BECHLOUL, vous connaissez ?

BECHLOUL
Une commune à l’agonie
01 Avril 2008 – 

Aucun projet de développement et aucune infrastructure industrielle susceptibles de générer des postes d’emploi.

Traversée par la route Nationale n°5, et abritant le siège de la daïra depuis le début des années 90, deux avantages qui constituaient un atout pour le développement de la région, la commune de Bechloul reste, cependant, défavorisée.
Elle dispose pourtant de potentialités mais insuffisamment exploitées. Un tour à travers la ville et les villages environnants, suffit à donner une idée de la gestion à deux vitesses de la commune.
Aucun projet de développement n’a pu se réaliser. Et aucune infrastructure industrielle pouvant générer des postes d’emploi, n’a été implantée dans la région. L’absence d’une Assemblée durant ces cinq dernières années, a mis la municipalité face à d’immenses difficultés. Dégradation à grande échelle.
Et le spectre d’une descente aux enfers, demeure latent. La commune de Bechloul, faut-il le souligner, est parmi les cinq APC, qui sont encore bloquées au niveau de la wilaya de Bouira. Et cela dure depuis déjà plus de 03 mois. Après cinq années passées à blanc, faute d’une volonté d’oeuvrer pour l’intérêt commun, les divergences politiques empêchent toute initiative d’évolution.

Les jeunes: chômage et…ennui
Conséquences: des centaines d’écoliers parcourent à pied les chemins de l’école. Les citoyens, en cas d’urgence médicale, sont souvent contraints de se débrouiller seuls. Aucun moyen n’est mis à leur disposition. D’autant plus que le réseau de transport public, à travers les différents villages de la commune, fonctionne au noir.
A qui la faute? Assister à la déchéance du cadre de vie de leur localité, sans que quelqu’un ne vienne remettre les pendules à l’heure.
Cette situation d’immobilisme a eu des effets négatifs sur la population qui, à son tour laisse faire. «Cinq ans sans assemblée, nous en avons marre», dit un jeune chômeur. «On mérite d’être écoutés par nos responsables», a-t-il ajouté. Dans cet imbroglio, c’est la commune de Bechloul qui est mal partie.
De fait, l’histoire remonte à 2003, vers la fin des événements qui ont secoué toute la Kabylie Lors d’une réunion avec l’exécutif de la wilaya, les représentants du mouvement citoyen, ont réussi à décrocher un certain nombre de projets en faveur des communes touchées pas la révolte.
Toutefois, concernant Bechloul, il a été question à ce moment-là, de réorganiser le centre de santé, le doter d’une ambulance et aussi de mettre en marche les deux salles de soins
Cependant, ce qui avait été convenu, il y a de cela 5 ans, peine à voir le jour. Jusqu’ici, les promesses sont restées lettre morte. L’oued, qui a consommé plus de 14 milliards de centimes sans être endigué, représente un danger mortel pour des centaines de personnes.
Encore un projet tombé à l’eau. La fameuse zone d’activité, objet des délibérations faites en 1990, est victime des lenteurs bureaucratiques.
Le dossier est encore entre les mains des services des domaines et de l’agence foncière, qui n’arrivent pas à s’entendre. Après 18 ans d’attente, ce projet risquerait toutefois, de finir en queue de poisson. L’hôpital, qui devait être construit en 1997, constitue le comble de ce laisser-aller. Aucun lendemain radieux ne pointe à l’horizon.
Ils sont des centaines à battre le pavé et à raser les murs. Licenciés, ingénieurs, médecins au chômage ou sans qualification aucune, ils sont tous pris par les serres d’une routine accablante. Chômage, ennui, routine et absence de perspectives. Tel est le destin auquel sont confrontés les jeunes de cette localité.
Ils sont toujours là, debout, ou adossés à un mur. La ville grouille de cette couche sociale qui ne fait que subir.
Etre diplômé et traîner à longueur de temps, ne fait qu’aggraver les choses. «Comment veut-on que les choses s’améliorent alors que les horizons sont tous flous?», s’interroge un jeune licencié, au chômage depuis quatre ans. Un autre intervient: «Il faut être bien épaulé pour réussir à décrocher un pré-emploi». Devant cet état de fait caractérisant leur amer quotidien, les jeunes à Bechloul n’arrivent point à joindre les deux bouts.
Il existe un centre culturel, d’une architecture moderne et qui est sensé être un lieu de rencontre. Sa vocation a dû changer de cap. Il est sans activités. Les salles sont vides, les jeunes ont déserté les lieux.
«Où sont passées les activités culturelles de l’époque», se demande l’un d’entre eux, la trentaine entamée. Faisant allusion à ce lieu de culture dépourvu de bibliothèque et de toute stratégie censée le redynamiser.
Le complexe sportif est aussi en train de se vider. Des athlètes pratiquent toutes sortes de sports dans des conditions lamentables. Personne n’est venu tendre la main à ces jeunes.
Les associations et les responsables de ce créneau n’arrivent plus à établir un plan d’action digne de réorganiser les choses.
Faute d’emploi stable et digne, plusieurs jeunes ont opté pour l’informel. «Je n’ai pas le choix, je dois vivre quand même» lance un jeune commerçant. Ils sont plusieurs à faire ainsi.
Ce qui fait que l’activité du commerce est à plus de 45% informelle. Construire une baraque est plutôt à la mode.

«Nous voulons être écoutés»
Mahmoud, un diplôme en génie civil en poche, voit son avenir bloqué alors qu’il n’est pas dégagé du Service national.
«Nous nous sentons désarmés face à ce fléau, qu’est le chômage, et notre quotidien est mis à mal par la précarité et l’absence de perspectives», nous a confié un autre, rencontré dans un cybercafé, celui-là est médecin.
En chômage depuis plus de quatre ans. Tout en gardant le sang-froid face à son statut de chômeur. L’ambition est toujours de mise. Le brin d’espoir se résume en ces mots: «Nous espérons que nos responsables soient à la hauteur de nos attentes et que les contraintes, qui empêchent l’émancipation de notre jeunesse, soient levées», a-t-il ajouté. Les yeux accrochés à l’écran de son ordinateur.
A deux mètres de là, se tient le patron du cyber qui a suivi une formation de pilote de ligne en Espagne, et en Angleterre, payée par El Khalifa. Le rêve de survoler les cieux s’est évaporé avec la chute de l’empire. Ce pilote sans ailes, au lieu de s’envoler, a vu ses espoirs s’envoler.
Pour redonner de l’espoir à une population démissionnaire, la tache est ardue. Des projets sont à venir, comme l’a souligné le président d’APC. 20km de pistes seront réhabilitées, l’assainissement touchera tous les villages.
D’où le réaménagement de la ville. Les travaux ont été entamés, en plus des projets inscrits tels l’éclairage public, le stade communal et le nouveau siège de la commune.
La nouvelle assemblée élue sera interpellée sur la question; elle doit à tout prix la régler. Peut-être, qu’en relevant ces défis, la population reprendra espoir. Elle qui n’a que de l’amertume sur les lèvres.

Ali CHERARAK

lexpression dz

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