La PME, comme alternative économique du pétrole

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Bouira, petites et Moyennes entreprises et Artisanat
La PME, comme alternative économique du pétrole

La Petite et Moyenne entreprise constitue à l’instar des pays étrangers tels que l’Italie, la Turquie et le Canada, une véritable locomotive de développement en matière de création de richesses et d’emploi.

Conscient de l’importance du développement de ces entreprises, un département ministériel a été mis place afin d’accompagner ces dernières.

Ainsi, le secteur de la PME est chargé essentiellement de l’animation économique, il ne constitue nullement un organe de puissance publique. De ce fait, il intervient dans l’accompagnement de la petite et moyenne entreprise, en apportant différents soutiens à même de pallier aux principaux problèmes que rencontrent l’entreprise dans son évolution.

Le Fonds de garantie (FGAR), une bouée de sauvetage pour les PME

Il s’agit de soutenir les entreprises qui présentent une insuffisance de garantie et par conséquent une difficulté dans l’accès aux crédits bancaires à travers un Fonds de garantie dédié aux PME. Ce dispositif intervient en apportant la garantie qui fait défaut à l’entreprise.

Mis en place en 2003, le Fonds de garantie contribue au financement lorsqu’un porteur de projet sollicite une banque pour un investissement précis pour avoir un crédit bancaire et qu’il ne dispose pas suffisamment de garantie. Le Fond de garantie soutient aussi bien la création de l’entreprise, soit au niveau de sa rénovation ou au niveau de son extension.

Concernant la wilaya de Bouira, à la fin juin 2008, sept (07) PME ont bénéficié de l’aide du FGAR pour un montant global de 192.830.580 DA de garantie permettant la création de 252 emplois supplémentaires. Parmi ces sept entreprises, (05) ont pu réaliser des extensions et deux ont renouvelé leurs équipements. La wilaya de Bouira se distingue dans le secteur de la PME par les branches du bâtiment et des travaux publics, de l’agriculture et du commerce, qui prédominent par le nombre d’unités. L’engouement des investisseurs vers le secteur du bâtiment et des travaux publics est dû en grande partie à la construction neuve, dopée par les différents programmes de développement dont a bénéficié la wilaya. Ainsi, à l’instar des trimestres précédents, le nombre de PME activant dans le BTP continue à augmenter du fait de l’ouverture de plusieurs chantiers dans la région.

Favorisé par les potentialités agricoles de la région, l’agroalimentaire représente également une proportion importante. On peut y relever de nombreuses unités de production d’huile d’olive propulsées par l’expansion de la culture d’oliviers. L’agro-pastoral aussi peut être développé dans le sud de la wilaya où prédomine l’élevage ovin.

La PME doit s’armer face à l’ouverture du marché

Afin de préparer les PME à affronter la concurrence internationale imminente avec l’ouverture du marché qui est en cours, un programme national de développement de la PME a été conçu. Il s’agit d’un ensemble de mesures qui ont pour objectif principal de faire atteindre les entreprises algériennes aux normes internationales. Dans ce cadre, plusieurs actions de formation sont prévues, elles cibleront entre autres le management, le marketing, la comptabilité, l’organisation… Le problème majeur rencontré par les PME est le défi que doit relever ces dernières face à l’ouverture du marché. En effet, après l’adhésion de l’Algérie à l’Union européenne et sa future adhésion à l’OMC, en l’absence de protections tarifaires au niveau des frontières, le produit algérien d’ici l’ouverture du marché total se vendra comme un produit étranger. Pour cela, il faut que les produits algériens atteignent une qualité égale, si ce n’est supérieure par rapport aux autres produits concurrentiels. Chose qui doit se faire en passant par la mise à niveau des PME pour éviter l’anéantissement de ces entreprises. C’est dans ce sens que l’Etat est intervenu, dans un premier lieu, avec le programme MEDA de mise à niveau, conçu en partenariat avec l’Union Européenne. Ce programme étant achevé en 2007, il a été relayé par le programme national de mise à niveau.

