Hay Lounici envahi d’ordures

Une benne à ordures installée pour la forme

Comme partout ailleurs, toutes les habitations “ont orienté” leur façade principale vers la route bitumée longeant le quartier Lounici, lequel comprend aussi sur sa gauche les logements de fonction de l’école primaire Ben-Badis ainsi que le bâtiment rattaché à l’Inspection académique.

Toujours sur la gauche, en bordure du trottoir a été réalisée une niche devant, en principe, recevoir toutes les ordures ménagères des habitants du quartier et celles des établissements scolaires, ces derniers toutefois sont moins exposés aux relents nauséabonds dégagés par ce dépotoir. Mais juste après avoir aménagé ce coin en lieu de collecte des détritus évacués par les foyers, des scènes des plus regrettables ont commencé à être enregistrées autour, à tel point, nous dira Dda Moh, un commerçant de la cité “qu’on n’a jamais eu de décharge vide ou à moitié pleine” expliquant que “remarquant cet espace construit en dur, des gens venant de divers endroits chargés de sachets poubelle ont pris d’assaut notre hay”. Un phénomène peu ordinaire d’après lui “où on a assisté impuissant à l’arrivée de files de brouettes remplies de toutes sortes d’immondices” c’est d’ailleurs suite aux jets anarchiques constatés ici et là dans cette partie de la rue, lesquels bien entendu ont fait l’objet de réclamations multiples, que les services concernés de l’APC de Lakhdaria ont pris la sage idée d’installer une benne à ordures à l’intérieur même de la niche réalisée à cette fin. Après avoir doté tous les quartiers environnants de cet équipement mobile permettant aux ménages de se débarrasser de leurs divers détritus, la cité Lounici a été libérée peu à peu de toute présence étrangère. “Hélas, se désole Dda Moh, ni le matériel de l’APC, ni la disparition des indues personnes n’ont incité les résidants à garder leur environnement propre” pour lui “on dirait que gangrenés jusqu’à la mœlle par ce qui s’est passé, ce contact a influé négativement sur eux, et maintenant ils s’insurgent contre l’environnement dégoûtant qui prévaut”. En effet le constat montre qu’on a atteint à hay Lounici le summum du “jm’en foutisme” s’apparentant à l’exemple de cette personne cherchant à s’autodétruire, car aucune autre image ne pourrait cadrer avec le décor lamentable s’offrant en spectacle dans ce lieu pourtant résidentiel. Aussi, les résidents de hay Lounici connaissent ceux qui font preuve d’incivisme et qui font fi de l’usage de la benne à ordure installée juste devant eux et préfèrent voir dégouliner un liquide visqueux, gluant, noirâtre et nauséabond se dégageant des déchets jonchant le sol. “Pour l’heure nous allons les contacter un par un et s’ils ne changent pas de comportement en faisant preuve de civisme nous afficheront leurs noms au grand public”, conclut Dda Moh lequel ne désespère pas de voir le quartier propre et accueillant comme il l’a été à une certaine époque.

A. Chérif
dd kabylie

l’histoire de la Cité Zizi de Lakhdaria

Les eaux pluviales qui font peur

C’est une réalisation d’après-indépendance, plus précisément en l’année 1965, une période où la croissance démographique n’avait pas encore commencé sa “course au galop”, et qui ne représentait en fait que le sixième de la population actuelle.

C’est pour cela que les concepteurs urbanistes chargés de mettre au point des plans appropriés à la cellule familiale algérienne, ont opté pour des habitations en rez-de-chaussée, d’une consistance F2 déterminée en fonction du peu de membres à charge et d’un espace vert procurant un environnement sain autour de l’occupant. Aussi, s’agissant de cette époque-là, quelques vieux propriétaires de la cité Zizi se souviennent de “l’opération rétrocession où l’on nous a cédé ces biens moyennant la somme de

3 000 DA payable cash ou avec facilité”. Bien sûr, les choses ont changé à la cité Zizi où la tranche d’âge des 42 ans, nés sur ces lieux juste à l’installation des occupants, pilule dans l’exiguïté caractérisant l’espace, lequel accueille en son sein maintenant 3 et même 4 ménages dans un seul logement de 72 m2. “Ceci, explique Boualem, a contraint les propriétaires à surélever leur maison”, continuant “sauf les 10 foyers sans ressources situés aux deux bouts de la cité, lesquels n’ont pu qu’élargir le rez-de-chaussée”.

