Couverture sanitaire insuffisante a Ammal

Commune de Ammal (Boumerdès)

arton115049-c6cbc

La couverture sanitaire est « insuffisante à Ammal », une commune située à une trentaine de kilomètres au sud du chef-lieu de wilaya de Boumerdès. Dans cette localité rurale, se faire soigner s’assimile à un parcours de combattant.

Et pour cause, les centres de soins qui y sont construits, dans les villages ou au chef-lieu, souffrent de manques en moyens matériels et humains et sont incapables de répondre aux besoins des 8260 habitants disséminés sur une surface de 57 km2. Si certains établissements de soins, à l’image de celui du chef-lieu sont opérationnels et assurent certaines prestations aux patients, d’autres sont totalement abandonnés et jetés aux oubliettes depuis belle lurette. A titre d’exemple, à Ben Salah, village perché sur les hauteurs ouest de la commune, la salle de soins censée recevoir les malades pour leur éviter des déplacements éprouvants est fermée.

Interrogé sur l’état de cette infrastructure, un habitant nous répond : « Je ne comprends pas pourquoi on l’a abandonnée à un moment où les habitants en ont fortement besoin. » Expliquant les raisons de sa fermeture, notre interlocuteur dit réfuter catégoriquement « l’argument de la dégradation de la situation sécuritaire, avancé par les autorités à chaque fois que nous réclamons son ouverture ». « Le vrai problème réside dans le manque de médecins et de matériel. La situation peu reluisante dans laquelle se débat le centre de soins du chef-lieu qui fonctionne avec des moyens humains et matériels dérisoires en est une preuve », explique-t-il. Le centre de soins du village Tala Alouche (Toulmouth) est aussi fermé.

Construit au milieu des années 1980, ce centre est envahi par les herbes sauvages. En dépit de sa réhabilitation après le séisme de mai 2003 il demeure dans un état déplorable. À en croire un habitant du village, ce centre est situé dans le territoire de la commune voisine de Béni Amrane. Il jouxte un bureau de poste qui, lui aussi, se trouve dans un état d’abandon. Ici, la plupart des habitants, ajoute-t-on, ne vont pas chez le médecin quand ils sont malades. Compte tenu de l’enclavement et l’éloignement du village des centres urbains, les villageois « préfèrent se soigner avec les moyens rudimentaires et les plantes médicinales que de se rendre aux unités de soins de la région ». En plus des salles de soins fermées, celles qui sont fonctionnelles tournent au ralenti.

A commencer par celle de Tiza, à quatre kilomètres à l’ouest du chef-lieu qui fonctionne avec un seul infirmier. Les villageois soulignent que « les consultations ont lieu une fois par semaine ». « Le centre n’assure que les pansements et les injections. Pour le reste nous sommes condamnés d’aller ailleurs », se plaint-on. La même situation prévaut au centre de soins de Bouaïdel, (un village sis à 3 km à l’est du chef-lieu). Le centre a été construit durant les années 1980. Contrairement au premier, ce dernier est doté d’un logement de fonction. Mais cela n’a pas aidé à l’affectation d’un médecin et le centre tourne depuis plusieurs années avec un infirmier.

« Le logement de fonction est occupé par une famille depuis plus de quatre ans », nous confie un habitant en rappelant que son village est le plus peuplé de toute la commune. La population attend que la réforme tant vantée par les pouvoirs publics apporte ses fruits.

Par Ramdane Koubabi
EL watan

Publicités

Projet d’emploi rural, revitalisation de l’arriere-pays

Projet d’emploi rural (PER 2)