Programme national de mise à niveau : un dispositif mieux adapté

Depuis janvier dernier, c’est un programme national de mise à niveau qui vient de prendre le relais. Un programme qui répond mieux au besoin algérien étant donné qu’il prend en considération les activités de services par rapport au programme précédent. En plus de ce fait, ce nouveau programme inclut les entreprises ayant pour effectif 10 personnes et peut selon le cas prendre en charge des entreprises d’un effectif inférieur en touchant à toutes les activités.

Une efficacité certaine pour atteindre les objectifs ciblés, à savoir concurrencer le marché international par des produits de qualité. Il faut savoir que 95% des PME, aussi bien au niveau national qu’à Bouira, sont des micros entreprises, c’est-à-dire que leurs effectifs sont inférieurs à 10 employés. La wilaya de Bouira compte actuellement 5 428 PME réparties dans différentes branches d’activités, ce qui nous place légèrement en dessous de la moyenne nationale par rapport à d’autres wilayas. A propos de l’ancien programme MEDA, il y eu l’adhésion de 14 PME à la fin décembre 2007. Par contre, dans le cadre du programme national de mise à niveau lancé en janvier 2008, 25 entreprises ont adhéré à ce dispositif à la fin du mois de juin 2008. Un dispositif qui suscite un engouement certain.

Mise à niveau des huiliers de Bouira, une priorité pour la Direction de la PME et de l’Artisanat de Bouira

Dans ce cadre de la sensibilisation, la Direction de la PME et de l’artisanat de la wilaya de Bouira a opté pour deux approches : une approche individuelle qui ciblera l’entité ‘’entreprise’’ et une approche collective qui ciblera un ensemble d’entreprises groupé en association. Pour cette deuxième approche, la DPMEA de Bouira a octroyé la priorité aux huileries de part leur important potentiel à l’exportation. A cette finalité, une vaste opération de sensibilisation a été réalisée par les services de la DPMEA qui a abouti en 2008 à la création d’un groupement à l’export. Rendues ainsi éligibles au programme de mise à niveau, ces huileries peuvent désormais solliciter l’Agence nationale de mise à niveau pour bénéficier d’un accompagnement personnalisé. Cet accompagnement interviendra à tous les niveaux de l’activité aussi bien au niveau de la production, que de la transformation et la commercialisation et surtout l’accompagnement à l’exportation qui représente l’objectif final de cette mise à niveau.

Un fonds qui permet de financer l’équipement des artisans

Le ministère de la PME et de l’Artisanat s’est doté d’un Fonds spécial afin de promouvoir les activités artisanales traditionnelles. Dans ce cadre, cent cinquante (150) artisans de la wilaya de Bouira ont pu acquérir un équipement pour exercer leur activité dans les domaines de la vannerie, la tannerie, la poterie, le tissage, l’habit traditionnel, et la bijouterie. L’artisanat se distingue en trois domaines bien distincts : L’artisanat de production de biens, de production de services et l’artisanat. Fin juin 2008 : 1811 artisans étaient enregistrés répartis sur ces trois domaines.

Cap sur l’emploi durable

La directrice de la PME et de l’artisanat de la wilaya de Bouira, Mme Baya Heriouk s’est tracée un ambitieux programme pour développer son secteur tout en misant sur les potentialités de la wilaya. Cependant, même si l’agriculture est un atout non négligeable pour l’essor économique de la wilaya , le secteur du bâtiment est aussi un marché qui se révèle assez lucratif pour les PME de Bouira. C’est toutefois ce que nous apprend notre interlocutrice qui révèle que sur les 5 428 PME de la wilaya, 1 437 d’entre elles activent dans le secteur du bâtiment en employant 10 423 personnes. Au total et dans les différentes branches d’activité, pas moins de 96868 employés dépendent directement des PME. Comparativement aux dernières années et plus précisément avant l’installation de Mme Baya Heriouk à la tête de la Direction de la PME de Bouira, les chiffres démontrent que jusqu’à fin 2005, seulement 4 086 avaient été créées. C’est-à-dire qu’en presque trois années, une évolution de 1 342 PME a été enregistrée et, ainsi, 4 526 emplois ont été générés.

