Al-Qaïda en guerre contre l’Islam

Immersion analytique dans les méthodes de l’organisation terroriste

Al-Qaïda en guerre contre l’Islam

L’incroyable détournement des valeurs de l’Islam par Al-Qaida est perpétré avec un zèle néophyte et une intolérance sectaire. L’immense richesse du Coran est réduite à un nombre limité de versets, révélés lors des batailles menées par le Prophète Mohammed contre les polythéistes de La Mecque. Ces citations sont sorties de leur contexte et, souvent tronquées, elles sont assénées en boucle sur un mode catégorique.

Je tiens d’abord à remercier la Casa Arabe, et tout spécialement sa directrice Gema Martín Muñoz, de m’avoir invité à m’exprimer à cette tribune exceptionnelle de dialogue et d’échange. Je suis très honoré de siéger à côté d’elle, ainsi qu’à côté de Felipe Sahagún, dont les analyses des réalités internationales font autorité, tant dans le domaine universitaire que médiatique. Et je suis très heureux de parler devant vous, qui m’avez fait l’honneur de venir aussi nombreux ce soir en cette Sala de Juntas.

Je vais m’efforcer de vous décrire les ressorts de la véritable guerre d’Al-Qaida contre l’Islam et les Mu-

sulmans.

Al-Qaida mène depuis plus de dix ans une guerre implacable contre l’Islam contemporain. Elle a beau désigner à la hargne de ses partisans et de ses kamikazes « l’ennemi lointain », l’Amérique et autres « judéo croisés ». Sa cible stratégique reste « l’ennemi proche » et musulman, les régimes dénoncés comme corrompus et « impies », mais surtout les peuples accusés d’avoir dévoyé, voire trahi l’Islam. L’écrasante majorité des victimes de la terreur d’Al-Qaida sont musulmanes. Et la guerre d’Al-Qaida contre les valeurs et les fondamentaux de l’Islam est à tous points de vue une guerre sans merci, qui n’est malheureusement pas assez mise en lumière dans nos sociétés.

I. La guerre contre les valeurs

Il est impossible de comprendre la profondeur du travail de sape mené par Al-Qaida contre les fondamentaux de l’Islam sans insister sur l’inculture religieuse qui prévaut dans la hiérarchie de l’organisation. Oussama Ben Laden n’a jamais achevé ses études de gestion en Arabie saou-

dite. Ayman Zawahiri, son adjoint, est certes diplômé de l’Université du Caire, mais en médecine. Mustapha Settmariam Nassar, le jihadiste syrien, naturalisé espagnol, et plus connu sous son nom de guerre d’Abou Moussab al-Souri (le Syrien), n’a effectué que des études d’ingénieur. Quant à Zarqaoui, il n’a jamais atteint le niveau du baccalauréat.

Les dirigeants d’Al-Qaida n’ont donc pas suivi de formation théologique particulière et leur connaissance de l’Islam se limite à un corpus d’une grande pauvreté, mais d’un accès relativement aisé. Leur production idéologique présente dès lors toutes les caractéristiques et tous les travers des constructions autodidactes, où l’accumulation des citations masque très souvent le contenu répétitif. Le seul cadre d’Al-Qaida à avoir un bagage religieux, d’ailleurs modeste, est Mohammed Hassan, dit Abou Yahya al-Libi (le Libyen), qui a consacré quelques années à des études islamiques en Mauritanie. Mais son aura actuelle tient moins à cette légitimité toute relative qu’à son évasion spectaculaire de la prison américaine de Bagram, en

Afghanistan, en juillet 2005. Abou Yahya al-Libi intervient désormais régulièrement sur les sites jihadistes, en écho et en contrepoint des harangues de Zawahiri aux Musulmans du monde entier. Tous ces chefs d’Al-Qaida, qu’il s’agisse de Ben Laden, de Zawahiri, ou même du défunt Zarqaoui, se sont attribués le respectable titre de « cheikh », afin de s’imposer dans le champ religieux , où leur absence de crédit est pourtant incontestable.

