quant à la ville d’Izmir, elle a donné les Zemirli, Zemirline (Medéa, Tizi Ouzou, Alger Mostaganem), Kara signifie, le Noir. Entendons, le mat foncé. Ainsi, Karadeniz, c’est la mer Noire. Les habitants d’Albanie se nomment les Arouani. Le Kossovar donne Kosbi. Fochtali vient de Phocée. Il existe aussi les Fechtali en berbère il s’agit certainement d’une coïncidence linguistique. Khorci transcrit de plusieurs façons, indique le Corse, tout comme l’île de Rodhes a donné Rodesli. Djenoui vient de Gènova (Gênes). Venise se disait Ounis. Ses habitants se nomment Ounesli (Ounes = Venise et Li = originaire de…) Lounis et Ounissi. Il devient aussi El Ounès. Kherchi c’est le Crétois et Bouchnak, c’est le Bosniaque. Le port turc de Bodrum (ancienne Alicarnas de la haute antiquité) a tissé des liens avec la côte algérienne. C’est pourquoi on retrouve tant de Bedroni, Betroni, Bedrina, Trari, nom berbère appartient aux Trarast ; ensemble de tribus de la région du nord de Tlemcen entre la côte méditerranéenne et les monts Fellaoucen ayant Nedroma comme centre géographique. Les Traras regroupent Oulhaci, Jebbala, Msirda, Souahlya, Beni Khaled, Beni Menir, Beni Abed, Beni Warsous, et Mesahlia d’où sont, probablement, originaires les Mesli qui donneront Messali. L’Andalousie a fourni une multitude de noms. Le Galicien devient Ghennouchi. Ghennoudja, comme prénom, c’est la Galicienne toujours en vogue à Annaba et à Azzaba. Il en est de même pour l’exemple de « Olga » qu’on attribuait d’office à toutes les captives d’Europe centrale. Ce prénom slave devient Aldjia en passant par El Oldja qu’on retrouve couramment dans la littérature populaire. El Aychi et Ayachi sont les originaires de Ouadi Aych, le nom arabe de la ville de Cadix en Espagne une transposition de Ouadi Aych du Nejd, dans la péninsule arabique. Chebli, qui vient Chbilia, (Séville) et Gharnati de Grenade et Korteby de Cordoba. Le quartier El Blansa au centre de Blida indique une population originaire de Valence installée dans la nouvelle cité sous la protection de Sid Ahmed El Kebir. De même que les émigrés de Cadix vont fonder Oued Aych dans la périphérie de BLida vers 1510. Après la chute de Grenade en 1492, des musulmans et des juifs ont tenté de se maintenir en Andalousie. Ils ne quitteront définitivement leur patrie qu’après plus d’un siècle de présence dans la résistance et la clandestinité. Cette longue attente a eu des effets sur les noms. On retrouve ainsi des indicateurs d’identité dont la signification est parfois énigmatique. C’est le cas de Tchicou (El Chico), Randi, (El Grandé) Longo, le long, Gad el Maleh (Oued El Malah) .