Une stratégie de revitalisationde l’arrière-pays

neige-_kabylie

En raison de la diversité des facteurs de dégradation des milieux ruraux, épuisant les sols et faisant fuir les hommes, la stratégie de revivification des espaces ruraux ne peut être que multidimensionnelle et multisectorielle. Le département ministériel chargé de ce secteur, en l’occurrence l’ancien ministère délégué au Développement rural dépendant du ministère de l’Agriculture, a mis en place, depuis 2003, un ensemble de dispositifs de soutien au développement rural qui s’articulent autour du PNDAR (Plan national de développement agricole et rural). La formule des PPDR (Projets de proximité de développement rural) a été initiée avec cette philosophie de la vision d’ensemble qui est censée toucher tous les domaines de la vie rurale pour permettre une stabilisation des populations, le retour des habitants expatriés dans des conditions sécuritaires particulières, la création de nouvelles conditions de vie basées sur le désenclavement, la protection des sols contre l’érosion, le soutien aux métiers artisanaux, le soutien au développement agricole (arboriculture, amélioration des sols, élevage), la mobilisation des ressources hydriques (puits, forages, retenues, captage de sources), l’installation des services sociaux (santé, école, centres culturels) et des équipements publics (électricité, gaz,).

Dans ce genre de projets décentralisés confiés aux différentes structures des wilayas, le problème crucial soulevé demeure l’intersectorialité qui est mal assurée. La coordination, pour piloter ce genre de projets se basant sur une nouvelle conception du développement, a, en effet, du mal à se concrétiser sur le terrain. Hormis les actions de type agro-forestier et, dans une moindre mesure, la petite hydraulique, les autres actions ont connu pratiquement des retards dans toutes les wilayas du pays. L’évolution de la vision des responsables de ce secteur a fait que ces projets de proximité ont été améliorés sur le plan organisationnel pour devenir, à partir de 2007, des PPDRI (projets de proximité de développement rural intégré). Six wilayas pour le PER 2 Parallèlement à ces Projets de proximité, l’Algérie a commencé à mettre en œuvre, à partir de 2004, un autre projet d’envergure sous l’intitulé de Projet d’Emploi Rural II, cofinancé initialement à hauteur de 80% par la Banque mondiale. Les accords de prêt, portant sur 90 millions de dollars, ont été conclus à Washington en juillet 2003 entre le gouvernement algérien et la BIRD.

tamurth

Depuis que le gouvernement algérien a payé par anticipation une grande partie de la dette extérieure du pays, ce projet est pris en charge totalement par un financement national. La réalisation du programme, étalée sur cinq ans, est confiée à la Direction générale des Forêts (sous tutelle du ministère de l’Agriculture). Ce projet touche six wilayas de l’Algérie du Nord (Centre et Centre-ouest) : Chlef, Aïn Defla, Tiaret, Tissemsilt, Médéa et Bouira, et cible essentiellement les zones de montagne et le flanc Nord de la steppe qui reviennent à ces wilayas. C’est en 2002 que les études préliminaires ont été initiées. Il s’agit principalement des approches modernes du monde rurale mises en place par les dernières analyses sociologiques basées sur la méthode participative. Des enquêtes-ménages et des focus-groups (discussions dirigées avec les populations) étaient menées sur le terrain par des agents forestiers encadrés par des sociologues et démographes. Le but étant de faire un check-up détaillé des conditions de vie des campagnards et, surtout, de connaître leurs besoins et les grandes tendances qu’ils manifestent à l’égard du travail et des activités rurales. Sur diagnostic socio-participatif, ont été élaborés les ‘’arbres de problèmes’’ (hiérarchisations des contraintes illustré par un arbre généalogique) et les ‘’arbres de solutions’’ (clefs proposées par les paysans pour résoudre leurs problèmes, aidés en cela par les orientations techniques des agronomes et forestiers présents avec eux).