A. Le détournement de l’Islam

L’incroyable détournement des valeurs de l’Islam par Al-Qaida est perpétré avec un zèle néophyte et une intolérance sectaire. L’immense richesse du Coran est réduite à un nombre limité de versets, révélés lors des batailles menées par le Prophète Mohammed contre les polythéistes de La Mecque. Ces citations sont sorties de leur contexte et, souvent tronquées, elles sont assénées en boucle sur un mode catégorique.

Le même processus de sélection agressive est opéré avec la sunna, ce considérable patrimoine de dizaines de milliers de hadiths, ces traditions rapportées par les compagnons du Prophète, et compilées durant les deux premiers siècles de l’Islam. Là encore, seule une centaine de hadiths, toujours les mêmes, échappe à l’exclusive d’Al-Qaida, qui ne craint pas de s’appuyer sur des hadiths dits « faibles » dans la scolastique islamique, car leur chaîne de transmission (isnâd) est particulièrement discutable.

Prenons l’exemple d’un hadith que Ben Laden et ses partisans répètent à satiété : « Si la base de l’Islam est la prière, son sommet est le jihad ». De cette phrase attribuée au Prophète, Al-Qaida déduit toute une

construction normative qui aboutit à renverser les cinq piliers de l’Islam : la profession de foi, la prière, le jeûne du Ramadan, le pèlerinage à La Mecque et l’aumône de la zakat constituent en effet les cinq obligations canoniques de tout Musulman depuis la révélation coranique, mais Al-Qaida prétend que le jihad s’impose individuellement à chaque Musulman comme le « sommet » d’une pratique, dont la prière serait la « base ». Il est frappant de constater que les jihadistes, drapés dans leur orthodoxie supposée, re-

joignent là le premier des schismes de l’Islam, celui des kharijites, ces « sortants » qui ont refusé en 657 la conciliation entre sunnites et chiites.

Le dogme kharijite a en effet érigé le jihad en sixième pilier de l’Islam, aux côtés des cinq obligations communes aux sunnites comme aux chiites. Le sunnisme exacerbé et intolérant d’Al-Qaida retrouve ainsi par-delà les siècles l’hérésie de l’aube de l’Islam, marquée, déjà, par un terrorisme sanglant : le calife Ali, cousin et gendre du Prophète, a été assassiné par un militant kharijite en 661.

Mais Al-Qaida ne se borne pas à piller l’extraordinaire patrimoine de la tradition islamique pour n’en retenir que les phrases qui lui conviennent et les charger d’un sens indu. Elle s’emploie aussi à invalider les traditions qui contredisent trop ouvertement ses options subversives. Elle s’acharne particulièrement contre le hadith selon lequel le Prophète, au retour de sa dernière expédition militaire, à Tabouk en 630, a distingué le « petit jihad », militaire et somme tout aisé, du « grand jihad », la lutte spirituelle que doit mener chaque Musulman pour extirper son démon intérieur. Cette tradition a nourri des siècles de mysticisme musulman et de spéculation ésotérique, elle est révérée par les différentes confréries soufies comme par les ordres contemplatifs de l’Islam. Mais Al-Qaida consacre des pages entières à la réfutation de ce hadith, de même qu’elle combat par la violence le soufisme sous toutes ses formes.

Car c’est sur le terrain du jihad qu’Al-Qaida concentre l’essentiel de son terrorisme intellectuel. Là comme ailleurs, elle applique la politique de la terre brûlée pour détruire le fruit de siècles de réflexion islamique et édicter, sur de telles ruines, ses propres injonctions. Le jihad, terme issu de la racine arabe j-h-d, correspondant à l’effort, signifie « l’effort déterminé en vue d’un but » et n’a pas de connotation directement guerrière. A peine mentionné dans le Coran, le jihad y inclut l’ensemble des modes d’assistance et d’accompagnement des Musulmans « sur la voie d’Allah ».

C’est la pratique du Prophète durant le conflit entre La Mecque et Médine, de 624 à 630, qui confère au jihad sa dimension militaire. Et la formidable expansion de l’Islam en un siècle, des Pyrénées à l’Indus, est incontestablement le fruit du jihad.

