Talaouine, une agglomération marginalisée

Tiliouine/ éclairage des foyers On tâtonne pour trouver son chemin

Presque toutes les localités de Kadiria appelées tout récemment agglomérations de “zones urbaines” ont leurs préoccupations majeures, lesquelles toutefois n’exigent pas une intervention immédiate, et à défaut, les villageois n’encourent pas des préjudices graves. Cependant, à Tilouine, un grand village inclu dans la classification administrative, la population locale affirme un résidant “N’a pas arrêté de signaler le faible éclairage arrosant les foyers.” Une intensité de la lumière en de ça de la “normale” qui non seulement de l’extérieur ne se voit même pas, mais ajoute-il “Qui nous contraint à tâtonner des mains pour trouver les chambres intérieures.” Un désagrément quasi quotidien causé par le déploiement de Tiliouine sur d’autres étendues, où précise le jeune de la localité “Deux nouvelles cités alimentées par le même transformateur ont vu le jour tout récemment.” Deux lotissements, l’un à l’est, et l’autre à l’ouest de Tiliouine, lesquels puisent leur énergie selon toujours mon interlocuteur “Du même transformateur desservant l’ancienne cité déjà en pleine croissance démographique.” Une boîte d’alimentation qui par ailleurs aurait fait l’objet de réclamations adressées à l’organisme concerné Sonelgaz, suite au peu de luminosité s’enregistrant à Tiliouine, mais aussi d’après lui “Aux masses d’électricité se produisant à l’intérieur du transformateur, occasionnant parfois des petits incendies dans ce dernier.” Des pannes récurantes que Sonelgaz, et même l’autorité de la commune auraient décidé de mettre fin en proposant le remplacement du matériel défaillant par un autre flambant neuf, laquelle reste au stade de promesse des autorités se désole l’habitant de Tiliouine “N’a pas été tenue, puisque l’espace baigne dans une lumière aveugle.”

A. Chérif

2 DECEMBRE 2008

Talaouine, une agglomération marginalisée

Tiliouine ou Talaouine, une appellation dérivant de deux origines ; l’une est attribuée à l’amazighité “tialouine”, qui veut dire groupe de femmes, l’autre relative à l’arabo-amazighe “talaouine”, qui signifie sources. Les plus âgés optent pour la seconde appellation, la région disposant de plusieurs puits alimentant la population en eau potable.

Tiliouine est une agglomération qui compte près de

10 000 habitants. Elle se situe à neuf (9) kilomètres au nord du chef-lieu de la municipalité de Lakhdaria et à un (01) kilomètre à l’ouest de Kadiria. Administrativement, elle est rattachée à l’APC de Lakhdaria et pédagogiquement à Kadiria. Ancienne cité bâtie en terre, elle a connue un essor important dans son aménagement urbain. Les citoyens ont opéré des travaux de rénovation et d’aménagement de leurs anciennes constructions pour en bâtir de nouvelles en R+1 ou R+2. L’APC a attribué des terrains à bâtir en délimitant les quartiers mais l’anarchie est toutefois apparente car certains quartiers ne disposent toujours pas d’allées mais d’une impasse, voire un chemin piétonnier. En revanche, les nouvelles constructions répondent aux exigences de l’aménagement urbain et de l’occupation du sol. Dans l’ancien village, sont édifiés l’unique école primaire, un centre de santé laquel fonctionne avec un seul infirmier et un médecin qui assure les auscultations une fois par semaine, une agence d’Algérie Poste nouvellement réalisée mais qui reste toujours fermée, un dépôt de gaz butane alimentant toute la région ouest de la wilaya de Bouira : la localité est raccordée au réseau du gaz de ville. Aussi, l’agglomération vient de bénéficier d’un projet de réalisation et de construction de locaux commerciaux entrant dans le cadre du programme du président de la République. Les jeunes disposent d’une unique aire de jeux.

Malgré les infrastructures existantes, nous relevons les insuffisances qui empêchent Tiliouine d’être une petite ville. Ces manques en moyens d’infrastructures se résultent comme suit :

Voies d’accès

seule la route qui mène à l’école primaire est goudronnée. Un citoyen nous dira : “La route est bitumée juste pour satisfaire les visites à l’école, notamment le jour des élections car l’école est un centre de vote. C’est de la poudre aux yeux”. En effet, lors de notre visite dans la localité, nous avons remarqué que toutes les voies d’accès et toutes les bretelles sont dans un état piteux. Elles sont impraticables en hiver et poussiéreuses en été. D’autres ne sont même pas carrossables et présentent des risques pour les piétons. Selon les déclarations des citoyens, les responsables locaux de Lakhdaria ont toujours déclaré que ces voies seront bitumées, or ces déclarations ne sont que les promesses lors des campagnes électorales. Les habitants déplorent la situation et revendiquent l’aménagement, la réhabilitation et le bitumage des voies d’accès de l’agglomération.

