Alger-Lakhdaria, par Route et par le Train

Lakhdaria
Ces trains tant désirés

Fermée en février dernier, suite à un une collision entre deux trains, au niveau des gorges de Palestro, rendant de ce fait la circulation ferroviaire impossible entre les gares de Lakhdaria et Beni-Amrane, la voie Lakhdaria-Alger a été rouverte en présence du ministre des Transports et du wali de Bouira, au grand bonheur des citoyens de la région, usagers de la ligne. Pour mémoire, en première étape, en mai dernier, a vu la réouverture de la voie ferrée uniquement aux trains de marchandises. Cette deuxième étape, celle de la circulation des voyageurs, qui vient à point nommé alléger la pression sur le transport routier, tant le matin que le soir, vers Alger ou vers l’est du pays, reste une étape de normalisation des déplacements des voyageurs; un seul et unique train de voyageurs venant de la capitale fait halte à Lakhdaria à 9 h du matin. Il reste, comme rapporté par de nombreux citoyens, que le problème demeure entier, celui du parcours le plus usité : Lakhdaria – Alger et ce dans les deux sens. En effet, c’est cette ligne qui comprend le nombre le plus important de voyageurs, pour la plupart travailleurs ou étudiants et devant arriver, par la force des choses, aux heures de travail ou de cours. A une question relative à un horaire des trains, nos interlocuteurs répondront que leur souhait serait le retour des trains d’avant la catastrophe — citée plus haut — et que l’idéal serait entre 7 et 8 h du matin et pour les retour 17-18 h. Rencontrant d’énormes problèmes de circulation avec des embouteillages monstres presque tout le long du trajet Lakhdaria-Alger, le retour du train sera le frein certain à la pression exercée sur le transport routier.

S. Abdelkader
dd kabylie

Radio Bouira,Ouverture le dimanche 28 decembre 2008

Bouira Elle couvrira 45 communes de la wilaya

La Radio régionale diffusera ses premières émissions demain

Une bonne nouvelle pour l’ensemble des citoyens de la wilaya de Bouira qui seront, dès demain, en mesure de découvrir les premières émissions de leur Radio régionale.

Des programmes ont déjà été préparés depuis quelques temps et plusieurs émissions enregistrées.

Une radio qui devra couvrir, dans un premier temps, les 45 communes de la wilaya et de ses environs sur la fréquence FM 103.9 et 106.9 pour un volume horaire de huit heures par jour. Avant d’augmenter ses capacités techniques d’émission au cours des semaines suivante.

Installée dans les anciens locaux de la wilaya, cette nouvelle structure va permettre, à coup sûr, de faire connaître la wilaya, de soumettre ses préoccupations et ses problèmes mais aussi, ses espoirs. Elle peut faire également dans la promotion des potentialités de la wilaya auprès des investisseurs nationaux et étrangers. Pour ce qui est du personnel, la direction de l’ENRS a décidé en effet que cette station de radio tournera avec un effectif de vingt-six personnes dont des journalistes, animateurs, réalisateurs, techniciens et le personnel administratif. Son directeur, M. Hamache et son staff comptent concevoir une grille à même de contribuer effectivement au développement de la wilaya et ce pour toutes ses facettes.

Les automobilistes qui empruntent régulièrement les 101 km de la RN 05 traversant la wilaya de Bouira, seront également informés et avertis en temps réel par des bulletins d’information spéciaux sur les encombrements qui caractérisent cette route. Pour son lancement officiel, il est prévu, la venue de Tewfik Khelladi, directeur général de l’Entreprise nationale de radiodiffusion sonore (ENRS) ainsi que Azzedine Mihoubi secrétaire d’Etat à la communication, qui donneront le coup d’envoi de la Radio régionale de Bouira.

Hafidh B.

dd kabylie

Azedine Mihoubi et Toufik Khelladi à Bouira
Diffusion hier des premières émissions de la Radio régionale

Le secrétaire d’Etat à la Communication Azzedine Mihoubi s’est rendu hier matin dans la wilaya de Bouira en compagnie de Tewfik Khelladi pour le lancement de la Radio régionale de Bouira. Dans la cour de l’édifice, des troupes d’Idhebalen ont accueilli les officiels. Les responsables ont pu prendre connaissance de la portée des ondes de cette radio devant un plan de la région.