Afin de sensibiliser et d’informer les jeunes étudiants en fin de cursus qui sont issus de la formation professionnelle ou universitaire sur les mesures préconisées par l’Etat en matière de promotion de l’investissement, des rencontres ont été organisées par les services de la DPMEA à travers toute la wilaya et ont réuni environ 1 800 jeunes étudiants. Ainsi, des explications ont été apportées sur les différents dispositifs de création d’emploi et le programme du président de 100 locaux par commune permettra également la création de nombreux emplois à travers le territoire de la wilaya.

De même que pour les infrastructures d’appui du secteur, en l’occurrence la maison de l’artisanat, le centre de facilitation des PME et la pépinière d’entreprises.

H. B

Trois infrastructures d’appui à la Pme et à l’Artisanat pour la wilaya de Bouira

Dans le cadre du programme spécial des Hauts Plateaux, la wilaya de Bouira a bénéficié de trois grands projets. Une maison de l’artisanat, un centre de facilitation et une pépinière d’entreprises.

Le centre de facilitation de par sa vocation a été délocalisé au chef-lieu de wilaya. Ce Centre d’investissement sera doté de trois départements et devra accompagner les porteurs de projets dans leur action d’investissement. Ainsi, un département de la promotion et de développement de la PME , un service de l’administration générale et un département de l’animation et de la communication assureront les différentes étapes d’accompagnement.

La réalisation de la maison de l’artisanat à Sour El Ghozlane a pour objectif premier d’offrir un espace aménagé sous forme d’ateliers-boutiques afin de faciliter aux artisans la commercialisation de leurs produits, mais aussi de leur permettre d’accéder à une formation adéquate, toutes activités confondues, de même pour la pépinière d’entreprises, qui sera mitoyenne à la maison de l’artisanat. Cette pépinière accompagnera les porteurs de projets, les PME, en leur attribuant un local et en les faisant bénéficier d’un accompagnement permanant dans leur évolution. En venant uniquement avec ses idées, le porteur de projet aura à sa disposition un équipement et les moyens logistiques nécessaires pour exercer son activité dans les meilleurs conditions.

Il bénéficiera d’un secrétariat courant avec d’autres porteurs de projets, une médiathèque pour la documentation, une salle de conférence, une salle de réunion et une salle de reprographie. Les porteurs de projets auront le droit également à des formations permanentes en comptabilité, management et toutes autres formations nécessaires à un futur chef d’entreprise. Le porteur de projet sera aussi accompagné en matière de commercialisation et prospection du marché. Au bout d’une, deux, voire trois années, le chef d’entreprise pourra alors quitter la pépinière pour ouvrir son propre local. Ces aides à la création permettront sans nul doute d’éviter les nombreuses radiations des registres du commerce et des cartes d’artisans enregistrées ces dernières années.

Un site web dédié aux entrepreneurs

La direction de la PME et de l’Artisanat de la wilaya de Bouira s’est doté d’un site web http://www.pmeabouira.com pour donner plus d’impact et d’envergure à ses différentes actions d’informations, de communications et de sensibilisations. Dédié entièrement à l’interaction et la communication entre les entreprises et les intervenants sur le terrain, le site présente plusieurs fonctionnalités dans différentes rubriques telles la sous-traitance, les programmes de soutien à la PME, les statistiques, le guide de l’investisseur et autres informations utiles aux porteurs de projets.

Le tapis de Guerrouma remporte le premier prix au Salon de l’artisanat à Bruxelles

En pleine décennie terroriste, Mme Menamani s’est illustrée en représentant dignement les couleurs de l’Algérie au niveau international. C’est en effet à Bruxelles, à des milliers de kilomètres de Guerrouma, sa région natale, que Mme Menasrani a obtenu le premier prix de l’artisanat parmi l’ensemble des pays présents à cette manifestation, notamment l’Iran, réputé pour ses tapis persans. Le tapis de Guerrouma a effectivement cette spécificité d’être d’une qualité extrême en plus des couleurs chatoyantes propres à cette tapisserie. Une bien belle récompense pour l’Algérie mais qui est passée malheureusement inaperçue pendant que le pays pansait ses blessures.

Hafidh Bessaoudi

Entretien avec Mme Baya Heriouk, directrice de la PME et de l’artisanat de la wilaya“On compte quelque 5 428 PME à Bouira”

La Dépêche de Kabylie : Le nouveau programme national de mise à niveau a-t-il connu un enthousiasme auprès des PME de Bouira?