Ouverture d’une antenne communale d’état-civil

l’agglomération compte environ 10 000 habitants. Les citoyens se déplacent à Lakhdaria pour se faire délivrer un document administratif (extrait de naissance, fiche individuelle…) en parcourant 18 kilomètres en aller-retour. En conséquence, la “petite ville” doit disposer d’une antenne communale réservée au service d’état-civil. Un cadre supérieur nous dira : “Nous vivons un vrai calvaire en nous rendant au siège de l’APC de Lakhdaria. Il nous arrive de passer deux journées pour pouvoir nous faire délivrer une pièce administrative, surtout durant la période des inscriptions scolaires. De partout affluent des citoyens, c’est vraiment un essaim de personnes qui se présentent devant les guichets.

L’électricité : une vraie toile d’araignée

A Tiliouine, cette énergie ô combien importante, enregistre des défauts flagrants et présentent des dangers à hauts risques. L’alimentation des foyers en courant électrique est une vraie toile d’araignée. Toutes les nouvelles constructions en R+1 ou R+2 sont branchées à partir des anciennes. Les fils électriques sont attachés aux poteaux qui, en principe, servent à l’éclairage public. Nous avons compté huit (8) câbles reliés à un seul poteau. Nous avons demandé le pourquoi de cette situation, nos interlocuteurs nous ont répondu : “Sonelgaz ne veut pas répondre à nos demandes. C’est ce qui nous oblige à ce procédé du branchement de chez les voisins”. En effet, nous avons constaté que certains foyers sont alimentés à partir des maisons distantes de plus de 400 mètres l’une de l’autre. Que les responsables de Sonelgaz imaginent les risques que font courir ces câbles électriques raccordés au moyen de nœuds dénudés et accrochés aux poteaux. En cas d’accident, le citoyen, les élus locaux, la Sonelgaz se partageront la responsabilité. Les services de Sonelgaz doivent agir vite pour régulariser la situation actuellement un seul compteur alimente deux à trois foyers.

L’éclairage public défectueux, voire inexistant

Les habitants de la localité surnomment Tiliouine “Cité-Cimetière”. Lors de notre déplacement dans les différents quartiers, les poteaux existaient mais sont dépourvus d’ampoules. L’éclairage public n’a jamais fonctionné. Nous sommes restés dans la localité jusqu’à la nuit tombante juste pour voir si une lampe éclairerait les ruelles mais rien hormis les projecteurs placés au dépôt du gaz butane et du siège de la Garde communale, l’obscurité règne à Tiliouine, d’où son surnom de “Cimetière”. A cela s’ajoutent les difficultés que rencontrent les citoyens qui se plaignent de la chute de tension et des coupures du courant électrique, qui cause des pannes aux appareils électroménagers. Un citoyen nous déclara : “J’ai réparé trois fois mon micro-ordinateur à cause de ce problème épineux. Je me demande jusqu’à quand va perdurer cette situation lamentable”. Un autre ajoutera : “Il nous arrive d’allumer une seule lampe à la maison, quelques fois il s’agit d’un jeu de lumière, c’est-à-dire que l’on éteint une lampe pour allumer l’autre dans l’autre chambre. La télévision ne fonctionne qu’à partir de 22 h”.

Si on se réfère à l’origine arabo-amazighité, l’eau existe en grande quantité dans la localité. Plusieurs habitants possèdent des puits qui sont mis à la disposition des citoyens. Femmes, jeunes filles et enfants font le parcours du combattant pour acheminer l’eau des puits. Nous avons assisté à ce va-et-vient des citoyens qui “transportent” cette denrée vitale. L’agglomération est raccordée au réseau ADE mais la quantité distribuée ne répond pas aux besoins de la population. Les citoyens nous signalent aussi que la canalisation, étant usée, rompt en plusieurs endroits, les services de l’ADE tardent à intervenir et rétablir la situation. Il leur arrive de rester 15 jours sans eau. En somme, Tiliouine est une agglomération que les responsables locaux doivent prendre en charge, car les citoyens se sentent marginalisés. Les responsables doivent s’occuper des problèmes et des préoccupations des citoyens, en priorité, ceux relatifs aux routes, à l’électricité.

dd kabylie

Extension de la localité de Tiliouine sur d’autres espaces
Une surpopulation contraignante…

Tiliouine ne présentait dans les années 80 qu’un pâté de maisons, les taxis ne se donnaient même pas la peine d’y marquer un arrêt, mais en un laps de temps très court elle est redevenue à la fois la porte d’entrée sur Kadiria, et sur un des hays les plus peuplés de Lakhdaria.