On apprendra qu’une bonne partie de l’est de Médéa sera ainsi couverte, de même que le sud de la wilaya de Tizi-Ouzou et le nord de Djelfa. Cette station de radio a commencé à émettre sur 103.6 et 109.6 ondes FM avec pour premiers invités, M Azzedine Mihoubi ainsi que le wali de Bouira qui ont tenu une allocution en direction des nouveaux auditeurs de cette radio.

Ce lancement qui coïncide avec Awal Mouharram de l’an 1430 a été l‘occasion pour les intervenants de souhaiter leurs vœux pour cette nouvelle année.

Dans la foulée, le wali de Bouira ne manquera pas de souligner la date du 12 janvier correspondant avec Yennayer, Nouvel An berbère et souhaiter une bonne année aux auditeurs. Dans un autre studio, un poète arabophone était l’invité d’une émission littéraire. Après avoir visité les locaux du siège de la radio et pris connaissance des programmes diffusés le cortège ministériel s’est dirigé vers le nouveau siège de l’APS pour son inauguration. Aux alentours de 11h00, c’est à l’hôtel Nassim de Bouira que le secrétaire d’Etat à la Communication s’est longuement étalé sur le rôle des radios locales devant un parterre de journalistes. Le premier responsable chargé du secteur de la Communication tiendra avant tout à mettre en exergue que sa venue à Bouira n’était pas pour inaugurer la radio régionale, mais juste pour son lancement. Une nuance qui en dit long sur l’éventuelle visite du premier magistrat du pays qui devrait vraisemblablement se déplacer prochainement dans la wilaya de Bouira, et procéder par la même, à l’inauguration de la radio régionale.

En soulignant que l’heure de l’analogique était comptée et que les nouvelles technologies adoptent désormais le numérique, M Mihoubi évoquera le lancement prochain de deux nouvelles chaînes de télévision dont celle en tamazight. L’orateur soulignera également à l’intention des gens de la presse de faire preuve de professionnalisme dans l’exercice de leurs fonctions en ne tombant pas dans le piège de la diffamation. “Cela pour éviter le délit de presse” dira M Mihoubi. A la question d’un confrère qui l’interrogeait sur les correspondants et journalistes exploités par leurs directeurs de publication, le secrétaire d’Etat répondra : “Si des personnes exerçant dans la presse ne sont pas payées, ils n’ont qu’à changer d’employeur.”

Hafidh B

Nouvelle Publication, Kabylie Magazine

EditionLe numéro 1 de Kabylie Mag sur le marché

Un nouveau-né dans la presse, il s’agit du magazine Kabylie Mag. Ce numéro°1 qui vient de voir le jour est édité par l’agence Ray May dirigée par Samira Benbouzid directrice de publication. Cette nouvelle revue propose plusieurs rubriques et thèmes sur différentes activités culturelles et sportives. Ainsi en y trouve un entretien avec la vedette de la chanson kabyle Ferhat Iguercha, cet artiste à la voix chaude qui nous fait part de son parcours dans l’univers de la chanson. Egalement, un espace a été réservé à la femme dans cette revue qui a pénétré dans les profondeurs de la tradition kabyle tout en symbolisant la robe kabyle dans ses différents modèles, ainsi que plusieurs espaces cuisine, beauté, horoscope et phytothérapie. Cette dernière a réservé une grande place au comédien et animateur de la chaîne berbère BRTV, Kamel Tharwiht, qui lance la sortie de son premier film Yeccur-w-ul dans les salles de cinema de Paris. Dans ce film, Kamel interprète le rôle d’un jeune kabyle sans papiers parti à la conquête de l’eldorado parisien. La vue panoramique de Kabylie Mag représente la beauté de la culture kabyle.

Kahina Idjis

ddkabylie

27 decembre 2008

  • Un dossier sur le mannequinat en Kabylie au menu
    Le numéro 02 du magazine Miss Kabylie dans les kiosques

Le numéro 02 du magazine culturelle Miss Kabylie est en vente dans les kiosques. Une belle brochure de 72 pages toutes en couleurs. D’une conception attractive, le contenu est aussi riche et varié assorti d’un poster en pages centrales de l’artiste idole des jeunes, Aït Hamid. Plusieurs sujets y sont abordés, entre autre un dossier sur l’activité du mannequinat en Kabylie, la 8e édition de la Fête des bijoux d’Ath Yenni, la Fête du tapis d’Ath Hichem, et plein de nouvelles, interviewes et reportages photos d’artistes kabyles connus et moins connus. On y trouve aussi des espaces consacrés au théâtre, au mouvement associatif, à la gastronomie, à la beauté, aux nouvelles mamans, comment réagir face à un enfant turbulent ? Le magazine comprend également des grilles de jeux. En somme  » un sous la main  » assez complet facile à digérer, à découvrir avec beaucoup de plaisir.