Les arts et métiers

Les métiers et les arts sont une source de patronymes. Le tarzi, c’est le tailleur. Quand il est collé au préfixe « bach », il devient bachtarzi, autrement dit chef d’atelier dans l’art de la confection. Il est en lien direct avec Tellidji, le tisseur de brocard. Dans ce même corps de métier, on retrouve el kettani. Il fabrique la matière première, el kettan d’où dérive le coton. Le cordonnier se dit papoudji qui se prononce baboudji et parfois, il se dit tout simplement babou. Debbagh, c’est le tanneur et daouadji, le caravanier ou l’administrateur du caravansérail. Serkadji signifie le fabricant de vinaigre. Kateb et racim, noms prédestinés, désignent l’écrivain et l’artiste des arts graphiques. Quant à Sermadji, c’est l’industriel de la cosmétique et produits de beauté, en particulier le khôl, essentiel pour protéger la vue chez les marins et les caravaniers. Damardji s’occupe de la gestion de l’eau. Le sermadji se dit yantren et yataghen en tamazight car dérivant de iaattaren de attar. Tout comme ihaddaden désigne le forgeron et ioualalen, le potier. La guerre a aussi ses metiers, allag, en tamazight signifie le lancier et ghozzali (de ghozz) est un corps d’archers turkmènes venus à Tlemcen à l’appel de Youcef Ibn Tachfin pour renforcer la défense de la ville aux prises avec ses ennemis de l’Ouest. Dans son long poème consacré au tatoueur el ouchem, Ben El Messayeb évoque « bled er roum, bled el ghozz. » En ce qui concerne le nom « berbère » proprement dit, assez courant dans les milieux citadins (Blida, Médéa), il désigne le coiffeur en turc. On le retrouve aussi sous d’autres formes comme Barbar. Djerrah et Bachdjerrah, un mot arabe passé au turc désigne le chirurgien. Bestandji, jardinier, saboundji, savonnier, kahouadji, cafetier, halouadji, pâtissier, fnardji gardien de phare, Fekhardji, fabricant de porcelaine (équivalent d’ioualalen en berbère). Guerrache ou kerrache, c’est l’homme qui se consacre à lutte sportive. Et quand on dit mokdad il faut comprendre, évidemment, le guide. Des surnoms peuvent devenir des patronymes au point de faire oublier l’identité d’origine. Embarek est une déclinaison populaire El Moubarek. Cet homme fut un personnage illustre de Constantine originaire de Mila. D’où Embarek El Mili. Ahmed Ben Omar était nommé Cheïkh El Hadj Ahmed El Moubarek. Il est né à Constantine vers 1800 et vécu toute sa vie dans cette ville jusqu’à sa mort en 1870. Il appartenait à la confrérie des Hansalyya, implantée à Constantine par Cheïkh Ahmed Ezzouaoui. Grand savant de l’Islam. Il occupa la chaire de Djamaâ El Kebir et succèda au grand mufti Mohamed El Annabi. Il est révoqué du poste de magistrat du haut conseil par les autorités coloniales pour « intelligence avec l’ennemi » en raison des rapports secrets qu’ils entretenait avec le Bey Ahmed de Constantine. Il écrivit une quantité d’ouvrages parmi lesquels Histoire de Constantine, non publié jusqu’à ce jour. Il existerait deux exemplaires du manuscrit dans les fonds d’archives de la Bibliothèque nationale et l’ancienne Médersa d’Alger.

Ruines romaines et usures phonétiques

Bon nombre de noms de famille portent une marque latine sans équivoque datant de l’époque romaine. Ils se reconnaissent à la finale « us » prononcée et écrite en ouche. Maouch dérive de Marius. La chute de la voyelle médiane « r » et le suffixe ouch constituent une réhabilitation du schème berbérophone. C’est la même règle qui va transformer « Cassius » ou « Caïus » en Chaouche. Cette pratique latine ancienne qui fait terminer un nom par une finale « ouch » est encore vivace. C’est l’exemple de Mouhouch Saïtoche… On retrouve, aujourd’hui Titus conservé sous sa forme la plus latine avec une phonétique qui a gardé l’accent de l’époque antique Titous. Dans les régions est, le « t » s’est adouci en « d ». Mathieu et Mathias (père de la Kahina) deviennent Maâti. Quant à Saint Paul (Paulus) apôtre de Jésus, son nom se perpétue en Ballouche et Belhouche. Aurélius devient Allouch et Ouenjelli, est une légère dérive de Evangelii autrement dit, l’homme qui enseigne les Saintes écritures. En ce qui concerne Guechtouli, il s’agit d’Augustin. Memmius est un nom tout aussi classique de la période romaine et survit sous sa forme actuelle de Mammech. Hammadouch, si commun à Béjaïa et à sa région vient de Amadeus (aimé de Dieu) prononcé amadéouch en latin. Claudius devient Gaddouch. Jerôme subsiste en Guerroum et Kherroum et Grégoire de l’époque byzantine, se retrouve après 2000 ans en Guergour et Benguergoura. Driouche dérive de Andréouch (Andréus). Certains patronymes opèrent des modifications, des « usures » jusqu’à faire perdre le sens original. C’est le cas de Abdiche qui est un nom composé. Il faut scinder les deux parties pour découvrir ave deouch autrement dit « salut à Dieu » supplantant progressivement le respectueux Ave César qui était le « bonjour » classique de l’époque antérieure à l’avènement du Christ en Afrique. Cette rébellion à l’autorité de César pouvait conduire à la peine de mort. L’arabisation d’un nom d’origine latine ou berbère se fait souvent dans le but de donner un sens et rendre compréhensible le patronyme. Nous citerons l’exemple du toponyme Oued Messelmoun qui dérive de oued Ousselmoun tirant son nom d’une écorce recherchée par les marchands phéniciens pour la teinture des cheveux et du lainage. En y ajoutant un « m » au préfixe, le toponyme prend un sens identifiable. Les divinités carthaginoises ont aussi laissé des monuments de traces dans les noms de famille : Amon et Baal se retrouvent dans Hammou, Hammani, Baali, Bellil. De cette époque punique, on hérite de Kert et Kirat, qui signifie la cité. Aussi, retrouve-t-on des Benkirat et Boukirat pour nommer le citadin. Ce qui n’a pas de lien avec El Kirat arabe équivalent au carat grec connu des bijoutiers en tant qu’unité de poids et mesure.