Une fois traités par un bureau d’études, ces résultats sont transformés en programmes d’actions. Pour la première fois en Algérie, une méthode scientifique et décentralisée est mise en œuvre dans la conduite de l’approche du mode rural. Ce projet (PER 2) fait suite à un projet du même genre initié à l’Ouest du pays (Tlemcen, Sidi Belabbès, Mascara, Aïn Temouchent) ayant eu la même typologie de financement et d’approche des populations rurales. Sauf qu’à l’Ouest du pays, le projet a souffert de la conjoncture sécuritaire du milieu des années 90. Mais, les résultats obtenus sont loin de toute espérance. Aujourd’hui, des vergers et des vignobles commencent à produire leurs fruits, des milliers d’emplois y ont été crées et des actions de conservation du sol de grande envergure (reboisements, corrections torrentielles y ont été réalisées). Le défi de l’emploi et de la stabilisation des populations Dans les wilayas du Centre, les actions du projet ont connu leur démarrage au cours de l’année 2005.Les travaux sont bien avancés. Les actions programmées portent sur le développement agricole (arboriculture fruitière, amélioration des sols par des actions de défoncement et d’épierrage), la mobilisation des ressources hydriques (retenues, forages, fonçage de puits, captage de sources, aménagement de points d’eau), la protection et la conservation des sols (reboisement, fixation des berges, corrections torrentielles, travaux sylvicoles) et la promotion de la femme rurale (modules d’aviculture, de cuniculture, d’apiculture et artisanat). Pour les six wilayas concernées par le projet en question, le défi à relever est la stabilisation des populations dans leurs villages et bourgades et la créations d’emplois permanents et saisonniers. Réhabilitation de l’espace rural à Bouira En quelques mois, la courbe du chômage a connu une inflexion vertigineuse dans certaines communes à tel point que certaines entreprises de réalisation avaient des difficultés à recruter des ouvriers sur leurs chantiers. En outre, les pouvoirs publics algériens escomptent aussi, à travers le PER 2, installer une pédagogie de la participation des populations à construire leur destin. En plus de la participation à la conception des programmes, les ruraux sont également appelés à participer à la réalisation physique des travaux sur le terrain. Il en est ainsi par exemple des plantations fruitières dont ils ont bénéficié : ce sont les bénéficiaires eux-mêmes qui procèdent à la plantation une fois que l’entreprise a ouvert les trous et fourni les plants. Les dernières actions prévues par ce programme et qui, probablement, vont être mises en œuvre au courant de l’année 2009, se sont les ouvertures de pistes rurales et le construction de retenues collinaires. Le Projet, qui en est à sa cinquième année, est directement suivi par les conservations des forêts des six wilayas. Il subit des audits réguliers de l’Inspection générale des Finances (IGF) relatifs à la procédure de passation de marchés et à la régularité des réceptions sur le terrain. Les travaux du Projet d’Emploi Rural (PER2) dans la wilaya de Bouira qui ont été lancés au cours du mois de décembre 2005 connaissent un rythme d’avancement appréciable. Le montant total du projet est évalué à 1,26 milliard de dinars. Lors des trois dernières saisons, près de 2000 ha ont été plantés en différentes espèces fruitières et 500ha en plantations forestières, en plus des travaux d’amélioration foncière et de corrections torrentielles. Des travaux sylvicoles tendant à améliorer et harmoniser les peuplements forestiers ont aussi été engagés depuis janvier 2006 . Conçu spécialement pour créer de l’emploi dans les zones les plus défavorisées de la wilaya, ce projet prolonge le PER1 entamé dès 1996 à l’ouest du pays avec le même mode de financement, soit un cofinancement de la Banque mondiale. Le choix des zones d’intervention a été orienté par les statistiques de l’ONS relatives au chômage et renforcé par des études sociales et environnementales (économie pastorale, cadre général de vie, érosion des sols, infrastructures hydrauliques,…) qui ont conclu à la nécessité de mettre en œuvre un tel projet sur onze communes du sud de la wilaya relevant des daïras de Sour El Ghozlane, Bordj Okhriss et Bir Ghebalou. Les actions prévues s’articulent autour du développement agricole et du désenclavement (plantations fruitières en sec et en irrigué, ouverture et aménagement de pistes rurales), de la mobilisation des ressources hydriques (aménagement de sources, fonçage de puits et forages, retenues collinaires), de la lutte contre l’érosion des sols (reboisements, fixation des berges et corrections torrentielles) et, enfin, des activités promouvant la femme rurale (distribution des machines à coudre et octroi du petit élevage : aviculture et apiculture). Sur le terrain, les entreprises attributaires des marchés ont commencé à se roder. L’une d’elles, l’entreprise publique SAFA-Zaccar qui avait de grandes difficultés financières avant de se voir attribuer les travaux du PER2, a fini par relever le défi. Les paysans bénéficiaires des plantations arboricoles réalisées par cette entreprise sont satisfaits des résultats puisque la majorité des vergers ont réussi. Un large mouvement de recrutement sur les territoires des communes concernées a eu lieu au grand bonheur des familles et des autorités locales qui voient ainsi diminuer en quelques mois le poids du chômage. En outre, la réalisation des vergers dans les terrains particuliers est considérée à juste titre comme un investissement créateur d’emplois permanents. Ce qu’il y a lieu de remarquer dans la gamme des actions prévues par ce programme est l’introduction du vignoble. En effet, dans la localité de Guelta Zerga, commune de Sour El Ghozlane, 8 ha de viticulture sont déjà réalisés chez un agriculteur qui élève aussi l’autruche. Deux autres hectares de la même culture ont plantés dans la commune de Dirah. Il faut signaler que depuis l’opération d’arrachage de vigne entreprise par les autorités pendant les années 1970, les anciens vignobles n’ont pas pu être régénérés. A Aïn Bessem, Raouraoua ou dans la banlieue de Bouira, le vignoble a été remplacé par les céréales. Ce n’est qu’avec la nouvelle politique du PNDA que de petites superficies ont été plantées en vigne de table.