Etat civil, Anthroponymie et Toponymie en Algerie

Cette série d’ articles vient completer deux anciens billets avec des riches contributions traitant des origines de nos Noms de famille, et celui de nos villes et villages.

bonne lecture, et merci pour le travail de nos Universitaires;

 »Il est temps que les toponymes d’origine reprennent droit de cité »

Youcef  Merahi

Au cours de ce séminaire, on a essayé de lier l’anthroponymie et la toponymie avec l’histoire, en venant de la période antique à nos jours. Car, chaque période dans ce pays a fait boom ou a dénaturé, édulcoré les noms, plus particulièrement les toponymes pour, au fait, les lier à l’identité de celui qui est présent sur le terrain. Il y a la période française qui a eu deux séquences, l’une sénatus-consulte qui a cassé le territoire pour l’accaparer ensuite la mise en place d’un état civil pour que les grandes familles, tribus soient nucléarisées de telle sorte à ce qu’ils appliquent le fameux principe de diviser pour mieux régner.

En ce moment, en termes d’état civil, d’anthroponymie et de toponymie, il faut que les pouvoirs publics se penchent sur le problème. Là, on a l’impression que chaque commune s’érige en miniparlement. Il y a des prénoms qui passent en Kabylie et qui ne passent pas à Batna. Les différents occupants et colonisateurs ont fait la même chose… Il est temps que les toponymes d’origine reprennent droit de cité. Ce travail doit être fait par les chercheurs, universitaires et spécialistes, ce n’est pas une décision administrative.

Doctorant en anthropologie linguistique à l’EHSS de Paris, il est l’auteur de la communication intitulée : « L’anthroponymie libyco-berbère et son apport à l’histoire et à la généalogie » lors des journées :  » Amazighité et histoire, onomastique et identité », organisées par le HCA.

Il nous parle avec passion et finesse de son domaine complexe et sensible qui est l’onomastique et de ses diverses ramifications : Anthroponymie, toponymie et microtoponymie.

Saïd Toudji, expert dans le domaine de l’amazighité

“La microtoponymie est un domaine sensible”

Lors du séminaire « Amazighité et histoire, onomastique et identité » tenu à Zeralda, le 17 et 18 décembre derniers, des experts ont souligné la nécessité de la prise en charge, par les pouvoirs publics, des problèmes liés à l’anthroponymie et à la toponymie. Ce qui a été longuement explicité et étayé par les chercheurs spécialistes, chacun dans son domaine, le long des exposés et débats du séminaire.

La Dépêche de Kabylie : Que faire pour éviter les fausses interprétations en travaillant sur l’anthroponymie et la toponymie ?

Saïd Toudji : On ne doit pas perdre de vue que l’anthroponymie et la toponymie sont des branches de l’onomastique, donc à la base, des sciences linguistiques. Ce qui veut dire qu’interpréter un toponyme ou un anthroponyme commence par une analyse linguistique, en identifiant la racine de base (en retirant les morphèmes grammaticaux). Pour dégager la racine de base et chercher les sens se rapprochant de celle-ci en inter dialectal. Enfin, il faut prendre le sens dans trois (au moins deux dialectes éloignés) dialectes. L’analyse doit être complétée par les éléments de la tradition orale (tradition, us, légendes et histoires…) relatives au nom du lieu ou de personne.

Dans le domaine berbère, Salem Chaker a tracé les grandes lignes d’une analyse linguistique complétée par les données de ses différentes sciences annexes.

Voulez-vous nous donner un exemple de la méthode d’analyse lexico-sémantique?

Cette méthode est basée sur le comparatisme interdialectal, en pratiquant le rapprochement lexical. En essayant, toutefois, de relier la racine anthroponymique (consonantique) à un terme récent, attesté au niveau des dialectes actuels (en intercalant des voyelles).