Les noms Toponymiques

Bon nombre de noms de famille sont tirés de noms de lieux (toponymie). Il se trouve que tous les noms de lieux, de villes et village, de cours d’eau, de vallées et de montagnes portent des noms berbères à quelques rares exceptions. En comparant la carte d’Algérie avec celle de l’Espagne, on constate ce paradoxe : la toponymie espagnole est nettement plus arabisée que celle d’Algérie. Parmi les synonymes de montagne en berbère, on a Adrar et Amour qui vont donner Ammouri, Amraoui, Drari et Bouzina, un pic des Aurès. Le Touat qui traverse le boulevard de la date au Sahara était une région convoitée par le passé, de par sa position stratégique sur la route du Soudan. Cette riche région a donné les Touati. Oued Draâ, dans le sud-ouest a donné les Draï tout comme Metidja a donné les Metidji. Tayebi désigne un originaire de Tayiba (la douce) qui est la cité de Médine, qualifiée ainsi par le Prophète (QSSSL) . Aggoun, Laggoun, (ne pas confondre avec le muet en arabe) sont également des toponymes qui désignent un relief. (Plateau surélevé, plateforme dominante comme la Table de Jugurtha dans la zone est des Aurès. La part de la faune et de la flore est tout aussi importante dans la formation des patronymes. Ouchen, (le chacal), Aflelou (papillon) Ouar (le lion). Kerrouche le chêne ainsi que l’une de ses variétés le zane, (déformation phonétique de dhane) recherché pour l’industrie des arcs et les flèches. Depuis la nuit des temps, le corail sert de support identificatoire ; c’est le prénom Boussad, typique de Grande Kabylie (voir encadré). Quant à Bahmane, bien que le même patronyme existe dans les contrées iraniennes, en Afrique du Nord, il désigne une racine médicinale aux propriétés stimulantes.

Sur la piste des Banou Hilal

Le milieu du XIe siècle de J. C. a été marqué par une fracture politique significative entre les Zirides du Kairouan sous le règne d’El Moezz et le calife fatimide du Caire. En guise de représailles, le calife d’Egypte El Moustançar Billah lance sur le Maghreb les turbulentes tribus Banou Hilal et Banou Souleym. Ces vagues humaines originaires de la péninsule arabique allaient modifier durablement et structurellement les fondements sociopolitiques du Maghreb, de la Cyrénaïque au Maroc. Ibn Khaldoun consacre à cet épisode une partie essentielle dans sa volumineuse Histoire des Berbères. Guerriers redoutables, ils étaient originaires de la région de Ghazouan près de Taïf et pratiquaient la transhumance d’hiver et d’été sur les confins de l’Irak et de la Syrie. Ils émigrent dans la Haute Égypte sur la rive orientale du Nil. Au premier choc contre l’armée d’El Moezz, les Canhadja furent défaits et l’Ifriqiya livrée au partage. Ces deux grandes tribus issues des Beni Amer tirent leur légitimité de leur appartenance aux Beni Saâd d’où est originaire Halima Essaâdya, la nourrice du Prophète (QSSSL). A ces deux souches se rattachent des fractions, des clans et des familles dans une structure pyramidale. Parmi ces fractions, il y a les Djachem, les Athbedj, les Zughba (nombreux à Ouargla), les Kholt, les Sofyane, les Hamyane les Riyah, les Rabiâ et les Addi. Plusieurs familles vont se former à partir d’une fraction. Ainsi, les Riyah se divisent en Merdaci, Banou Attyya, Kerfali, Zemmam, Dhyab, Dhahhak, Hymmier. De ces familles, des figures vont émerger. Ibnou Abil Ghaïth (celui qui annonce la pluie) occupe Tunis avec son clan et perpétue son nom sous la forme actuelle de Belghiche et Belghith. De ces nombreuses tribus, nous retiendrons des noms comme Assam, Ayad (dépositaires des clés de La Kaâba) Muqaddem, Dridi, Douadi, Taâllah, Allahoum, Saâdallah, Rezkallah, Difallah, Khelfellah, Ata’illah (Ataïlyya), Brahimi, Brahmia, Benbrahim, Kerfali, Benyagoub, Abid, Aounellah d’où sont issus les Aouni, Chaffaï, El Amri, Sellami, Sakhri, Saâdani, Saïdani, Ben Cherif, Yahlali, Benhelal. Ouled Metaref (Metref) Ouled Salah (Salhi) Ouled Menia, Kraïche, Reddad, Attaf, Ouled Daoud, Ouled Ghanem, Ouled Rebbab, Ouennadi, Arif, Ouled Zian, Ouled Choaïb, Saâdi , Selmi, Slaïmi, La liste n’est pas exhaustive. Jusqu’au bouleversement colonial, ces familles et ces clans ont vécu, des siècles durant, sous le mode de production pastoral et sont restés fidèles à une sensibilité littéraire très proche des classiques arabes des temps préislamiques que recèle la poésie bédouine, en particulier.

