Souk-lycée

Lakhdaria“Souk-lycée” plein à craquer

“Souk-lycée” de Lakhdaria, le seul d’ailleurs dont dispose cette dernière, ne connaît ce genre d’affluence et de volume de transactions, que suite à l’intense énergie dépensée par la jeunesse locale.

L’activité commerciale y est permanente tous les jours de la semaine et va du pont du centre-ville, en longeant tout le mur d’enceinte du lycée, jusqu’à l’entrée de la cité du 5-Juillet. Sur les barreaux de protection du pont, sont installées des marchandises provenant de pays asiatiques, européens, et quelques produits de fabrication nationale sauvant ainsi l’honneur national. Les occupants, pour la plupart des jeunes, disent avoir cherché des “jobs” à leur convenance, mais en vain.

“Je suis éléctromécanicien, j’ai cherché à travailler avec mon diplôme, mais en vain”, explique un jeune revendeur d’habits féminins.

Ces deux derniers mots signifient qu’il a adressé des demandes d’emploi à des entreprises étatiques, et privées, mais sans réponses. Son voisin d’en face, ne s’est pas fait prier pour nous dire ceci : “Lui au moins il sort d’un CFPA, moi je suis universitaire licencié en droit, et voyez où nous ont mené nos études”.

De nombreux autres cas touchés par le fléau du chômage, expliquent-ils, sont présents au “Souk-lycée” de Lakhdaria, et certains d’entre eux détiennent des diplômes en sciences humaines, lettres, et même en agronomie.

Au passage et pour montrer ce dont est capable le “génie algérien”, ils évoquent avec fierté l’exploit réalisé par des bandes de jeunots du pays, qui se déplacent en Turquie, Espagne, et en France, et qui traitent d’égal à égal avec leurs partenaires occidentaux.

Ces “dégourdis” de Lakhdaria, rappellent un sujet traité sur la radio Chaîne III dans une émission présentée par Djamal Benamara, où des auditeurs modernes auraient affirmé que les trabendistes faisaient des chiffres d’affaires supérieurs à ceux de certaines unités d’eaux minérales.

Avant de “camper” sur cet espace, appelé communément Souk-lycée, ces vendeurs venant de tous horizons, ont activé un moment aulieu dit Kedara à proximité de la RN 5. Dans un passé tout récent, sur cette ancienne place de Kedara, on enregistrait autant de vendeurs que d’acheteurs, ce qui a conduit à l’étranglement de la route, puis à l’évacuation des occupants.

“Il ne faut pas chercher d’échapatoire, ou tergiverser, les revenus salariaux ne font plus survivre, d’où cette ruée vers la recherche d’autres ressources”, se désole un concerné. “Souk-lycée”, c’est aussi un moyen de contact avec les jeunes filles étudiant dans les environs, lesquelles chaque jour saluent, et sourient à ces célibataires endurcis dans l’espoir de faire d’eux des prétendants au mariage.

Mais de ce côté-là aussi, confiera un de ceux-là, “les choses n’évoluent pas en s’améliorant, car sans travail, sans emploi stable, et toujours dépendant d’un tuteur, on ne peut envisager de bâtir un foyer”.

L’occupation sans cesse croissante de cet espace expliquent-ils, est due au fait qu’on ne confisque pas leur marchandise, sachant qu’ils s’acquittent de la taxe el Moukess”

A. Cherif

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