Si l’on ne trouve pas exactement les mêmes consonnes, on pourrait imaginer une altération phonétique, métathèse ou assimilation. L’analyse systématique de chaque anthroponyme de ce fait, est liée aux étapes suivantes :

1- Identification de la racine (structure consonantique du mot).

2- Elimination des morphèmes grammaticaux (Nom d’agent, factitif, etc.), puis intercalation de voyelles à la racine consonantique (pour essayer de rétablir la forme anthroponymique à analyser).

3- Chercher le sens en synchronie (comparatisme interdialéctal), en étudiant les variations phonético-phonologiques.

4- Chercher les racines ayant le même sens ou des sens rapprochés avec la racine qu’on étudie.

Cette méthode peut être illustrée par l’exemple suivant :

* IDR (CHB: 260).

* YDR : ≤il æ ≤

– YDR = Y-DR (il æ)

DR = DR = vivre / ê. vivant / survivre / exister :

« Idir / dder / edder (Pan-berbère): (ZRD : 368-370; CHE : 130) » ;

DR = abaisser / baisser / descendre / diminuer : « Ader / uder / adder

(P.b.): (ZRD : 371-373/ CHE : 130);

DR = s’abriter; se mettre à l’abri de : « Dari / ddari (KAB: 153) ».

-« Il vit / (qu’) il vive »;

-« Il est abaissé/diminué »;

-« Il s’abrite ».

fi « Il vit / (qu’)il vive ». Forme rapprochable de l’actuel ≤ Yidir ≤.

Abréviations :

– ZRD = NAIT-ZERRAD (K.) : 1999 — Dictionnaire des racines berbères, (formes attestées) t. II (C-DSN), Paris-Louvin, Peeters.

– CHE : Chenoua.

Qu’en est-il de la microtoponymie ?

La microtoponymie est un domaine sensible et des plus conservateur, parce que fixé par l’oralité. Il est omniprésent dans l’imaginaire : l’imaginaire commun villageois…Il reste pérenne, c’est un domaine très conservateur où on peut trouver des traces et indices concernant l’évolution de la langue.

Propos recueillis par Kessi Ahmed

Espace NounDjilali Kays et Anaïs Pachabézian exposent leurs œuvres

Djilali Kays est un nom qui s’est imposé dans le domaine de la photographie algérienne. Maquettiste et cadreur, il collabore, depuis une vingtaine d’années, dans divers magazines d’illustration de livres d’art. Anaïs Pachabézian est une jeune photographe française parcourant l’Afrique de l’Ouest depuis plusieurs années. Ces deux photographes ont décidé de mettre en œuvre leurs aventures par des portraits, où ils montrent de manière très sensible, des lieux, des hommes et des femmes en quête d’une vie meilleure. A travers le regard de ces photographes talentueux, l’exposition, qui a pour thème : « Des hommes et des frontières », propose de suivre le quotidien d’hommes et de femmes africains qui ont quitté leur pays à la recherche d’une vie décente. Ils ont tous franchi plusieurs frontières et parcouru des milliers de kilomètres pour arriver là où ils sont aujourd’hui. D’autres frontières se sont dressées devant eux. Ils gardent tous l’espoir de les franchir un jour. En attendant, ils survivent dans des squats ou des abris de fortune. Entre peur, attente et solitude, ils se cachent des autorités locales. L’exposition a parcouru Bamako du 6 au 20 octobre ensuite Rabat du 20 au 5 décembre et elle est à Alger du 11 au 31 décembre à la galerie d’art Espace Noun. Nacéra Saidi, organisatrice de l’exposition et copropriétaire de la galerie, estime qu’ »il y a une possibilité pour que l’exposition se prolonge jusqu’au 3 janvier, vu le nombre important de visiteurs que l’exposition a enregistré, surtout des jeunes qui sont venus apprécier les œuvres et les portrait.s” Ces derniers sont réalisés en noir et blanc par Djilali Kays et d’autres en couleur de Anaïs Pachabezian. Un petit coin a été réservé pour y exposer un ensemble de livres ayant pour thème « L’homme le plus triste, l’exil, la vie comme elle est et la nuit sur la figure”, préfacés par Yasmina Khadra.