L’estampille berbère

On dénombre deux formes constitutives des patronymes amazighs : maz et zagh. Il n’est pas exclu que le radical « zagh » soit relatif au teint de la peau et par conséquent à une forme de noblesse de sang. Le fondement maz va former une longue série de noms : Mazouni, Mazouna, Mazari, Mezghich, Mzali, Mezali, Mazi (Naït Mazi) Messis, Mezghenna et même Massinissa qui est un nom amazigh adapté au prononcé latin par les historiens Tite-Live (troisième décade) et Salluste (La guerre de Jugurtha). On retrouve dans Massinissa le radical maz qui peut laisser penser qu’il s’agirait à l’origine d’un nom proche de Mazghenni. Le débat reste ouvert. Ce préfixe se modifie dans les dialectes du Sud algérien pour devenir madh (Aïn Madhi). De même que le mot tamazight devient, chez les zénètes du sud, tamachek de même que l’oasis de Djanet est issue vraisemblablement de zénète. Avec le second radical zagh, on liste les Zaghbib, Benzaghou (berbère Masmouda), Zaâmoucha, (la finale moucha rappelle Moussa) Zaâmoum, Zaghrani, Sakrani, Bouzeghrane, Zerouali, Zaghidour, Zeggar, Zaccari (djebel Zeccar) Zouccal, Zerari, Zighi, Zeghbouche Zaghouane, Zaghloul (Djaghloul dans le parler zénète), Zeggaï, Izghen, Zeghni, Segni, Rezzag, Rezzoug, Rzighi etc. Les patronymes berbères ont conservé la nomination des origines tribales fondatrices répertoriées par Ibn Khaldoun : Zemmouri et Meskouri, Soumati, Merniz, Oulhaci sont des familles des N’fousa. Fetani, Mediouna, Maghili se rattachent au même ancêtre éponyme, Faten fils de Tamzit, selon Ibn Khaldoun. Mais il est fort probable que tamzit serait une contraction de tamazight. Les Semghouni, Zenati, Zouaoui, Meknassa, Foughali ont la même filiation berr. Dans la chaîne des Bernis, on retrouve les Canhadja, les Arouaba, les Djazouli, Ghoumari, Masmouda.

marais

Les noms écorchés

A partir de 1871, l’administration coloniale a systématisé le registre de l’état civil. Ce travail correspond à la phase active de la colonisation avec l’arrivée des civils réfugiés d’Alsace et de Lorraine. C’était aussi le début des troubles en France avec la commune de Paris, les révoltes des Hananchas et le soulèvement dans les Babors à l’appel d’El Mokrani. Les années 1870 seront celles de la plus terrible famine qu’a connue l’Algérie avec une mortalité estimée à deux tiers de la population. Ce recensement avait donc pour objet d’organiser l’expropriation des terres « évacuées » de force par les Algériens. Il faut reconnaître que les erreurs de transcription n’ont pas été nombreuses.. Bien qu’ils soient rares, ces noms méritent une réhabilitation. Ainsi, Dzanouni est une transcription hasardeuse de Sahnouni qui désigne l’adepte de Sidi Sahnoun, Imam du Xe siècle. Il a été à l’origine de l’enracinement au Maghreb de la doctrine malékite. C’est à cet Imam que El Hadj M’hammed El Anka consacre sa fameuse pièce Sidi Sahnoun.

Les confréries et les tribus

Les nombreuses confréries religieuses ont été facteur de cohésion sociale à des moments précis de l’histoire. C’est ainsi que la Kadiriya, Chadiliya, Rahmaniya, Ammariya, Aïssaouiya, Hansalya ont donné Kadri, Chadli, Rahmani, Lammari, Aïssaoui, Hansali. Nous recensons aussi une multitude de noms qui font référence à une tribu de rattachement, Nemmemcha, Hrakta, Frarha, Dharissa, Zenata, Djeraoua. C’est pourquoi on retrouve dans la liste des patronymes les Nemchi, Harkati, Ferrah, Deriassa. Souibes est une déformation de Thabet (tribu des Kotama installée sur les hauteurs de Dellys). Dahou est une abréviation de Dahmane, dérivé de Abderrahmane. Les Dahou se rattachent à l’autorité spirituelle de Sidi Dahou Ben Dherfa dans les Beni Chougrane. On relève parfois des noms énigmatiques comme le cas de Baouya. Il s’agit de deux initiales « El Ba Ouel Ya », autrement dit « B.Y. » qui pourrait être « Ben Yamina » ou Ben Yagoub. Le mystère reste entier.