foret

Le PER2 est venu renforcer et prolonger cette volonté de reconversion des systèmes de culture qui assure un meilleur revenu aux paysans, résiste mieux à la sécheresse et fixe bien les sols menacés par l’érosion. Améliorer les revenus Ce qui retient aussi l’attention dans cette série d’actions, ce sont les deux retenues collinaires prévues dans les communes de Ridane et Bordj Okhriss et qui totalisent une capacité de rétention d’environ 400.000 M3 d’eau dans une région dépourvue jusqu’à présent d’ouvrages hydrauliques de cette envergure. Le premier site a bénéficié de l’étude d’exécution et voit sa phase de maturité arriver à la création de l’association des utilisateurs de l’eau. L’avis d’appel d’offre pour la réalisation de la retenue sera lancée au cours de l’année 2009. Pour le second site, l’accord des usufruitiers qui exploitent des terres dans la zone du futurs lac d’eau n’a pas encore été concrétisé. Outre ces retenues, des captages de sources et des mares ont été réalisés pour les éleveurs et les habitants de la région. Pour les actions de désenclavement, un programme d’aménagement de 80 km de pistes est déjà achevé. Un autre volume de 180 km est lancé en consultation à partir de la semaine passée. Quant à l’ouverture de pistes, elle concerne un volume de 125 km répartis en deux opérations (25 et 125 km) dont la première tranche a vu son cahier de charges déposé au niveau de la wilaya pour approbation. Dans le cadre de la promotion de la femme rurale, le PER 2 de Bouira est doté d’un quota de 300 machines à coudre destinées aux femmes nécessiteuses ou couturières en chômage. Sur ce chiffre, 168 unités ont été distribuées il y a quelques semaines. Ces équipements sont censés contribuer à améliorer les revenus des ménages de ces zones déshéritées, revenus tirés essentiellement d’une céréaliculture vivrière et d’un élevage peu développé sur des terrains fortement érodés. En tout cas, les promoteurs de ce projet ont, dès sa conception en 2003, pris en charge le volet de la promotion de la femme rurale, sachant que les autres activités du projet interviennent par des travaux réalisés au profit de ces populations (arboriculture fruitière, amélioration foncière, lutte contre l’érosion par des corrections torrentielles et les reboisements,…). Outre, donc, la diversification des activités agricoles qui sont proposées aux foyers de cette région sous forme d’investissements publics pérennes , des centaines de milliers de journées de travail ont été crées depuis le lancement des chantiers en fin 2005. Les fournitures ayant pour objectif d’accompagner les ménages dans leur stabilisation sur leurs terres ont trait essentiellement à l’apiculture (plus de 6 000 ruches), l’aviculture (15 000 poules pondeuses avec aliment de volaille) et les machines à coudre (300 unités).

