Béni Amrane encore sous le choc

Liberté sur les lieux de l’assasinat de l’ingénieur français

Par : Madjid T.

Les autorités locales, les responsables de la Protection civile, mais aussi le consul général de France à Alger se sont également rendus sur place pour s’enquérir de l’état de santé des blessés et s’incliner à la mémoire des deux victimes.

Une atmosphère de colère et d’indignation a régné tout au long de la journée d’hier à Ammal, dans la commune de Béni Amrane (Boumerdès), théâtre d’une attaque terroriste, dimanche soir, qui a visé un véhicule transportant un ingénieur français de la société Razel, chargée des travaux de restauration du tunnel d’Ammal, et son chauffeur, tués sur le coup par la déflagration d’une bombe. Les deux victimes, Pierre Nowacky, 57 ans, et Sid Samir, 39 ans, étaient à bord d’un véhicule de marque Renault Mégane de couleur blanche, lorsqu’une première explosion a eu lieu, avant qu’une seconde ne se produise, cette fois-ci ciblant une ambulance des éléments de la Protection civile faisant des blessés dont un dans un état grave, transféré d’urgence vers l’hôpital de Thénia où il a subi une délicate intervention chirurgicale au niveau de l’abdomen gravement touché. L’opération qui a eu lieu le jour même de son admission aux urgences de l’hôpital de Thénia a duré 5 longue heures, de 17h30 à 22h30, nous ont confirmé hier des sources médicales qui ajoutent que la victime a été amputée de 30 cm de son intestin. Le staff médical qui devait examiner le blessé, Ben Amrouche Djamel âgé d’à peine 30 ans, a assuré en revanche que son état de santé qui ne cessait de s’améliorer ne suscitait pas d’inquiétude, mais a indiqué qu’il devait encore rester sous observation médicale. Ses proches sont venus lui rendre visite et s’enquérir de son état de santé, parmi eux sa future fiancée avec laquelle il devait fêter les fiançailles ce vendredi. Hier, le consul général de France à Alger, M. Francis Heude, s’est déplacé sur les lieux de l’attaque où il a rendu, à cette occasion, un vibrant hommage aux deux victimes décédées. Les autorités locales, les responsables de la Protection civile et une délégation de l’union de wilaya UGTA de Boumerdès se sont également rendus sur place pour s’enquérir de l’état de santé des blessés et s’incliner à la mémoire des deux victimes. Selon des employés de la société française Razel en charge du chantier de réhabilitation du tunnel d’Ammal, théâtre d’une collision entre deux trains il y a un peu plus de quatre mois, le ressortissant français qui exerçait en qualité d’ingénieur chargé de la supervision des travaux les aurait tous salués quelques instants avant son départ, comme s’il savait qu’il allait les quitter à jamais. Nos interlocuteurs n’ont pas tari d’éloges sur les qualités humaines et intellectuelles de l’homme que fut le défunt Pierre Nowacky, dont le visage a été défiguré par le souffle de la déflagration au point de devenir quasiment méconnaissable. Nos interlocuteurs au même titre que les employés de la société, proches et pompiers, se sont dit indignés et choqués par ce qui a été rapporté par certains organes de presse faisant état de plus d’une dizaine de victimes et des blessés à ne plus pouvoir les compter. “Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, sachez que nous avons été beaucoup plus choqués par les comptes rendus de la presse que par l’attentat lui-même”, affirme un agent de la Protection civile. Le même ton d’exaspération a été également partagé par les citoyens riverains du lieu de l’attaque, mais aussi et surtout, et c’est là que se situe le véritable drame, par les familles et proches des employés tant dans les rangs de la Protection civile que dans ceux des employés de la société française. D’aucuns ont cru au pire pour leurs proches. Certains comptes rendus sont d’autant plus en total déphasage avec la réalité du terrain que lors de notre visite, hier, aucun impact qui mérite d’être signalé ne nous est apparu, hormis la voiture des deux personnes décédées endommagée par les éclats de la bombe, notamment côté passagers. En effet, les bombes artisanales étaient de faible intensité, en témoigne l’état de la route et de la bâtisse abritant la gare ferroviaire de Béni Amrane, sauf la première bombe qui a tué les deux employés de Razel. Par ailleurs, nous avons appris hier que les trois autres Français exerçant au niveau du même chantier ont été invités par leur entreprise à regagner la France en attendant de voir plus clair.

