Terrains de construction a kandahar

Les propriétaires des 531 lots à Lakhdaria s’insurgent

Les propriétaires des 531 lots au niveau de la nouvelle zone urbaine communément appelée Kandahar et située au nord de Lakhdaria, à 40 km au nord-ouest de Bouira, viennent de tirer la sonnette d’alarme en décidant de saisir le député Ali Brahimi afin d’intervenir en leur faveur auprès du gouvernement pour faire cesser le calvaire qu’ils vivent depuis plusieurs années.
Les faits remontent au début des années 1990. A cette époque, l’agence foncière locale entreprend de vendre des lots au niveau de la nouvelle zone urbaine, située à la sortie nord de la ville. Au total, c’étaient 531 lots qui étaient soumis à la vente et divisés en deux lots de 173 et 346m2. Dans l’insécurité régnante de l’époque, des hommes ayant bravé la peur et ne pouvant plus vivre dans des taudis et autres exiguïtés de la ville ont osé acheter des lots au prix de lourds sacrifices. Les années sont passées et l’agence foncière, même lentement, a pu établir des actes de propriété pour des dizaines d’acheteurs. Au total, ils sont 173 acheteurs à obtenir cet acte dont quelques-uns ont même eu des permis de construire. Les années passent et les choses traînent. Jusqu’en 2002 où des problèmes d’affaissement de terrain ont surgi. Les pluies de 2001 ont démontré tout le bâclage et le non-lancement d’étude du sol à l’époque où l’agence foncière avait décidé de vendre ces lots. Des lots dans lesquels figuraient des clauses de viabilisation (assainissement, éclairage public, routes et AEP). De l’éclairage public et du gaz de ville inexistants, de l’assainissement fait avec des buses de 300 mm et totalement bouchées après trois ans, déversant depuis en pleine nature sur plus de 4 kilomètres, du chemin de wilaya totalement défoncé et des trottoirs affaissés, tout cela n’a qu’un nom : de la mauvaise gestion due à une absence totale de coordination entre les différents partenaires. Après la découverte de ces éboulements, tout s’est arrêté et les permis de construire suspendus. Les propriétaires des lots, qui ont payé rubis sur ongle l’agence foncière, ont beau chercher à trouver une solution mais rien n’y fit. Même l’expertise engagée en 2002 par le Centre national de géodésie, à l’initiative de l’agence foncière locale, n’a jamais été rendue publique. Pourtant, dans cette étude, il apparaissait clairement que des endroits sont stables donc constructibles et d’autres à terrain instable, donc non constructibles. Les propriétaires des lots ont beau essayer d’avoir ce fameux rapport d’expertise afin de connaître le sort de leurs propres lots et réclamer soit des terrains d’échange au cas où leurs lots sont instables, soit des permis de construire au cas où leurs lots sont stables. Rien de tout cela n’a été fait et les acheteurs sont carrément ignorés par les pouvoirs publics et l’agence foncière. Pis, et alors que la nouvelle zone avec ses 531 lots est décrétée zone instable avec suspension des travaux de viabilisation et des permis de construire, l’Etat est allé construire sur le même périmètre deux établissements scolaires, un CEM et une école primaire. Et pour boucler la boucle de ce mépris spectaculaire vis-à-vis des citoyens, les pouvoirs publics, par on ne sait quelle décision, ont envoyé des équipes pour… planter des arbres sur cette zone. En effet, pendant ce mois de mars et alors que des dizaines de correspondances ont été adressées aux autorités locales et de wilaya pour trouver une solution aux lots qu’ils ont achetés avec leur argent, ces propriétaires découvrent que l’Etat les a totalement ignorés et a décidé d’y planter des arbres. Du jamais vu ! Aussi, pour toutes ces raisons, les propriétaires ont-ils décidé de saisir le député RCD Ali Brahimi qui s’est déplacé sur place en compagnie de Boutata Ahmed, vice-président de l’APW, afin de les aider à faire toute la lumière sur cette affaire. Il se susurre çà et là que l’endroit, qui était des plus redoutés car situé à la lisière des monts Lalla Mossaâd, plus connu dans les articles traitant du sécuritaire car fréquentés par des terroristes, cet endroit qui était pendant des années la plaque tournante des terroristes et appelé depuis Kandahar, du nom de la fameuse ville afghane des Talibans, est aujourd’hui très convoité car situé non seulement à la lisière de la forêt et de la montagne mais aussi culminant sur une colline qui domine la ville et offre une vue panoramique. Des pontes du système et les nababs de la ville de Lakhdaria seraient très intéressés par cet endroit pour y bâtir des villas de type R+1 en LSP. C’est pourquoi l’on fait tout pour faire déguerpir les premiers acquéreurs. Et ayant été mis au parfum de toutes ces tergiversations et manipulations, le député Ali Brahimi a promis de soulever ce problème à l’APN, de poser une question orale au chef du gouvernement et de demander la constitution d’une commission d’enquête gouvernementale afin de faire toute la lumière sur cette affaire, saisir le wali ainsi que l’APW pour exiger le rapport détaillé de l’expertise, demander l’inscription immédiate de l’opération d’assainissement car avec les eaux usées qui se déversent en plein air et qui seraient derrière les éboulements, c’est à une véritable catastrophe que sont exposés ceux qui y habitent ainsi que les milliers d’habitants des bâtiments érigés par l’Etat dans cet endroit.
Y. Y.

le soir d’algerie

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