La stabilisation des frontières de l’Islam entraîne la formalisation juridique du jihad, aux IX ème et X ème

siècles : le jihad offensif, ou jihad de conquête, ne peut être accompli que sous la direction du calife ou de ses représentants, et avec des chances raisonnables de succès ; le jihad défen sif doit prévaloir lors d’une agression contre la communauté musulmane, soit en cas d’occupation d’un de ses territoires. En tout état de cause, le jihad est une obligation collective (fardh kifâya), qui ne peut être édictée que par les oulémas, les docteurs de la loi, et dont une partie de la communauté peut s’acquitter au nom de l’ensemble du groupe. Les derniers jihads de conquête se sont déroulés au XVIIème siècle sous la conduite de l’Empire ottoman, en Europe orientale, et de l’Empire moghol, en Inde méridionale.

Le jihad offensif, mené par des unités constituées et élitistes, est depuis tombé en désuétude, alors que le jihad défensif, à la faveur de l’expansion coloniale, a pris une nette dimension populaire de résistance nationaliste, sous la direction de personnalités charismatiques, depuis l’émir Abdelkader en Algérie jusqu’au commandant Massoud en Afghanistan. Ces treize siècles de pratique et d’évolution du jihad s’accompagnent de l’élaboration d’une forme de droit de la guerre islamique, qui distingue scrupuleusement les adversaires militaires des civils à épargner, et qui fixe un certain nombre

d’interdits absolus. Cette tradition vivante et enracinée est tout simplement balayée par Al-Qaida et son jihad global, qui rompt le lien avec un peuple et un territoire pour se projeter dans une communauté (oumma) abstraite et mondialisée.

Le « Front islamique mondial du jihad contre les Juifs et les Croisés », que Ben Laden et Zawahiri établissent en 1998, appelle « tout Musulman croyant en Allah et souhaitant être récompensé par lui à obtempérer à l’ordre d’Allah de tuer les Américains et de piller leurs biens en tout lieu où il les

trouve et à tout moment où il le pourra ». Le jihad, devoir collectif de Musulmans organisés sur leur terre, est ainsi transformé en un impératif individuel (fardh ‘ayn) contraignant en tout temps et en tout lieu. Al-Qaida va encore plus loin dans le même manifeste en abolissant toute distinction en tre civils et militaires, voire entre Américains et alliés : « Tuer les Améri cains et leurs alliés, qu’ils soient civils ou militaires , est un devoir qui s’impose à tout Musulman qui le pourra, dans tout pays où il se trouvera ».

En quelques lignes, Al-Qaida a mis à bas un millénaire de jurisprudence islamique. Elle a opéré ainsi un radical détournement d’un des concepts majeurs de l’Islam, le jihad, en l’investissant d’un sens inconnu dans l’Histoire.

Ce coup d’éclat n’était que la première étape d’une offensive en règle qui n’a épargné aucune des valeurs de l’Islam. Al-Qaida fustige régulièrement les « oulémas de cour », qu’elle accuse d’être soumis à des régimes corrompus, et elle leur oppose la rectitude supposée des « oulémas du jihad », dont nous avons vu l’absence de toute culture théologique. Zawahiri est à cet égard le plus prétentieux, qui se permet de défier le grand mufti d’Arabie saoudite, le cheikh Abdelaziz Ben Baz (1909-1999) et sa légitima-

tion islamique de la participation parlementaire : cette fatwa du cheikh Ben Baz conduit à l’arrêt du jihad contre les tyrans qui gouvernent sans se soucier de la loi révélée. En permettant de suivre la voie démocratique, le cheikh a ouvert aux Musulmans la porte du renoncement à ce jihad qui est une obligation individuelle, et même il le combat. C’est pourquoi son avis légal est déplorable du point de vue religieux, maintenant et dans l’avenir. Nous demandons donc à Allah qu’Il lui inspire de revenir sur cette fatwa.

Le même Zawahiri va plus loin en accusant de trahison tous les gouvernements musulmans… pour avoir intégré l’ONU : « les Nations Unies sont une institution internationale impie, dont il ne faut pas être membre, à l’arbitrage de laquelle il ne faut pas se fier, car elle repose sur le rejet de la loi révélée ».