Débarquement français à Jijel

Le 21 juillet 1664, sous le règne de Louis XIV, une flotte française commandée par le duc de Beaufort débarque à Jijel en vue d’une implantation en concurrence avec les Espagnols qui occupent Oran. L’aventure tourne mal pour les marins français affaiblis par les fièvres, la malaria et les attaques incessantes des montagnards. Le 1er novembre de la même année, le corps expéditionnaire français est forcé de quitter la ville sous un déluge de feux de l’artillerie turque. La marine française abandonne sur les rivages des blessés, des malades et une quantité considérable de matériel de guerre. Ils étaient normands, picards, bretons, anglais, hollandais et maltais. Ils ont été adoptés en raison de leur savoir technique : charpentier, bourrelier, spécialiste des cordages, de la navigation. Soignés et nourris, ils passeront chez le coiffeur pour le rituel de la circoncision et s’intègrent dans la population. Leurs descendants se reconnaissent à leur type européen prononcé et leurs patronymes plus ou moins berbérisés ou arabisés. L’événement a eu des effets durables sur la génétique mais aussi sur les noms propres : Dupres, Oudin, Belle-Gueule, Beaufort, Bourbon qu’on devine, aujourd’hui, sous des patronymes parfaitement algérianisés.
remerciments à
Rachid Lourdjane

el watan

lien d’un site sur la genealogie du nom de famille Hadjam de Tablat

Danse kabyle avec Zohra

Une petite pause video de danse folklorique kabyle pour changer de lecture !

«Kandahar» le quartier qui porte bien son nom

kandahar

Par Amel Bouakba,

Si seulement «Kandahar» pouvait parler ! Ce nom d’origine «afghane» attribué à un lieu perdu, dit «Hazama» sur les hauteurs, à quelque quatre kilomètres) de la ville de Lakhdaria, à 45 km du chef-lieu de la wilaya de Bouira et 70 au sud d’Alger, était un territoire «occupé» par les groupes armés. Il y a quelques années, il était impossible de s’y rendre sans escorte, car ce lieu situé à proximité du djebel Lala Moussaad était le fief incontesté et incontestable du GIA. On raconte même dans les parages qu’un certain «émir» du nom de Djebri y habiterait encore.
A «Kandahar», victimes du terrorisme et repentis cohabitent

En 2000, des logements ont poussé sur cette terre et ainsi fut bâtie la cité dite du 5 Juillet. C’est ici que désormais cohabitent «paradoxalement» victimes du terrorisme et repentis. Dans la ville de Lakhdaria, tout le monde évoque «Kandahar» lorsqu’on parle d’amnistie, car on y voit quelque part un exemple de réconciliation. Dans cette cité qui semble avoir été construite «n’importe comment», juste pour entasser le plus grand nombre de personnes, le plus rapidement possible, la vie semble suivre son train-train quotidien reprenant le dessus sur la douleur et le chagrin. Le sentier qui mène vers «Kandahar» est sinueux et même périlleux. La sécurité de retour, la population doit faire face aux problèmes de tous les jours, celle de la route dans un état de délabrement avancé, de l’eau, de l’électricité… de tout ce qui pèse désormais dans un quotidien si pénible. A cette misère qui n’en finit pas. Et quand on parle du projet d’amnistie, la population dont la grande majorité est au chômage, souffrant de conditions de vie lamentables, s’exprime en faveur de toute initiative visant à améliorer la situation socio-économique du pays. L’important, finissent-ils par lâcher bon gré mal gré, c’est de retrouver une vie paisible et calme. Tous aspirent à la paix, «lahna», qui, selon eux, permettra aux Algériens de sortir de la misère les empêchant d’aller de l’avant. La paix, H. Souci y croit dur comme fer. Même si elle a «un emballage politique». Lui qui a perdu son frère, assassiné par les terroristes, il y a dix ans. Aujourd’hui, il s’exprime en faveur de toute initiative pour la réconciliation et la paix. «Je suis aussi pour l’amnistie générale», dit-il et je voterai oui, en cas de référendum. «Mon frère est mort, Allah yarahmou [que Dieu ait son âme]. Mais ce que je veux par-dessus tout, c’est que mes enfants grandissent dans un climat sain et un environnement sécurisé « oua affa Allah ama salaf »» (Dieu pardonne le passé), dit-il. Dehors, des bambins qui jouent montrent du doigt la colline qui surplombe leur cité. Avec leur air innocent et jovial, les enfants lancent tout de go que cette colline est truffée de mines artisanales. Et les terroristes, y en a-t-il encore sur cette fameuse colline ? Il paraîtrait que non, mais on parle encore d’un certain «émir» Djebri… lancent-ils. Plus tard, ils montrent du doigt l’immeuble d’en face dans lequel habite, disent-ils, un repenti. Un des enfants ira même jusqu’à nous désigner un frère du terroriste assassiné durant 1996. Il s’exprime en faveur de l’amnistie et espère que l’on pourra «tourner la page».
Lakhdaria ou le souvenir du triangle de la mort