D’ailleurs, la proximité de Tiliouine à l’une et l’autre des deux daïras, fait remarquer un jeune de la localité “cause parfois des complications administratives à la population” expliquant ceci “souvent sollicités les élus de l’une des APC, nous expédient vers l’autre”.

Les sollicitations portent sur les préoccupations, relevées sur place, à l’exemple, cite notre interlocuteur “des allées couvertes de sable de l’oued, et de l’assainissement défectueux.”

Ou encore le désagrément dû au faible éclairage s’enregistrant à Tiliouine après l’implantation des deux nouveaux lotissements, une extension se plaint-il “qui diminue l’intensité de l’éclairage dans les foyers, lesquels passent sans cesse des nuits noires.” L’élargissement de Tiliouine à d’autres espaces dépourvus de réseaux internes AEP, a suscité l’intérêt des colporteurs satisfaits d’une telle aubaine, une prestation selon le jeune “qui profite de la mauvaise distribution de l’ADE, laquelle ne joint à ses quittances que les tarifs abonnement.”

Aussi, du fait de la courte distance qui sépare Tiliouine du hay Hayet — lequel aurait bénéficié d’une subvention pour son branchement en gaz naturel — on ressent du côté, n’ayant pas reçu le même traitement de faveur, de la déception, “voire se désole le jeune de Tiliouine de la privation, sachant que depuis ce temps là à nos jours, les ménages n’ont toujours pas de quoi payer les 12 000 DA fixés sur le devis.”

A. Chérif

Tiliouine Suite aux surcharges des classes des CEM de KadiriaUn élève étudie à 50 kms de chez lui

Que pouvait faire d’autre ce collégien de 4e AF ayant raté les compositions de 1er et 2e trimestre pour cause de maladie, que de tenter de sauver l’année en prenant part aux examens blanc, et du BEF.

Evidemment, cette reprise tardive des cours s’est soldée par un échec, mais se sachant en avance d’une année de scolarisation, ce triste sort ne l’a aucunement affecté, le droit au redoublement dit l’élève “maintenait en moi l’espoir d’accéder plus tard au lycée”. Confiant de cet acquis, il n’a envisagé à aucun moment un imprévu qui l’empêcherait de rejoindre de nouveau les bancs du CEM Mokrani Rabah de Kadiria pour le motif de surcharge des classes, une contrainte se souvient le jeune de Tiliouine “qui m’a poussé à m’adresser ailleurs, mais on me répondait à chaque fois : complet dans tous les CEM de Kadiria visités”.

Abattu sur le moment, mais pas au point d’abandonner la partie, celui-ci s’arma de courage de titan, fit le tour des localités environnantes, et trouva enfin une place à Kerfalla, une commune de Kadiria située à 50 km de chez lui, une petite trotte reconnaît-il, “qui est dure à parcourir, mais meilleure que de passer une année blanche”. Maintenant qu’il est dans le bain, il se demande comment il pourrait tenir dans cette routine de va et vient de 100 km, au déboursement de 70 DA de transport, et au coût du sandwich de midi.

A la pensée aux frais générés par les études, le collégien de Tiliouine ressent le même pincement au cœur l’ayant marqué précédemment, une peine profonde qui “demeurera à jamais, car on n’a pas tenu compte de ma maladie”, conclue-t-il.

A. Chérif

23 NOVEMBRE 2008

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2 Réponses

  1. Salut nacer
    Dommage qu’en entends dire qu’il ya un manque d’eau a tiliouine.ce petit village devrait avoir une quantité d’eau enorme,il est situé a quelques métres de Oued Isser.wellah je comprends rien.

  2. saha jilal,
    oui c’est vrai qu’on ne comprend pas ce manque, mais avec le futur barage de maala, on va carrement etre inondé d' »eau ( dans le sens propre comme au figuré )

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