Il y a 50 ans, Si Lakhdar tombait au champ d’honneur

    

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  • Il y a 50 ans, le Cdt Si Lakhdar tombait au champ d’honneur
    “Donnez-moi la liberté ou donnez-moi la mort”

Le 5 mars 1958 tombait au champ d’honneur un valeureux combattant, digne fils de l’Algérie, le commandant Si Lakhdar. En cette date, le peuple algérien, ses frères de combat, se remémorent le sacrifice de cet homme courageux qui, par ses actions, avait soulevé l’admiration de l’ennemi, lui-même. A cette occasion, le technicum de Lakhdaria, qui porte son nom, a abrité, hier, une conférence-débat avec un nombreux public composé pour la plupart de lycéens de la ville. Organisé sous l’égide des moudjahidine de la nahia de Lakhdaria, cette conférence-évocation à laquelle assistaient de nombreux responsables de wilaya, de daïra ainsi que de compagnons de lutte, a été animée par Ahmed Rekhouane de la nahia des moudjahidine. L’orateur en véritable pédagogue a, à travers son intervention, su transmettre le noble message de l’aspiration de ces guerriers de la liberté et ouvert un débat très animé par cette jeunesse avide de savoir. Le commandant Si Lakhdar, de son vrai nom Saïd Mokrani, est né le 6 novembre 1934 à Guerguour, dans la commune de Lakhdaria (ex-Palestro). Issu d’une famille pauvre, il grandit dans cette région où il fit ses études dans la seule école de la contrée et apprit par là même le dur métier de maçon au centre professionnel du village. Très jeune et dès le déclenchement de la lutte armée, il fut contacté par le Front de libération national pour être chargé, et ce début 1955, de l’organisation des maquis dans la région de Palestro, Aïn Bessem. Très tôt, il en devint le premier responsable politico-militaire. Rejoint peu de temps après, à la fin du printemps 1955, de l’Organisation des maquis dans la région de Palestro, Aïn Bessem. Très tôt, il en devint le premier responsable politico-militaire. Rejoint peu de temps après, à la fin du printemps 1955 par Ali Khodja qui venait de déserter l’armée française, Si Lakhdar en fit un ami inséparable, un compagnon de lutte et un frère. Tous deux, ils réussirent à mettre sur pied de puissants commandos dont la valeur, la discipline et le courage avaient soulevé l’administration de l’ennemi lui-même et semé la panique au sein de ses troupes. Suite aux coups répétés des moudjahidine, sous la direction éclairée des frères Si Lakhdar et Si Ali Khodja, toute la région est d’Alger fut embrasée, et ce malgré de nombreux renforts que l’armée française avait dépêché sur les lieux. Partout dans les djebels, comme dans les plaines, Si Lakhdar faisait la démonstration de son génie de la guerilla, de son courage devenu légendaire, de son aptitude à s’adapter et à adapter les différentes techniques de combat ainsi que son ascendant auprès de ses djounoud et des populations qui les accueillaient avec fierté. Ses qualités de meneur d’hommes et d’organisateur, donnant toujours en toutes occasions, le meilleur exemple, lui valurent d’être nommé en octobre 195 — peu après la tombée au champ d’honneur de Ali Khodja à Fort de l’Eau — comme capitaine chef de la zone I ou la wilaya IV comme il fut rappelé début 1957, au conseil de la wilaya en tant que commandant militaire, adjoint au colonel Si M’hamed. Désormais, en sa qualité de chef militaire de la wilaya et sous la direction clairvoyante du colonel Si M’hamed, le commandant Si Lakhdar s’employa avec ardeur et sans jamais se lasser à un vaste travail de formation, d’organisation et d’action dont l’objet était la structuration et l’adaptation des structures de l’ALN, aux fonctions de l’évolution des actions militaires contre l’occupant. Ainsi, au cours de cette période, chaque secteur était doté d’une section, chaque région d’une katiba et les zones du commando pouvant se regrouper en bataillon forts de 400 à 500 djounouds, formés et équipés d’armes modernes pour la plupart récupérées sur l’ennemi. Mais pour Si Lakhdar, la formation politique du moudjahid, sa maturité et sa foi sont des facteurs  déterminants. “Mettez, disait-il, une mitrailleuse entre les mains d’un djoundi qui n’a pas la foi, il perdrait son arme sûrement. Donnez un fusil à un djoundi qui sait s’en servir et qui croit en la justesse de son combat, il vous fera des miracles”. Ainsi, à l’initiative de Si Lakhdar, un guide militaire De la guerre à la guérilla a été rédigé et largement diffusé à travers les unités de la wilaya et où les djounoud, retrouvés, décrits en détail, la stratégie de notre lutte armée, les principes et techniques de la guérilla et les consignes à suivre. Et partout dans la wilaya IV, de l’Ouarsenis à Palestro et de la Mitidja à Ksar El Boukhari, l’ALN sous le commandement de Si Lakhdar, remporta des victoires retentissantes aux portes mêmes de la capitale, Alger. Réagissant aux coups sévères portés à son armée, celle-ci concentra d’importantes troupes, quadrille les régions et utilise une répression aveugle contre les populations civiles sans défense ainsi que les bombardements massifs, les ratissages et les incendies de forêts avec l’utilisation du napalm, interdit par la convention de Genève. Dans la nuit du 4 au 5 mars 1958, il se trouvait avec le commando Ali Khodja à deux sections de la katiba Zouberia, au djebel Belgroune, lorsque les guetteurs l’avertissent de l’arrivée imminente d’immenses colonnes de véhicules militaires ennemis qui convergeaient vers eux, à partir de Tablat, Bouskène, Sour El Ghozlane (Aumale) et Bir Ghbalou et avant même le lever du jour. L’encerclement était complet. Des milliers de soldats français escaladèrent le djebel. L’accrochage était inévitable. Le premier choc fut terrible, plusieurs dizaines de morts furent relevés. Pour éviter de plus grandes pertes, face à ces moudjahidine désirant vendre chèrement leur vie, l’armée française fit intervenir son aviation et ses chars. Alors que le soleil était haut dans le ciel, le Commandant Si Lakhdar fut touché par une balle de mitrailleuse, tirée d’un avion. Le commandant Ali Khodja et la katiba Zouberia tentèrent une percée et réussirent à briser l’encerclement. Après un repli de quelques kilomètres vers l’oued Zenine avec leur commandant blessé, transporté par deux djounoud, Si Lakhdar succomba à ses blessures et fut enterré sur les lieux du combat.