Il serait fastidieux de multiplier les exemples de l’arrogance dogmatique d’Al-Qaida. Elle a trouvé dans l’Internet son mode privilégié de diffusion, car la simplicité redoutable de ses injonctions et le caractère hypnotique de ces messages s’adaptent remarquablement à l’univers cybernétique.

Les services spécialisés et les opinions occidentales s’inquiètent légitimement de la vulgarisation par la toile de toute une panoplie de techniques terroristes. Mais la dimension dogmatique de ce « cyberjihad » n’est pas moins angoissante, car la dissolution des repères moraux de l’Islam aboutit à souvent à un véritable appel au meurtre. La population ciblée est justement dépourvue de la culture islamique qui permet de résister à un tel pilonnage intellectuel. L’exil intérieur de militants radicalisés par Internet, et sur une base individuelle, est sans doute un des périls les plus sérieux engendrés par la guerre d’Al-Qaida contre l’Islam.

Le cyberjihad devient ainsi le médium privilégié où Al-Qaida martèle la légitimité dogmatique de son jihad global. Le défi est de taille pour une organisation pratiquement dépourvue d’encadrement religieux (les différents « cheikhs » y sont auto-proclamés), dont la subversion planétaire marque une rupture avec quatorze siècles de tradition islamique. Pour promouvoir ce jihad aussi global qu’offensif, Al-Qaida diffuse en boucle une poignée de citations extraites de leur contexte et inonde la toile d’incitations homicides.

B. La récupération de l’Histoire

L’autre guerre symbolique menée par Al-Qaida contre l’Islam est celle de l’accaparement et de la réécriture de l’histoire musulmane. L’épopée prophétique, d’une densité inouïe, riche en retournements, ralliements et coups de théâtre, est ramenée à une succession de batailles impitoyables, où l’intervention divine a toujours entraîné le triomphe final des croyants. Ben Laden, lors de ses premières expéditions en Afghanistan en1987-1989, joue explicitement sur le registre de l’hégire armée, ses compagnons étant appelés les Ansar-s, tout comme ceux de Mohammed à Médine. Le chef d’Al-Qaida cultive l’imitation de la figure prophétique dans son style vestimentaire et oratoire. Le 11-Septembre est comparé à la bataille de Badr, la première victoire musulmane en 624 (le 11 avril 2007, « Al-Qaida au Maghreb Islamique »/AQMI qualifiera de « Badr du Maghreb » le triple attentatsuicide d’Alger). L’écrasement du sanctuaire taliban à l’automne 2001 renvoie dans la thématique jihadiste à la défaite du Prophète à Ohod en 625.

Mohammed Atef, parent par alliance de Ben Laden, et chef opérationnel d’Al-Qaida sous le nom d’Abou Hafs al-Masri (l’Egyptien), périt dans les bombardements américains, tout comme Hamza, oncle du Prophète, tomba en martyr à Ohod. C’est sous couvert des « brigades d’Abou Hafs al-Masri » qu’Al-Qaida revendique les attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Le jihad médiéval contre les Croisades au XIIème

siècle est, lui aussi, revisité par Al-Qaida, qui en calibre un récit au futur antérieur pour les besoins de sa propagande. Ben Laden et Zawahiri célèbrent les figures de Noureddine, pour son unification des rangs musulmans, et de Saladin, pour sa reconquête de Jérusalem, sans jamais mentionner que la bataille fut autant politique que militaire. Quant à la chute de Bagdad en 1258, elle est reconstruite dans l’esprit du conflit en cours en Irak : les Américains sont dépeints sous les traits de Mongols modernes et leurs alliés chiites sont accusés de trahir aujourd’hui l’Islam, tout comme ils auraient trahi le califat abbasside. A sept siècles et demi d’intervalle, Al-Qaida feint de croire que l’Histoire se répète entre le Tigre et l’Euphrate, tandis que sa propagande associe les dirigeants chiites aux collaborateurs « hérétiques » des Mongols.En revanche, les commandants jihadistes appellent volontiers leurs « bataillons » et autres « brigades » du nom de grands moujahidines du MoyenAge.Al-Qaida se vante de pouvoir rétablir l’Islam de ses rêves « de Kashgar à Grenade », un espace immense qui n’est demeuré unifié, sous une tutelle omeyyade d’ailleurs fort lâche, que brièvement au cours du VIIIèmesiècle. L’Andalus, soit la péninsule ibérique autrefois musulmane, doit être reconquise, selon le principe aberrant d’une « islamité » éternelle de toute terre qui fut un jour musulmane (Al-Qaida prétend ainsi rétablir le sultanat de Pattani dans le sud de la Thaïlande, mais reste à ce stade muette sur la Sicile). L’Andalousie, sur l’histoire de laquelle Ben Laden et Zawahiri sem-