M. T.
liberte

Le Mdn dément le bilan de l’attaque de Beni Amrane

Faux bilans et rumeurs d’attentats

Par :Djilali Benyoub

Hier l’ambiance était à la psychose ; une agence est allée même jusqu’à inventer un attentat qui aurait fait 20 morts dans une station de bus à Bouira, avant de retirer sa dépêche.

Le ministère de la Défense a démenti hier le bilan de l’attentat de Béni Amrane avancé par l’AFP. En effet, confirme le MDN, il n’y a pas eu ce bilan lourd de victimes rapporté par l’agence française. L’agence était pourtant, selon la dépêche, sûre des sources sécuritaires. Ce qui a induit en erreur certains titres de la presse nationale. Un écart de 11 morts qui a fait réagir la défense qui remet le dramatique événement à sa juste proportion.
À peine un jour après, c’est au tour de Reuters de “créer” un attentat à Bouira et de donner le bilan. 20 morts dans un attentat à la bombe à la gare de Bouira ! Aucun correspondant local n’a confirmé l’information. Même la chaîne de télévision Al-Arabia s’est rendue sur place pour se rendre compte du “non-événement”. Reuters retire par la suite la “fausse dépêche”. D’ailleurs, le ministère de l’Intérieur n’a pas tardé à démentir l’information dans un communiqué. Quelle est alors cette source sécuritaire qui “abreuve” ces agences ? Étrange coïncidence, s’il en faut, que cette course au scoop quitte à gonfler les bilans ou à inventer un attentat. À première vue, ce timing ne serait pas fortuit. D’autant qu’on est passé d’un bilan “surestimé” à une rumeur érigée en information sourcée. Ce qui n’a pas tardé à rajouter à la psychose déjà installée à la suite des attentats de ces dernières semaines.
D’autres rumeurs d’attentats dans différents quartiers d’Alger ont marqué ces derniers jours, mais elles ont été vite dissipées. Mais qu’elles soient le fait d’agences, cela leur donne du crédit. Cela participe également, même si les deux agences ne l’ont pas expressément provoqué, de la guerre psychologique cette autre arme des groupes terroristes. Certes, les attentats ont repris, avec une moindre intensité que les années précédentes, mais relayés de la sorte par des agences officielles contribue forcément à l’amplification de l’impact psychologique ; effet recherché par les terroristes. Les correspondants des deux agences ont été convoqués hier par le ministère de la Communication.
Le correspondant de l’AFP a été convoqué pour avoir exagéré le bilan de l’attentat de Beni Amrane alors que celui de Reuters l’a été pour avoir diffusé une information erronée.
Les deux correspondants ont fait preuve “d’extrême légèreté dans le traitement des informations sensibles relatives au terrorisme”, a rapporté hier l’APS. Et de traiter leur travail de “comportements irresponsables et répétés contraires à l’éthique et à la déontologie journalistiques, s’agissant surtout du terrorisme qui se nourrit précisément de propagande”.
Car, en plus des effets pervers de telles rumeurs, il y va également de la crédibilité de ces agences qui sont accréditées à Alger et bénéficient d’un accès à l’information quand bien même elle est sensible.
Sont-elles alors victimes d’une manipulation ? Probable. Toutefois, il serait malvenu pour des agences à la notoriété avérée de succomber avec une telle facilité à la manipulation. D’autant qu’elles sont censées rapporter l’information, toute l’information et rien que l’information. Ce n’est pas un jeune journal algérien confectionné par de jeunes journalistes qui rapporte cette “rumeur”, l’inexpérience pouvant dans une certaine mesure constituer une circonstance atténuante. Non, ce sont deux agences parmi les plus efficaces dans le monde qui sont, avec une déconcertante facilité, tombées dans le piège de l’intoxication sans, apparemment, en mesurer les conséquences.
Aussi, participent-elles à la généralisation de la manipulation qui accrédite le GSPC d’une force imparable. On est alors bien loin du b. a.-ba du métier. Et l’on devient acteur de cette morbide scène.

Djilali B.

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