D’autre part, les quatre (4) allées non bitumées séparant le lotissement en 4 rangées numériquement identiques, l’eau potable ne parvenant au robinet qu’un jour sur six et les lampadaires défaillants implantés juste pour la forme, constituent pour hay Zizi les préoccupations de l’heure non encore résolues.

Cependant, Boualem ne s’est pas trop allongé sur ces incommodités et semble avoir sa propre analyse sur le sujet. “Tous ces jeunes ne comprennent pas comment un pays aussi riche que le leur n’est pas en mesure de leur offrir du travail”. Une insuffisance de taille et de grande amplitude pour lui “qui empêche ces sans-emplois d’avoir accès à des revenus, donc à se prendre en charge et par là même améliorer les conditions de vie de leurs parents”. L’autre inconvénient que vit la cité Zizi, et qui pourrait porter préjudice au cas où l’on n’interviendrait pas à ce niveau, est relatif à la situation géographique de la cité, laquelle située sur un bas-fond, reçoit chaque hiver tous les “rugissements” des eaux pluviales se déversant du centre-ville de Lakhdaria. “C’est ni plus ni moins une torture”, se plaint Boualem, “où l’on passe des nuits blanches à surveiller l’évolution de la météo et à prier Dieu de nous venir en aide face à ces torrents dévastateurs”.

A. Chérif
dd kabylie

Diaspora kabyle à travers les regions d’Algerie et à l’etranger

L’odyssée du centenaire

Sur les traces de la diaspora kabyle à Sougueur

L’une des traditions les plus réputées et anciennes des Kabyles est de quitter leur pays vers d’autres cieux où ils peuvent s’implanter comme les autochtones de ces terres d’exil. Partir n’est pas toujours synonyme de quitter le pays natal vers l’étranger pour ces montagnards qui s’adaptent presque à toutes les terres, l’essentiel pour eux est de se retrouver sous des cieux plus cléments.

L’histoire nous apprend qu’au début du siècle dernier les premiers Algériens à avoir tenté l’aventure d’aller au delà de la mer ne sont autres que des jeunes de la Kabylie maritime et ce afin de fuir la misère qui frappait toute la région. L’odyssée des Kabyles est des plus riches depuis des siècles à nos jours. Il y a par exemple les premiers migrants vers l’Europe, ceux de la dramatique histoire des déportés de la Nouvelle-Calédonie jusqu’à celle des exilés du terrorisme durant les années de braise sans oublier l’immigration au Canada que les jeunes Kabyles se fixent aujourd’hui comme terre promise.

Un autre mode d’exil, sujet de ces lignes, est celui de certains Kabyles qui ont choisi de quitter leurs montagnes austères pour aller s’installer  » à vie  » dans d’autres régions du pays. Le départ se fait dans le sens des quatre points cardinaux. Nous nous limitons à décrire la trajectoire et le devenir de la diaspora kabyle installée dans l’une des plus vieilles villes de l’Oranie, Sougueur. Qu’importe le point de départ de la Kabylie pour se rendre à la capitale des Rostémides Tiaret située sur les Hauts-Plateaux centre-ouest à laquelle est rattachée la ville de Sougueur. Notre départ a commencé de la ville de Béjaïa, capitale des Hammadites, distante de plus de 400 km de l’ex-Tihert que nous rejoignons à partir de la route de la Rocade. Une trajectoire qui décrit toute l’histoire d’un pays plein de controverses. Il faut contourner donc, à partir de Bouira, pour rejoindre cette voie rapide en passant par Sour El Ghozlane le QG du guerrier berbère Takfarinas. Jusque-là les signes de vie kabyle sont présents avec ces petits marchands à la sauvette qui proposent aux passants l’un des fruits du terroir, la figue fraîche. Sinon, le panorama du grand relief montagneux du Djurdjura suffit pour nous rappeler la particularité de la région. Au lieu dit col de Bekouche, un point culminant à 904 mètres d’altitude, commence la descente aux enfers. C’est aussi une traversée du désert puisque l’on est contraint de passer en ce mois d’août par quelques régions pastorales semi-désertiques.

Il était une fois Trézel

Sidi Aissa et Ain Lahdjal, relevant de la wilaya de M’sila sont devenues des villes commerciales par excellence servant de relais aux voyageurs du Nord vers le Sud, ou inversement comme ceux des régions Est et Ouest.