blent avoir des idées très vagues, est invoquée du fait de sa puissance symbolique et mobilisatrice (Al-Qaida ne revendique pas les attentats d’Atocha au nom d’une Andalousie hors du temps, mais dans le cadre « des règlements de compte anciens avec l’Espagne croisée, alliée à l’Amérique dans sa guerre contre l’Islam »). Enfin, l’idée de la coexistence inter-religieuse, au cœur du rayonnement de l’Andalousie, est combattue avec acharnement par Al-Qaida. Zawahiri a consacré tout un pamphlet à l’obligation de « rupture » avec les « infidèles », qu’ils soient juifs ou chrétiens, avec interdiction de tout lien d’intimité et exclusion de toute position « de confiance », dans la perspective de leur expulsion ou de leur conversion.

Al-Qaida a très tôt su mobiliser les ressources de la toile dans sa perspective de subversion globale. Elle y a trouvé les moyens de compenser ses faiblesses objectives en donnant l’illusion d’une ubiquité planétaire etd’une extraordinaire capacité d’intervention. L’effet d’écho est particulièrement recherché entre les différentes implantations d’Al-Qaida, un attentat de l’ex-GSPC étant par exemple salué par le mollah Omar, « l’Etat islamique d’Irak » ou un porte-parole jihadiste en Arabie. Ce processus d’amplification

est entretenu par la diffusion d’un flux régulier de documents visuels à fonction d’édification (discours politiques, cérémonies d’allégeance, célébrations militaires,…) ou de sidération (images d’attaques ou d’attentats réussis, supplices filmés au plus près,…). Quelque quatre mille cinq cent sites jihadistes participeraient aujourd’hui directement à ce réseau de propagande, sans compter les relais involontaires ou passifs. Ayman Zawahiri, qui est le véritable idéologue de l’organisation, considère que le « jihad médiatique » représente « plus de la moitié » de la guerre globale. Al-Qaida a dès lors développé sa propre société de production, Al-Sahab (dont elle prête les services à ses alliés talibans), et elle a très sensiblement amélioré la qualité de ses enregistrements. Elle a également constitué un « front global, islamique et médiatique », qui a diffusé quatre cents documentaires multilingues en 2003-2005 et a au moins dou-

blé sa production pour la seule année 2006. L’Irak fournit un réservoir inépuisable d’images ultra-violentes, où les jihadistes, toujours victorieux, s’acharnent sur des adversaires lâches ou impuissants. Des sélections des meilleurs « clips » du jihad anti-américain sont régulièrement mises en ligne sous le titre de « top ten » (sic).

Quant à Zawahiri, il utilise cette tribune virtuelle pour s’adresser pratiquement chaque mois à la « nation musulmane ». Il intervient sur toutes les crises de l’heure, y compris sur celles où Al-Qaida n’a aucune prise.

C’est ainsi qu’il fustige le Hamas pour avoir accepté de participer à des élections et pour avoir abandonné « la Palestine aux Juifs ». De la Mauritanie aux Philippines, Zawahiri égrène diktats et exhortations, afin d’accréditer la fiction d’une omniprésence d’Al-Qaida. Abou Yahia al-Libi, de plus en plus

présent sur la scène médiatique, n’est jamais avare en sommations à l’encontre des « frères » irakiens ou palestiniens. Quant à « l’Etat islamique d’Irak », il a son propre « Ministère de l’Information », dont la télévision en ligne, « La Voix du califat », sous-titrée en anglais, a émis au début de 2007.

Le Jour d’Algérie. M.Merkouche

Advertisements

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s