Aux alentours de Lakhdaria, les citoyens ont encore en mémoire les horribles attentats perpétrés par les terroristes. Le tout premier qui a sorti la région de sa torpeur est survenu en juin 1992, coûtant la vie à l’officier de police, Aït Ouadia. Autrefois acquise aux groupes armés et fief du GIA qui y ont longtemps semé la terreur, la région de Lakhdaria semble reprendre vie. Ce n’est pas seulement parce qu’elle se trouve dans le triangle de la mort, entre Alger et Blida, que sa simple évocation renvoie à la barbarie et à l’horreur et en faisait frissonner plus d’un. Mais aussi parce que, à quelques kilomètres se trouve le célèbre djebel Zbabar qui aurait abrité le premier congrès des «émirs» en 1991.La population meurtrie de la wilaya de Bouira se souvient encore de la décennie rouge marquée par plusieurs massacres, attentats à la bombe et faux barrages. Assassinat de 13 policiers en 1996, vers la sortie ouest de la wilaya, attentat contre un convoi militaire qui a fait 16 morts, à Bordj Khris, en 1998, faux barrage contre un bus desservant Tébessa-Alger qui fait 17 victimes, entre Kadiria et la commune d’Aomar… L’insécurité qui a régné durant des années dans cette région a obligé beaucoup de personnes à abandonner leurs biens pour d’autres cieux plus cléments. Démunies et vivant dans des conditions pénibles, les familles des victimes du terrorisme rencontrées dans cette cité tout comme le reste des citoyens n’aspirent qu’à une seule chose, voir leur vie s’ améliorer. Comme tout un chacun, ils le disent avec un calme presque religieux : «Honnêtement, je ne sais pas trop de quelle amnistie il s’agit ; comme tous les Algériens, je n’ai pas de détail sur l’initiative du président Bouteflika qui a fait couler beaucoup d’encre mais l’important est de garantir à nos enfants la paix pour une Algérie meilleure, nous n’avons pas le choix…» lâche une femme dont l’époux a été assassiné par les terroristes à la cité du 5 Juillet. Des vieilles femmes de cette cité rencontrées alors qu’elles se rendaient à l’hôpital de Lakhdaria se laissent, elles aussi, aller aux confidences. L’une d’elles avoue qu’un de ses fils a été assassiné au maquis et qu’un autre en est revenu. «Je ne croyais pas qu’il allait me revenir mais hamdoulah. Aujourd’hui, je prie Dieu que cesse la fitna et que revienne la sécurité.» Dans la localité de Kadiria, à quelque 30 kilomètres du chef-lieu de la wilaya de Bouira et à 15 km de Lakhdaria, la population, livrée à elle-même, semble coupée du monde. Tout comme à Lakhdaria, ici, on ne fait pas de distinction entre les victimes du terrorisme et le commun des citoyens. Tous ont subi les affres du terrorisme et continuent d’en subir les séquelles.
A Kadiria, les préoccupations quotidiennes prennent le dessus