C’est à partir de cette dernière ville-carrefour que le choix de notre destination est fixé. Nous devons désormais prendre une ligne droite de cent kilomètres de la rocade est-ouest pour atteindre Bouguezoul, un autre carrefour national que l’on a annoncé comme la prochaine capitale administrative. Sur le territoire de la wilaya de Médea, elle est aussi proche de Djelfa, la ville de Bouguezoul est traversée par la RN 1 d’Alger vers le grand sud et par la rocade de M’sila vers Oran en traversant Tiaret.

Une halte s’impose dans un grand relais géré par un Kabyle qui n’a pas manqué d’installer une enseigne en tifinagh. Il y a tout ce qui peut soulager les voyageurs. Un hôtel, restaurant et café ouverts H24, avec en plus des sanitaires, une salle de prière, un taxiphone et une boutique. Il nous reste 148 km pour atteindre Tiaret. Le dernier quart de notre périple nous fait visiter les villes de Hammadia et Mahdia en passant par le grand marché de Hassi Fdoul. Nous avons l’occasion de prendre en stop un jeune gendarme qui nous parle du manque de transport sur cet axe surtout les jours de marché. A peine s’est-il informé de notre résidence, qu’il parle avec assurance de la situation sécuritaire qui prévaut ces derniers jours en Kabylie, tout en nous assurant que les choses se sont beaucoup améliorées ici. Nous laissons notre passager dans un petit village et nous faisons un détour du côté de Bouchekif pour atteindre notre destination sans passer par la ville de Tiaret afin d’éviter les encombrements. C’est dans cette localité de Bouchekif qu’est implanté l’aérodrome de cette wilaya, ainsi que la première usine nationale de voitures, la fameuse Fatia qui devait naître ici et n’a pas encore vu le jour. Ainsi, à défaut de ces voitures locales restées une Chimère, Tiaret garde jalousement son cheval pur sang de renommée mondiale. Sougueur est à 12 km d’ici et l’on voit déjà les reliefs des deux montagnes qui délimitent cette contrée, le Nador au sud et Djebel Aabed au nord. Si la distance s’avère longue, des similitudes historiques sont là pour témoigner d’un rapprochement. Trézel fut le nom donné à cette ville par les colons. Un hommage à l’un des généraux français appelé Camille Alphonse Trézel (1780/1860) qui commanda l’expédition de Bougie en 1833 et prit possession de la ville le 29 septembre de la même année. Trézel fut une métropole créée par des colons « aventuriers » à la fin du 19e siècle dans cette région agropastorale des Hauts-Plateaux. De prime abord il s’agit d’une ville à caractère architectural européen au vu du nombre de villas, jardins et des quelques petits châteaux bourgeois qui constituent la zone urbaine.

Une véritable carte postale. L’ex-Trézel est tracée en plusieurs carrées délimités par des ruelles dans les quatre sens, facilitant ainsi l’accès à tous les quartiers et cités de la petite ville. Le tout est entouré de vastes champs de vigne, de céréales et d’amandiers. Cette métropole de vignobles et d’agriculture nécessita d’autres mesures d’accompagnement au titre d’artisanat, de commerce et de transport. C’est à partir de là que quelques commerçant kabyles et mozabites sautèrent sur cette aubaine pour s’y installer avec leurs proches. A coté des colons européens ce furent ces quelques Berbères du M’Zab et des montagnes de Djurdjura de se lancer à tracer la nouvelle destinée de cette porte du Sud.

Les Ouacifs à l’assaut d’une ville lointaine

La ville n’est plus ce qu’elle était jadis. Le béton et l’extension urbaine tous azimuts ont pris des proportions alarmantes. Plus de vignoble autour, le désert commence déjà à menacer la verdure d’antan par la poussée sablonneuse. Au centre-ville, la circulation s’agglutine entre véhicules et piétons qui ignorent les trottoirs. Une ville qui a quelque chose de particulier par rapport à d’autres à savoir la calèche qui côtoie l’automobile.

Un signe rustique qui réclame toujours sa place malgré l’explosion du marché de l’automobile. Nous nous sommes orientés vers un quartier récemment créé, cité deuxième tranche implantées sur des anciennes vignes