C’est des livres qui proposent des paroles et des portraits de migrants illustrés par les photos de Kays Djilali, mettant en scène, avec pudeur et respect, des silhouettes, des visages et des témoignages de ces hommes qui ont tenté l’aventure. C’est pour Youssouf, Moussa, Fabrice et bien d’autres encore que cette exposition a été conçue. Pour leur rendre leur dignité, pour que les droits humains soient respectés.

Mais également pour modifier le regard qui est porté sur ces hommes, ces femmes et ces familles vivant dans l’ombre et qui cherchent tout simplement à améliorer leurs conditions de vie.

Kahina Idjis


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La nouvelle génération des teen-agers à Tizi-Ouzou



Du folklore à la tecktonik !

Nouveau look, nouveau langage, nouvelles priorités, nouveaux hobbies et une toute autre vue  sur la vie. La nouvelle génération des jeunes adolescents « tiziouzéens » n’est plus ce que leurs prédécesseurs étaient.

Si l’ancienne génération d’adolescents croyait être à l’origine de « LA » révolution, la nouvelle a fini par chambouler l’ordre des choses et faire de la ville des Genêt son territoire. Le soulèvement est essentiellement d’ordre culturel. Nul n’a le droit, dorénavant, d’imposer un style musical autre que ce qui s’écoute aux quatre coins du monde, dans les boites les plus branchées d’Ibiza même, leur tenue vestimentaire ne répond à aucune norme culturelle locale.

Tout passe ! Du slim au battle, à la jupe toutes longueurs confondues, même les plus inimaginables, aux mini-tee-shirts ultra moulants dans tous les tons de l’arc-en-ciel, même les plus extravagants. Ils rodent, de préférence en bande. Ils forment des groupes de musique ou de danse. La tecktonik fait généralement partie de leur univers quotidien. Ils ne jurent que par les émissions télé les plus branchées, et certainement pas les plus instructives, telles que « Next » et « Parental Control ». Leurs idoles font partie des célébrités les plus en vue d’Hollywood. Absolument rien à voir avec les chantres kabyles d’antan, tant prisés par les anciennes générations d’adolescents. Ceux-là même qui jusqu’il y a quelques années ont fait vibrer le cœur du plus rude des Kabyles. La nouvelle vague « teen », elle, n’accorde pas trop d’importance aux paroles. Pourvue que ça rythme ! la preuve, même le fameux groupe allemand « Tokyo Hotel », dont une majeure partie de son répertoire est dans leur langue maternelle, a su se faire une liste très longue de fans chez les jeunes de Tizi-Ouzou. « ça ne m’intéresse pas tellement de savoir ce que racontent leurs chansons. Il est aussi important de développer son oreille musicale. C’est ce que je fais quand la langue m’est inaccessible.

Le rythme prime sur tout à mon avis », nous explique Mourad, 16 ans et demi, en 2e année langues étrangères dans un lycée de la ville et surtout grand fan de Tokyo Hotel. Si l’on se fie aux explications de Mourad, le mot d’ordre devient alors : Si ça vibre, ça bouge et que c’est branché, c’est de la bonne musique ! Adieu les belles paroles, la recherche poétique et la superbe rime. Ce qui fait vendre, c’est le ton, le genre et la notoriété outre-mer. Nos « teens » peuvent dorénavant se mêler aisément à la foule, dans m’importe quel quartier « in » des capitales européennes.

« Si je m’habille super à la mode ce n’est pas pour faire l’intéressante. Je suis très coquette et je tiens à être à la page des dernières tendances. Mon truc c’est de me rapprocher le plus de mes idoles musicales et cinématographiques. Et pour l’instant ce sont dans l’ordre Britney Spears et Angelina Joli. Vous imaginez l’effet que ça doit faire sur le budget de mes parents et le style de ma garde-robe ! », nous dira Djazia, alias Djezz, 17 ans en terminale. Ce qu’on imagine « Djezz » c’est la tête de ton père en te voyant dans les fringues de Britney pour aller au lycée ! Dur dur d’être un papa ! Le plus cool des pères frissonnerait, ne serait-ce qu’un peu, devant ce tableau. Et encore, le changement n’est certainement pas que d’ordre vestimentaire. La mentalité même de ces jeunes a subi un bon « formatage ». Le « lifting » du cerveau a donné. On ne parle plus de rentrer à la maison après les cours, on se retrouve dorénavant au snack branché, ou dans la salle de danse pour répéter les « chorés ». On ne peut pas dire que les bibliothèques sont bondées de jeunes ces dernières années. Quand ils n’ont pas de voitures-les plus chanceux sont ceux qui ont l’âge légal pour prétendre au permis de conduire et qui ont les moyens de se payer une belle bagnole-ils comptent sur leurs frères ou sœurs aînés pour les déplacer ou leur faire faire des tours !