Dans son F3 précipitamment aménagé, Leila, mère de cinq enfants, se laisse aller aux confidences et égrène le chapelet de ses souvenirs et de ses 10 ans avec le terrorisme. Victime du terrorisme, elle l’est dans sa chair et dans son sang. Elle a perdu son mari et son frère et tant d’autres proches aussi. «J’ai vu mon mari coupé en morceaux, dit-elle, la voix rauque et les yeux meurtris. Lorsque mon mari a été assassiné, mon dernier avait à peine 15 jours.» Les familles victimes du terrorisme ont été logées dans cette cité dite des 50 logements, à quelques mètres du marché communal de Kadiria, après avoir vécu des années durant dans des camps de transit. Sa douleur, elle la traîne depuis 1994, date à laquelle elle a perdu son mari puis son frère. Elle est d’abord réticente en évoquant l’amnistie générale : «J’ai mal quand je vois le terroriste qui a assassiné mon mari mais je ne peux rien faire… quand je pense qu’il a égorgé mon mari comme on égorge un mouton sans la moindre pitié… j’ai mal quand je vois les terroristes ‘‘repentis’’ qui jouissent de super-droits et que nous, victimes du terrorisme, sommes livrées à nous-mêmes… C’est injuste…»Leila se plaint de n’avoir trouvé aucune oreille attentive, aucun soutien de la part des autorités locales. «Au départ, la mairie prenait en charge nos doléances, mais plus maintenant… même le couffin de ramadhan est chaque année détourné. C’est malheureux. Où sont passées les associations qui se chargent des victimes du terrorisme ? Elles sont absentes. En tout cas, ici, nous sommes complètement démunis, nous n’avons pas de statut, nous aussi nous voulons un statut tout comme les moudjahidine, les enfants de chouhada…» Elle évoque aussi les problèmes monstres dont souffrent les familles : «Le réseau d’AEP est endommagé et nous n’avons pas d’eau depuis une année… nos multiples requêtes auprès de la mairie n’ont pas eu d’écho. Nos enfants, au lieu d’aller à l’école, se retrouvent transis de froid à remplir jerrican sur jerrican. C’est insoutenable.» Peu à peu, elle confie : «Il est vrai que la situation sécuritaire s’est améliorée et ce qui compte pour moi aujourd’hui, ce sont mes enfants. Je veux leur assurer la paix et puis, tout compte fait, je ne vois pas d’autre alternative, sauf celle-là… celle de la réconciliation, de la concorde, de l’amnistie, appelez-la comme vous voulez et que les politiques lui donnent l’allure qu’ils veulent… nous voulons tous, nous ‘‘zaoualia’’ [misérables], la paix.» Sa voisine vit la même situation et est du même avis. Elle a, elle aussi, perdu son mari, patriote, compagnon d’El Makhfi, assassiné par les groupes armés. Avec 6 enfants à charge, elle parle de ses nombreuses préoccupations quotidiennes. «On est pour la réconciliation mais qu’on nous donne nos droits d’abord, qu’on crée des emplois pour les chômeurs, qu’on assure un Etat de droit avant tout. C’est comme cela qu’on pourra parler de réconciliation, d’amnistie, pas d’amnésie, pour que plus jamais nous ne retombions dans le même guêpier de la violence.» A la simple évocation du projet d’amnistie générale et sans pour autant connaître les détails de cette réconciliation, les citoyens rencontrés, qu’ils soient victimes du terrorisme ou non, associent cela à la paix, «l’ahna» et la sécurité, des ingrédients indispensables pour l’Algérie et pour une vie meilleure pour tous. Car, pour eux, il ne saurait y avoir d’ Etat moderne, garant des institutions et des libertés, sans paix et sans sécurité dans le pays. D’autres catégories de personnes qui ont subi des dommages matériels pendant la sombre décennie, biens pris ou détruits, se disent, elles aussi, en faveur de cette réconciliation, mais encore faut-il que l’Etat mette la main à la poche pour compenser les pertes et… panser les blessures. Quant à l’oubli et au pardon, c’est une autre affaire !
La Tribune, 9 février 2005
A. B. (http://www.algeria-watch.org

Une jeune fille se tue par défenestration

Lakhdaria

Une jeune fille se tue par défenestration

Une jeune fille âgée de 17 ans lycéenne de son état, vient de mettre fin à ses jours par un procédé des plus violents en se jetant, hier, du cinquième étage d’un appartement de l’immeuble où elle réside avec ses parents et qui est situé dans la cité des 480 logements, dans le centre- ville de Lakhdaria. La victime a rendu l’âme sur le coup après la fatale chute, et nous ignorons le mobile de cet événement malheureux. Les services compétents ont ouvert une enquête afin de connaître les véritables circonstances qui ont fait que le geste dramatique a eu lieu et a fait perdre la vie à une jeune fille à la fleur de l’âge.

Farid H.

www.lejour

Edition du 26 mars 2008 > Dossier
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Stress, dépression nerveuse, chômage, malvie

Chaque jour, un Algérien se suicide…

En finir avec la vie pour fuir une réalité trop dure à supporter, telle est la situation qui a emporté l’année écoulée 177 âmes algériennes recensées par les services de police, à l’heure où de son côté la Gendarmerie nationale a enregistré le triste record de 128 cas. Y a-t-il lieu de s’alarmer ? La réponse est sans doute oui, car la courbe est ascendante et le nombre des suicidés enregistre une hausse, même si elle est légère. Le constat fait par la police le confirme, le phénomène connaît une constante évolution depuis l’année 2005. Ainsi, de 114 victimes en 2005, on est passé à 169 cas en 2006, pour arriver à 177 en 2007.