Mohand Arezki Ilimi et sa famille sont originaires d’un village de la Haute-Kabylie Aït Abdelali. Hormis le père né à l’ex-Michelet, tous les autres membres ont vu leur naissance en dehors de la Kabylie , y compris la mère, qui, elle, est née à Djelfa. On parle couramment le kabyle même par les plus petits de la famille. Notre présence coïncidait avec un match de la JSK. L’ambiance est à son comble. Hichem étudiant à l’université de Tiaret et le plus jeune de la famille n’arrête pas de crier à qui veut l’entendre son désarroi devant la la prestation des Canaris. « La JSK c’est sacré chez nous » martèle Hicham qui n’a vu que rarement le bled. La mère, se souvient-elle de son arrivée dans cette ville alors qu’elle n’avait à l’époque que quatre ans. « Mon père Moh-Saïd Belkessa était un commerçant ambulant qui venait souvent à Sougueur. Ayant son petit commerce dans cette ville il a songé à nous emmener et s’établir définitivement dans ce patelin ». Il y a de cela plus d’un demi-siècle cette femme se souvient encore de son enfance dans cette ville aux diverses cultures. « Il nous était interdit de jouer dans la rue sauf les dimanche, pour préserver la propreté de l’environnement et la quiétude des lieux ». Les Kabyles vivaient en symbiose avec les autres communautés qui leur vouaient du respect, ne cesse de se rappeler Rezki le père de cette famille, aujourd’hui grand-père de quelque dix petits-fils. Laissons cette famille pour un moment et allons rencontrer des Kabyles de la troisième génération de la diaspora kabyle dans un coin appelé Echouka située au cœur de la ville. Ils sont trois, presque du même âge. Djilali Ben Brahim, youcef Kidjnane et Kada Allahoum nous ont invités autour d’un café. La discussion fructueuse s’est axée sur l’histoire et le processus d’émigration des Kabyles dans cette région oranaise. Pour la plupart de nos interlocuteurs, l’arrivée des premiers Kabyles a eu lieu vers la fin du 19e siècle, environ en 1890. « La famine et la misère étaient à l’origine de l’exil de nos grands-parents qui se sont lancés à la recherche d’une prospérité plus grande » expliquent nos trois compagnons tout en s’accordant à dire que les premières familles ayant débarqué à Trézel sont les Aït Ahmed, Boufares, Ait Saïd, Ould Mokhtar puis les Ben Brahim. Dans un phénomène d’osmose la liste des partants s’élargit pour rejoindre leurs proches ayant déjà opté à l’exil d’intérêt.

A la cité Zouaoua…

Cette arrivée massive des Kabyles a pris d’assaut toute la cité Diar El Freh que l’on appelait depuis  » Cité Zouaua « , car, habitée en quasi-totalité par des Kabyles. Cette présence forte et positive a métamorphosé la région, ayant connu en un court laps de temps un essor fulgurant en développement dans plusieurs domaines. A côté des quelques Mozabites, à l’image des Bakir, les nouveaux Trézeliens des Ouacifs monopolisent le commerce. Une vocation de père en fils qui a apporté sa pierre d’achoppement à la construction et la modernisation de la vie des « autochtones » concédée comme un autre moyen de lutte de libération. L’un de ces pionniers de la mise en marche de la vie active de Sougueur était Boudjemaa Ould Mokhtar lequel s’est lancé dans le domaine de transport en créant la première ligne pour les voyageurs. A l’aide de son mulet tirant une calèche, la société Boudjemaa a révolutionné le quotidien des Sougris qui se permirent des déplacements à Tiaret et vers d’autres villes voisines. La société prendra de l’ampleur en remplaçant la bête de somme par un moyen moderne, le camion. Les héritiers Ould Mokhtar n’ont fait que suivre le chemin de leurs aînés en restant fidèles au créneau de Boudjemaa avec des moyens plus modernes. Quant aux Ben Brahim ils se sont lancés dans un domaine réservé à l’époque aux Européens, le cinéma. « En 1936 mon grand-père Lahcène est passé du métier de minotier à celui de gérant d’une salle de cinéma. » Nous a confirmé Djilali qui n’a pas manqué d’afficher une certaine amertume devant le destin réservé au cinéma actuellement. Cette salle historique de cinéma est transformée actuellement en piscine et cybercafé. La diaspora continue à franchir le pas vers d’autres métiers pour accomplir sa mission.

Ali Issad, un intiuteur qui a défié les français

C’est à cet effet que la communauté des Ouacifs avait donné à cette région de Sougueur son premier maître d’enseignement en langue française. Ali Issad était le premier Algérien à prendre la craie défiant ainsi les Français de l’époque coloniale. En guise de reconnaissance, les autorités de cette commune ont baptisé un CEM de la ville du nom de cet enseignant.