Les plus malheureux collent leurs copains et squattent les caisses de leurs camarades. Pourvu qu’ils soient de la partie ! C’est à la mode, paraît-il, de roder sans cesse dans les quartiers de Tizi-Ouzou. Les quartiers populaires ne sont pas prévus dans la tournée bien entendu ! On « tue le temps » lecteur CD à fond si possible. On parle de joujoux et de derniers gadgets même si ce ne sont pas toutes les bourses qui peuvent se les permette. En parler signifie qu’on est branché technologie et qu’on est à l’ère des nouveautés dans le monde. Histoire d’épater, rien d’autre. Les plus malheureux, rodent en groupe, à pied — garçons et filles — et sillonnent les rues de la ville, s’arrêtant de temps à autre pour admirer une tenue dans une vitrine, sinon pour demander au disquaire du coin le dernier album de tel chanteur ou le dernier DVD de tel réalisateur ou humoriste célèbre. Cela débouche dans la plupart des cas sur une longue conversation et large débat sur les goûts musicaux ou cinématographiques de chacun des membres du groupe. On se permet même des critiques, dans la plupart objectives et fondées. Mais surtout inspirées des critiques parues dans les colonnes des revues poeple qui se vendent d’ailleurs comme des petits pains à Tizi-Ouzou. Grâce à ce genre de lecture on sait tout sur les couples les plus en vogue d’Hollywood, les divorces en vue, les coups de gueule des stars et les projets artistiques de toutes les célébrités. On ne parle plus de nos petits artistes locaux. On ne les connaît même pas.

On ne jure que par la star qui fait la Une de VSD, Fan de et Closer, pour ne citer que ces références. Le mot bouquinage devient une blague chez certains. Ce n’est heureusement pas le cas de tous ces jeunes. Mais même ceux qui font des efforts de lecture utile vont plutôt vers les romans à l’eau de rose. La tendance n’est pas aux grands romanciers. Mais mieux vaut un Guy des Cars qu’un Closer bien froissé. En effet, pour la bourse d’un adolescent, trois ou quatre revues par mois, à 350 dinars chacune, cela fait beaucoup de sous. Alors, les copains s’organisent et achète chacun un titre. Pour un petit budget, on peut profiter de plusieurs titres. « Tout est question de calcul. Chaque mois j’achète la revue de mon choix. On se concerte d’abord avec les potes pour qu’il n’y ait pas d’achat double. Dès que je termine la lecture de ma revue, je la passe à un de mes copains qui me passe celle qu’il a acheté et lu lui-même. On est quatre à faire ça. Au bout du compte j’aurai lu quatre revues pour le prix d’une. Je n’achète pas toujours la même pour pouvoir conserver des titres différents car chacun garde sa revue après qu’elle soit lue par toute la bande », nous dira Anis, 16 ans. Lui a quitté l’école, depuis une année et effectue un stage en froid et climatisation au sein d’une école de formation affiliée à une entreprise spécialisée dans le domaine. Il dit garder contact avec ses potes parce qu’il n’arrive pas à se faire de nouveaux amis dans sa promotion. Anis juge ses nouveaux camarades super “has-been.” Tout simplement démodés, à son goût. Garçons ou filles, ces nouveaux teens donnent du fil à retordre à leurs parents. Ces derniers n’arrivent plus à suivre leurs enfants ni à contenir leurs élans et leur soif de « liberté ». Ce n’est jamais assez. Les parents sont effrayés. Entre l’envie de faire plaisir à leurs enfants et celui de préserver leur dignité et réputation, surtout pour ceux qui ont des filles, ils ne savent plus où donner de la tête. Ils veulent bien comprendre les nouvelles tendances et la nouvelle vie que veulent leur imposer leur progéniture, mais en même temps ils craignent la réaction de la société et les répercussions d’un éventuel laxisme. Les plus malins donnent intelligemment. « De toute façon ma fille obtient toujours ce qu’elle veut. Autant le lui donner soi-même. Je ne veux pas qu’elle fasse ce qu’elle veut en cachette. Seulement je ne lui autorise pas tout. Du moins pas à la fois. Et ça marche. Je ne donne que quand elle le mérite. Et elle fait tout pour mériter ce qu’elle obtient. Elle est brillante au lycée. Elle sera en terminale l’année prochaine. Elle est dans la bonne voie. Elle est brillante dans ses études. Très studieuse. Si un concert de jazz ou de rock même à Alger l’encouragerait à faire mieux dans sa scolarité, je ne suis pas contre. Et elle est prévenue si elle venait à régresser dans une matière ou une autre », nous raconte Nadia, 48 ans maman de Sonia. Si Sonia doit aller à Alger pour se faire un concert de jazz, c’est parce qu’il n’y a pas tellement d’animation au goût de nos teens des temps modernes. A part les différentes possibilités qu’offre la Maison de la culture à ces jeunes, notamment pour des cours de solfège et autres leçons pour la maîtrise d’instrument musicaux, de danses folkloriques et modernes, rien n’est conçu pour ces jeunes qui se ruent sur ces opportunités et organisent même au sein de la structure des spectacles de danses contemporaines dès que possible. Une manière de se rapprocher de leurs compères algérois qui sortent en boîte chaque week-end. « On manque beaucoup de moyens de divertissement à Tizi-Ouzou. Pour aller en boîte de nuit je suis contraint de faire le déplacement sur Alger. J’aurai aimé ne pas avoir à me déplacer pour avoir un peu de bon temps », nous dira Ali, 19 ans, en préparation d’un TS en marketing dans une école privée très en vue à Tizi-Ouzou. Ali a découvert les joies des discothèques l’été dernier grâce à son cousin Rachid qui habite Alger. Et depuis notre Ali se paye ce luxe au moins une fois par mois.

