l’Exode rural en question

Plus d’espace et de possibilité de développement économique

Est-il possible d’inverser le sens de l’exode ?

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Photo : Riad

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–>De notre correspondant à Bouira
Nacer Haniche

Le monde rural occupe une place importante en Algérie. Le recensement de 1998 a montré que près de 41% de la population totale vivent dans les localités rurales, représentant quelque 1,85 million de ménages qui résident dans 948 communes sur les 1 541 municipalités que compte le pays. De plus, la catégorie des jeunes a été estimée à 75% du total de la population rurale. Pour cela, un
programme de soutien au renouveau rural a été élaboré par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural depuis le début de l’année en cours.
Par ailleurs, assurer une production agricole pour couvrir les besoins de consommation exprimés sans cesse par les populations est un défi possible à relever, déclarent sans cesse les responsables, mais cela nécessite une assise et une mise en pratique sur le terrain d’une politique agricole transparente et débarrassée de toutes les contraintes qui ont, jusqu’à présent, entravé son essor et
ses objectifs.  Au chapitre de la politique de soutien à l’agriculture, le premier responsable du secteur a affirmé qu’elle sera adaptée progressivement pour, en premier lieu, stabiliser le marché des produits de consommation, puis rassurer les agriculteurs, les éleveurs et les opérateurs de l’agro-alimentaire.
En effet, après une opération pilote, lancée en 2007, plus de 1 500 projets de proximité de développement rural intégré (PPDRI) ont été formulés par les wilayas dont 700 ont été mis en œuvre. Selon les statistiques nationales établies par le même ministère, la population active des zones rurales est répartie en quatre groupes : 38% dans l’agriculture, 14% dans le bâtiment et les travaux publics, 39% dans le commerce et les services et 9% dans la petite et moyenne entreprise. Ainsi, pour donner un coup de starter à la stratégie nationale du développement rural durable, les responsables du secteur ont décidé de changer la vision du monde rural. L’opération vise à  moderniser et réhabiliter des villages par la diversification économique en milieu rural, la protection des ressources naturelles et des patrimoines ruraux matériels et immatériels, dans le but  de combattre la pauvreté, la marginalisation et l’exclusion, de stimuler l’emploi et l’égalité des chances par la diversification des activités économiques, de renforcer les actions de préservation de l’environnement, de répondre aux exigences croissantes en matière de qualité de vie, de santé, de sécurité, de loisirs et de bien-être dans les zones rurales, et permettre également à la population rurale de participer de manière active aux politiques d’aménagement des territoires, à réduire les inégalités et à promouvoir une meilleure gouvernance locale.  A partir du mois de mars 2008, le ministère délégué au Développement rural a organisé des journées de formation pour les différents acteurs impliqués dans la conduite et la gestion des programmes de développement rural, particulièrement les projets intégrés dont les enveloppes financières ont été déjà mobilisées dans plusieurs wilayas. Pour la wilaya de Bouira, six daïras que sont Bordj-Okhris, M’chedallah, Sour El-Ghozlane, Haizer,
Souk El-Khemis et Lakhdaria ont été ciblées par des journées de formation au profit des cadres techniques, faisant partie des comités techniques, chargés de mettre en application les dispositions des PPDRI ainsi que les différents acteurs impliqués dans la conduite et la gestion des programmes de développement rural. Les participants à ces rencontres ont acquis des connaissances en matière de techniques de communication qui leur ont permis à s’adresser aux acteurs de la société civile (associations de jeunes, de femmes, à
caractères religieux, social ou culturel) et aux paysans intéressés par ce programme et qui veulent s’intégrer dans les circuits de l’agriculture professionnelle, dans le milieu rural, dans les domaines de l’agriculture tels que l’élevage, la mobilisation des ressources hydriques, l’ouverture et l’aménagement de pistes agricoles, l’aviculture, l’apiculture, l’aide aux activités artisanales, les salles de soins, l’adduction de l’eau potable, l’assainissement, l’habitat rural et autres actions initiées par les directions des différents secteurs et ce après concertation avec les autorités locales (APC, daïras) et les représentants des populations rurales. La wilaya de Bouira est connue pour sa vocation agricole et agropastorale, caractérisée par une production végétale qui s’étale sur une superficie de 74 126 ha pour les céréales, 11 902 ha pour les fourrages, 29 940 ha pour l’arboriculture, dont 21 700 hectares pour l’oléiculture et, enfin, 6 051 ha consacrés aux cultures maraîchères. La production animale enregistre aussi des chiffres prometteurs avec 60 187 bovins, 205 350 ovins, 25 500 caprins. En matière d’aviculture, elle enregistre la production de 2,9 millions de poulets de chair et 1,2 million de poulets de ponte, et enfin, en apiculture elle compte 119 091 ruches. A ces potentialités, il est utile de citer les atouts que représentent ses trois barrages, dont deux sont déjà opérationnels, en l’occurrence Oued Lekhal, dans la région de Aïn Bessem, d’une capacité de 30 millions de m3 et Tilesdit, près des localités d’El Esnam et Bechloul, d’une capacité de plus de 160 millions de m3, auxquels s’ajoute le barrage de Koudiat Asserdoune, dans la région de Lakhdaria, en cours de mise en service, d’une capacité de 680 millions de m3.
A ces infrastructures hydrauliques, il faut ajouter 31 retenues collinaires qui totalisent un volume de 3 242 520 m3 ,4 309 puits, dont le débit total est estimé à 6 400 litres/seconde et 285 forages d’un débit total de 1 306 litres/seconde. Sur un autre registre, il y a lieu de noter que le Plan national du développement agricole (PNDA), lancé en 2000, et qui offre des aides conséquentes et très stimulantes aux agriculteurs, a eu des effets positifs sur la région, du fait que ces aides ont permis la valorisation et l’augmentation de la superficie agricole utile (SAU), qui est passée de 179 200 ha en 1999 à 190 152 ha en 2008, et qui a généré plus de 15 000 emplois. Il y a eu aussi l’ouverture de plus de 926,5 km de routes agricoles et forestières, en majorité dans des zones rurales, la réalisation de 18 chambres froides pour le stockage de fruits et légumes et la création de 171 huileries jusqu’à la fin de l’année 2008.
Concernant les projets réalisés dans le cadre de la politique du renouveau rural, les statistiques font état de 40 PPDR (Projet de proximité de développement rural) et 57 PPDRI (Projet de proximité de développement rural intégré) et aussi l’attribution de plus de
14 500 aides dans le cadre de l’habitat rural.

N. H.

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LA TRIBUNE ALGER

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