Mme Baya Heriouk : A Bouira, on compte actuellement 5 428 PME réparties dans différentes branches d’activité, ce qui nous place légèrement en dessous de la moyenne nationale par rapport à d’autres wilayas. A propos de l’ancien programme MEDA, il y a eu l’adhésion de 14 PME à fin 2007. Par contre, dans le cadre du programme national de mise à niveau lancé en janvier 2008, 25 entreprises ont adhéré à ce dispositif à la fin du mois de juin. Pour la plupart de ces PME, elles activent dans le secteur du bâtiment car nous avons un programme spécial pour les entreprises du bâtiment. Un exemple concret quant aux PME prodiguant des activités de services qui sont devenues éligibles, l’hôtel Royal de Bouira. La semaine dernière, un expert de l’Agence nationale de mise à niveau est venu établir un diagnostic de cet établissement.

Existe-t-il d’autres secteurs clés hormis celui du bâtiment ?

En tant que directrice de la PME et de l’artisanat, j’ai opté pour deux approches. Une approche individuelle pour chaque entreprise et une approche collective par association. Pour cette seconde approche, j’ai contacté les propriétaires d’huilerie de Bouira qui détiennent un registre du commerce, donc des PME, ils sont à peu près 80. J’ai opté pour une opération de sensibilisation très vaste puisque je les ai réunis pour une opération de groupement à l’export. Dans l’ancien programme MEDA, j’avais pris cette initiative, c’était en 2006, mais on nous a répondu qu’ils n’étaient pas éligibles car cette activité est saisonnière. Maintenant, ils ont leur agrément et ils devront, avec un consultant de l’Agence de mise à niveau, arrêter un plan de développement de filière. Ce n’est plus une approche par huilerie mais par filière, et nous pourrons ainsi étudier tous les aspects inhérents à cette activité en incluant même les oléiculteurs, car pour avoir une huile de qualité, il faut d’abord une olive de qualité. Nous accompagnerons ainsi la partie qui se trouve en amont. Stockage, conditionnement et même des aides à l’exportation sont des mesures prévues pour les huileries de Bouira qui ont pour objectif l’exportation de leur produit. Des aides pour l’exportation de l’huile d’olive existent, mais c’est surout pour une huile de qualité répondant aux exigences du marché international. C’est une panoplie de mesures vraiment très large qui est mise en place à travers ce programme.

De nombreuses cartes d’artisan sont rendues chaque année à Bouira, comment expliquez-vous cela ?

Ce n’est pas un phénomène typique à Bouira ni en Algérie d’ailleurs, c’est le cas un peu partout dans le monde. Si l’artisan n’est pas suffisamment qualifié pour activer ou écouler son produit, il se dirige vers la radiation de sa carte. Je le dis et je le répète c’est un phénomène international . Les jeunes qui veulent créer leur entreprise doivent justement faire preuve de plus d’audace afin de réussir et de créer par la même des emplois.

La direction de la PME et de l’artisanat de Bouira insiste sur le fait que les jeunes doivent être plus entreprenants, mais surtout qu’ils doivent être qualifiés dans leur domaine d’activité qu’ils auront choisi. Qu’ils optent pour un projet en allant de l’avant. L’ANSEJ, la CNAC, l’ANGEM ou l’ANDI sont autant de dispositifs qui peuvent répondre à leurs investissements pour réaliser leurs projets.

Ou en est l’artisanat à Bouira ?

En matière d’artisanat à Bouira, nous avons un certain nombre de mesures d’accompagnement. Le ministère de la PME et de l’artisanat s’est doté d’un fonds. Nous proposons outre l’acquisition de l’équipement, une formation dans le domaine. En collaboration avec les structures nationales (écoles de formation…) ou internationales.

Nous avons aussi des programmes de coopération internationale. Jusqu’à présent, nous avons financé des activités de vannerie, tannerie, poterie, tissage, habits traditionnels, tournage sur bois, bijouterie, enfin toutes les activités éligibles au fonds national de promotion d’activités artisanales. L’artisanat se scinde en trois domaines. L’artisanat de production de biens, de production de services et l’artisanat. Fin juin 2008, nous avons enregistré 1 811 artisans, tous domaines.

Entretien réalisé par H.B

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