Mohamed Aït Amar et Hamou Ben Brahim, tous issus des Ouacifs ont ajouté leur touche à l’histoire de cette ville en y devenant les premiers médecins de cette contrée. Au déclenchement de la Révolution, les Kabyles ont rapidement rejoint les maquis avec comme responsables de la cellule FLN à Sougueur Belaid Kedjnane condamné à mort puis gracié, Ould Mokhtar Mokhtar et Moh Saïd Belkessa. Après toutes ces années passées dans cette ville, le cordon ombilical n’est pas tout à fait coupé avec la Kabylie. Nordine fils de Rezki ne rate aucun congé annuel pour faire apprécier à ses enfants l’odeur des Montagnes du Djurdjura qu’il connaît par endroits. Beaucoup parmi ses Sougris venus d’ailleurs ont gardé des traditions bien de chez nous, avec une solidarité affichée lors des deuils et des fêtes. Ce lien affectif a permis à cette communauté des Ouacifs de s’affirmer encore davantage comme pierre angulaire du développement et de la prospérité de cette commune, second pôle de wilaya après le chef-lieu Tiaret. Forte de quelque 75 000 habitants, la commune de Sougueur est l’une des plus anciennes villes qui possède des atouts lui permettant d’aller de l’avant. Un marché de renommée nationale et une position géographique stratégique, elle peut épouser toutes les vocations possibles, allant de l’agriculture à l’industrie en passant par le commerce et le tourisme. Avec une société hétéroclite les kabyles de Sougueur vivent en toute harmonie avec le reste des habitants en se sentant des fils de cette ville avec des racines profondes. Nous quittons la capitale des Rostémides en empruntant le même itinéraire qu’à l’aller. Le mont de Djurdjura apparaît au col de Bekouche pour nous signifier que la Kabylie est toute proche. Quant aux Kabyles, ils sont derrières nous, ceux de l’autre Kabylie, de Trézel, pardon de Sougueur.

Nadir Touati
dd kabylie

De belles mendiantes a Lakhdaria

Lakhdaria : De belles mendiantes dans la ville

Tous les jours ou presque, des jeunes filles, belles pour la plupart, se mettent au bord de la rue Si Lakhdar, à Lakhdaria, et tendent la main aux passants ; ce sont des mendiantes.

Selon des sources bien informées, elles viennent d’un bidonville de Reghaïa, et ont choisi ce « job » tout simplement parce qu’il leur rapporte gros. Un restaurateur chez qui venaient manger certaines de ces mendiantes a bien voulu nous raconter comment elles font, du moins dans son restaurant. « A la fin de leur travail », vers 14h, affirme-t-il, « elles viennent ici. Elles commandent toujours deux plats et un soda, règlent ensuite l’addition, puis me demandent de leur faire la monnaie ». Questionné sur les sommes qu’elles changent, notre interlocuteur rit de bon cœur avant de nous assener des chiffres qui laissent pantois. « Entre mille et dix-mille dinars », dit-il.

Et d’ajouter : « Leurs billets dans le sac, elles activent la puce de leurs portables multimédia, passent dans l’arrière-boutique troquer le vieux hidjab de travail avec un autre flambant neuf et quittent les lieux, la satisfaction clairement affichée sur leurs belles figures. » Aussi paradoxal que cela puisse paraître, ces mendiantes énervent beaucoup plus les femmes que les hommes. Combien de fois, en effet, n’a-t-on pas vu des dames s’en prendre aux mendiantes, en leur faisant entendre des vertes et des pas mûres. « Vas travailler ! » ou « Vas te marier ! », tels sont, entre autres, les quolibets que lancent les passantes aux mendiantes qui encaissent sans broncher. Il y a aussi des jeunes hommes qui glissent une pièce dans la main de la mendiante en lui laissant entendre qu’ils sont prêts à donner davantage, si…Et ça a marché pour des veinards ! Enfin, il faut le dire : ces mendiantes posent un problème de taille, celui du deux poids, deux mesures. Plus clairement, pourquoi la police chasse-t-elle sans ménagement les petits vendeurs sur le trottoir et laisse faire les mendiantes installées tout près ? C’est à se demander d’ailleurs pourquoi il n’y a pas de loi dans notre pays interdisant la mendicité à ces jeunes personnes bien portantes, qui se font un malin plaisir à se la couler douce en tendant seulement la main. Décidemment, ces dames qui crient haro sur les belles mendiantes n’ont pas toujours tort.