Au douar Zenine, une stèle en marbre fut érigée en hommage aux sacrifices de tous ceux qui, comme le commandant Si Lakhdar, sont tombés au champ d’honneur pour que vive l’Algérie libre et indépendante. Aujourd’hui, Lakhdaria (ex-Palestro), chef-lieu de commune et de daïra dans la wilaya de Bouira porte son nom.

Pour mémoire, nous citerons un témoignage d’un compagnon d’armes, Boualem Hamrène, plus connu sous le nom de “Boualem la France”, résidant à Aïn Benian qui, dans son témoignage, parlant des responsables de l’ALN de la wilaya IV venant de la zone II et allant vers la zone IV, affirmait que “ces officiers étaient simples et modestes, leur seul soucis était l’état tant sanitaire que psychologique de leur troupe. Ils passaient des soirées entières avec les djounoud. C’est au cours d’une de ces nombreuses soirées qu’une phrase notée par le commandant Si Lakhdar, sur une page, d’un de ses albums et qui se résumait ainsi : Le Dieu Tout Puissant, je ne sais quel chemin que d’autres pourront suivre mais en ce qui me concerne, donnez-moi la liberté ou donnez-moi la mort”. Quelques faits d’armes qui ont défrayé la chronique en 1956 “le 9 juillet au moment de l’opération 459, Si Lakhdar surprend à Guerrouma (à l’est de Tablat) un convoi de ravitaillement.

Le 8 août, une patrouille du 117’ RI perd 13 hommes au col du Bekkar, au sud dans la commune de Tablat (entre Tablat et Tourtatsine) et une autre embuscade qui fait 5 tués au sud de l’Arba.                            Le 12 en bordure de la plaine de Béni Slimane, Si Lakhdar accroche sérieusement un détachement du 1er RI (bilan : 22 tués et des disparus.

Le 21, Si Lakhdar, de nouveau, surprend une section de la RI au moment où elle venait d’être déposée par hélicoptère dans la région tourmentée de Zberbar.

Bilan : 17 tués le 27 octobre, à 5  km de Tablat embuscade meurtrière à un convoi de la RI ainsi qu’à Béni Khalfoune, à l’est de Palestro dans la commune de Thieis.

 

Ath Mouhoub

 

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