Comme nous le voyons, les temps ont changé comme bien de choses à Tizi-Ouzou. Dans une société aussi normative qu’est la Kabylie, il n’y avait pas de place jadis pour de telles extravagances. C’est dorénavant permis dans certains milieux. Bon ou mauvais point, si cela peut rendre la vie meilleure à certains… !

Samia A-B.

kabyliemag@yahoo.

depeche de la kabylie

Guergour, le village de Si Lakhdar sous les ordures !

SI LAKHDAR VILLAGE GUERGOUR

SI LAKHDAR VILLAGE GUERGOUR

La décharge de la peur

Trente citoyens, délégués et originaires des villages de Guergour, Taâouint et Ighil “Izzafane, situés dans la commune de Lakhdaria, à quelques kilomètres à l’ouest de son chef-lieu, ont été reçus, hier, par le nouveau chef de daïra.

L’objet de cet entretien avait porté sur le projet d’implantation d’une décharge contrôlée qui, selon les déclarations de plusieurs délègués de village présents, serait néfaste à court et long terme à l’environnement et affectera la santé des populations environnantes. En effet, les citoyens présents ont longuement exposé à leur interlocuteur leurs préoccupations et leurs craintes quant à l’implantation de cette structure sur les hauteurs du village Guergour.

Pour mémoire, les populations des trois villages concernés et ce dès qu’ils apprirent l’information de l’implantation de ce projet d’un coût global de 24 milliards, à Guergour, à proximité du mausolé d’un saint très vénéré dans la région et plus particulièrement les risques qu’encourent les populations ainsi que l’environnement, dépêchèrent une délégation qui fût reçue par le ministre de l’Environnement, Chérif Rahmani. Toujours selon nos interlocuteurs, une commission de wilaya s’est déplacée sur les lieux, la semaine écoulée et selon certaines indiscrétions plusieurs responsables avaient opposé un refus.

Après avoir pris note des doléances des délégués de village, le chef de daïra informa l’assistance que trois sites ont été retenus, et que des études ont été lancées, et fera part des préoccupations aux autorités hiérarchiques. Profitant de la présence des représentants des populations de la région, le chef de daïra ouvrît le débat afin de connaître les préoccupations de cette zone sur plusieurs secteurs, à savoir l’eau, l’électricité, l’assainissement, les moyens de communication.

Après cet entretien fructueux selon nos interlocuteurs, les citoyens quittèrent le siège de la daïra.

Ath Mouhoub

9 DECEMBRE 2008

Depeche de la kabylie

Bonnes fetes de l’Aid El Kebir