A B

Lieu d’hébergement pour les footballeurs à Lakhdaria

Projet de réalisation d’un lieu d’hébergement pour les footballeurs à Lakhdaria
Le volontariat à l’honneur

C’est de cette manière que ces “dégourdis” de Touiza ont procédé avec le chantier mitoyen du stade communal de Lakhdaria, un espace que la Protection civile a restitué à la commune, après l’avoir occupé des années durant dans l’exercice de sa mission. “Les travaux d’entretien, de revêtement et de décoration des lieux nous ont pris 15 jours, du 1er au 15 août”, explique l’animateur du groupe. Une besogne selon lui “qui a nécessité la mobilisation de pas moins de dix personnes, dont sept sont venues de Ouargla, deux de Béjaïa et un de Tizi Ouzou”.

Même avec des salaires motivants, les sans-emplois fuient les offres de travail proposées par les secteurs de l’agriculture et du bâtiment et l’espoir ne sera que plus mince encore, si on se met à chercher des bénévoles pour des tâches de même nature. C’est normal. Qui accepterait sans recevoir en contrepartie aucun sou, de décharger des mètres cubes de sable, de déplacer une benne de briques sur 4 ou 5 étages, ou d’approvisionner en eau tout un chantier en jerrican ?… Apparemment personne. C’est ce que tout le monde croit, eh bien non… Car non seulement ces gens utiles genre “homme à tout faire” existent et répondent à chaque fois qu’on les sollicite, mais c’est eux-mêmes qui cherchent les places nécessitant “des coups de main”. Ceux-ci activent dans un cadre organisé au sein d’une association appelée Touiza, laquelle grâce à son implantation dans pratiquement les 48 wilayas que compte le pays intervient dans des tâches de restauration, de réhabilitation et d’embellissement de site d’utilité publique.

Pour la désignation des chantiers, l’association fait confiance à ses “militants de base”, lesquels entreprennent des démarches en direction des APC et d’un commun accord, déterminent la place ainsi que les travaux à apporter. C’est de cette manière que ces “dégourdis” de Touiza ont procédé avec le chantier mitoyen du stade communal de Lakhdaria, un espace que la Protection civile a restitué à la commune, après l’avoir occupé des années durant dans l’exercice de sa mission. “Les travaux d’entretien, de revêtement et de décoration des lieux nous ont pris 15 jours, du 1er au 15 août”, explique l’animateur du groupe. Une besogne selon lui “qui a nécessité la mobilisation de pas moins de dix personnes, dont sept sont venues de Ouargla, deux de Béjaïa et un de Tizi Ouzou”. En fait, ce qui était convenu de faire c’est de convertir — sans dénaturation aucune — l’endroit récupéré en dortoir de plusieurs chambres, en vue de les affecter aux joueurs des équipes visiteuses — ainsi qu’aux locaux — dont les domiciles sont éloignées. Bien sûr, pour que ces bénévoles mènent à bien leur rôle, il a fallu l’attention et une entière disponibilité du gestionnaire de l’APC, lequel tient à souligner Rachid de Touiza, “n’a ménagé aucun effort pour assurer les fournitures nécessaires à l’accomplissement d’une telle entreprise”, ajoutant que “durant tout cet engagement, l’APC n’a pas manqué de prendre en charge nos repas de midi et du soir, les douches après le travail ainsi qu’une sortie sur la plage de Seghirat de Boumerdès”. Toutefois, des désagréments il y en a eu d’après lui : “Les douches des vestiaires du stade mises à notre disposition ont connu des ruptures d’eau à trois jours de l’achèvement du contrat”, ou encore, “on a voulu mettre fin à notre intervention à trois jours du délai d’engagement”.

A. Chérif

dd kabylie

L’IB Lakhdaria a tenu son AGE
Goura réélu à la présidence du CSA/IBL

Le Centre culturel de Lakhdaria a abrité cette fin de week-end la dernière phase du renouvellement des instances dirigeantes du CSA/IB Lakhdaria. En effet, après avoir entamé son assemblée générale ordinaire au niveau de la salle de délibération de l’APC, l’adoption des deux bilans moral et financier, l’assemblée est passée à l’installation de la commission de candidature, conformément aux statuts et règlement, chargée de recueillir les éventuelles candidatures au poste de président du CSA dont le mandat est arrivé à terme. Comme attendu par de nombreux observateurs de la vie sportive, Brahim Goura, seul candidat au poste de président s’est succédé à lui-même, au grand dam d’une opposition qui a éclaté avant terme, lors de l’assemblée générale élective qui s’est déroulée en présence de représentants de la DJS de la wilaya de Bouira. Ensuite, les 61 membres de l’Assemblée générale sur les 67 inscrits ont dégagé par voie électorale les membres composant le bureau exécutif.

Ath Mouhoub