Parmi ces 177 cas enregistrés, 168 sont majeurs, dont une grande partie constituée par la gente masculine, soit 135 cas, contre 33 femmes suicidées. Les mineurs ont aussi appris à se donner la mort, ils ont été 8 garçons et 1 fille à avoir mis fin à leurs jours l’année écoulée, alors que les filles ont été beaucoup plus nombreuses à tenter de se suicider, avec 42 tentatives contre 3 pour les garçons qui ont tenté de mourir. L’acte de renoncement à la vie est devenu une pratique non exceptionnelle dans notre pays. Des spécialistes parlent même de statistiques en deçà de la réalité. Il est vrai que la désertion du champ de la recherche scientifique par les spécialistes et les chercheurs a laissé aux services de sécurité le seul soin de recenser les cas de suicide, ce qui réduit les chiffres aux seuls cas traités par ces services, alors que le phénomène est plus important. Certaines familles dissimulent la cause de disparition de leur proche pour ne pas avoir à supporter la charge de la condamnation religieuse et sociale qui pèse sur le recours à l’acte de mort volontaire. Il est d’ailleurs souvent constaté que le suicide est perçu comme un acte répréhensible dont l’aboutissement constitue le début d’une condamnation collective que devra supporter toute la famille des années durant. Donc si le suicidé se délivre d’une charge, il transmet à son entourage la lourde tâche d’essayer de comprendre lorsqu’il est trop tard le sens et les raisons de son acte. Les familles arrivent mieux à gérer lorsque la tentative de suicide échoue. L’appel au secours du candidat au suicide devenant audible et le recours au psychiatre est encore possible. Les tentatives de suicide, qui sont un signe de détresse, sont encore plus nombreuses que les suicides qui aboutissent. 559 tentatives de suicide ont été recensées durant l’année dernière par la direction de la sûreté publique contre 575 en 2006 et 358 en 2005. Si les femmes étaient moins nombreuses à tenter de se suicider en 2007, avec 188 cas contre 326 pour les hommes, elles ont toujours été supérieures en nombre durant les années écoulées dans le cas des tentatives de suicide. C’est d’ailleurs la première fois en cinq ans que les tendances sont inversées en matière de tentative de suicide. Elles ont été 318 à tenter de se suicider en 2006 contre 163 hommes. Alors qu’une année auparavant, les femmes avaient été 190 à tenter la mort contre 124 hommes, et 238 contre 158 en 2004.

Les femmes sont plus enclines aux tentatives de suicide

Les scientifiques estiment que les femmes sont plus enclines aux tentatives de suicide qu’au suicide, car il s’agit d’appels au secours qu’elles lancent, plutôt qu’une réelle envie de mourir. Pour ce qui est des raisons menant au suicide, l’étude effectuée par la DSP montre que le phénomène du suicide touche particulièrement les couches défavorisées. Si la dépression est généralement la cause directe du suicide, les conditions socioéconomiques sont aussi des facteurs d’exacerbation de l’état dépressif. Ainsi les chômeurs sont souvent les premiers sur la liste des suicidés, signe que le marasme social peut fragiliser encore plus les personnes déjà vulnérables psychologiquement. D’autres facteurs aggravants sont aussi recensés, tels que les problèmes familiaux, les troubles psychiques, les déceptions sentimentales et l’honneur. Lorsque l’envie de mourir se manifeste et se fait pressante, le candidat au suicide use, selon les cas, de moyens susceptibles de rendre son triste projet concret. Produits chimiques, barbituriques, chutes volontaires, pendaison, asphyxie au gaz ainsi que l’emploi d’armes à feu et objets tranchants sont autant de moyens utilisés pour mettre en application l’ultime acte de désespoir. Les statistiques des services de la Gendarmerie nationale font état, pour leur part, de la prévalence du suicide chez la tranche d’âge comprise entre 18 et 30 ans avec 50 cas sur 128, suivie des personnes dont l’âge varie entre 30 et 45 ans avec 39 cas, et 20 autres cas ont été enregistrés pour les personnes de plus de 45 ans et 16 cas pour les mineurs. Les chômeurs arrivent en tête du classement du nombre de suicidés avec 75 cas et 102 tentatives de suicide. La répartition géographique des suicides fait apparaître 17 cas enregistrés dans la wilaya de Béjaïa, suivie de Tizi Ouzou avec 9 cas, et Mila et Relizane avec 6 suicides, talonnées avec 5 cas par les wilayas d’Alger et de Mascara. Le classement de la police confirme la première place pour la wilaya de Béjaïa avec 20 suicides, suivie de Tizi Ouzou aussi avec 18 cas, de Tiaret avec 13 cas, de Constantine avec 12 cas et à des degrés moindres de Mascara, de Batna et de Djelfa.

Nadjia Bouaricha

elwatan

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