riviere

Amar Naït Messaoud
depeche de la kabylie
23 JANVIER 2009

Solidarite du peuple d’Alger avec Gaza


video d’echorouk, un quotidien arabophone le plus lu d’algerie, d’une manifestation « spontanée » en fait, à la sortie de la mosquée d’un quartier d’alger le vendredi, presque une semaine aprés l’invasion barbare israelienne, cette manif n’a pas été autorisée mais s’est deroulée malgre tout, evidement, le gouvernement voudrait en faire une mais avec pleins de policiers autours et autres moukhabarates, ou si c’est pas facile a organiser, on la fera dans la cage à poules de la coupole du 5 juillet d’alger.

caricature

capturerCaricature de presse ( hic ) et capture d’ecran du quotidien le SOIR d Algérie

La nouvelle génération des teen-agers à Tizi-Ouzou



Du folklore à la tecktonik !

Nouveau look, nouveau langage, nouvelles priorités, nouveaux hobbies et une toute autre vue  sur la vie. La nouvelle génération des jeunes adolescents « tiziouzéens » n’est plus ce que leurs prédécesseurs étaient.

Si l’ancienne génération d’adolescents croyait être à l’origine de « LA » révolution, la nouvelle a fini par chambouler l’ordre des choses et faire de la ville des Genêt son territoire. Le soulèvement est essentiellement d’ordre culturel. Nul n’a le droit, dorénavant, d’imposer un style musical autre que ce qui s’écoute aux quatre coins du monde, dans les boites les plus branchées d’Ibiza même, leur tenue vestimentaire ne répond à aucune norme culturelle locale.

Tout passe ! Du slim au battle, à la jupe toutes longueurs confondues, même les plus inimaginables, aux mini-tee-shirts ultra moulants dans tous les tons de l’arc-en-ciel, même les plus extravagants. Ils rodent, de préférence en bande. Ils forment des groupes de musique ou de danse. La tecktonik fait généralement partie de leur univers quotidien. Ils ne jurent que par les émissions télé les plus branchées, et certainement pas les plus instructives, telles que « Next » et « Parental Control ». Leurs idoles font partie des célébrités les plus en vue d’Hollywood. Absolument rien à voir avec les chantres kabyles d’antan, tant prisés par les anciennes générations d’adolescents. Ceux-là même qui jusqu’il y a quelques années ont fait vibrer le cœur du plus rude des Kabyles. La nouvelle vague « teen », elle, n’accorde pas trop d’importance aux paroles. Pourvue que ça rythme ! la preuve, même le fameux groupe allemand « Tokyo Hotel », dont une majeure partie de son répertoire est dans leur langue maternelle, a su se faire une liste très longue de fans chez les jeunes de Tizi-Ouzou. « ça ne m’intéresse pas tellement de savoir ce que racontent leurs chansons. Il est aussi important de développer son oreille musicale. C’est ce que je fais quand la langue m’est inaccessible.

Le rythme prime sur tout à mon avis », nous explique Mourad, 16 ans et demi, en 2e année langues étrangères dans un lycée de la ville et surtout grand fan de Tokyo Hotel. Si l’on se fie aux explications de Mourad, le mot d’ordre devient alors : Si ça vibre, ça bouge et que c’est branché, c’est de la bonne musique ! Adieu les belles paroles, la recherche poétique et la superbe rime. Ce qui fait vendre, c’est le ton, le genre et la notoriété outre-mer. Nos « teens » peuvent dorénavant se mêler aisément à la foule, dans m’importe quel quartier « in » des capitales européennes.

« Si je m’habille super à la mode ce n’est pas pour faire l’intéressante. Je suis très coquette et je tiens à être à la page des dernières tendances. Mon truc c’est de me rapprocher le plus de mes idoles musicales et cinématographiques. Et pour l’instant ce sont dans l’ordre Britney Spears et Angelina Joli. Vous imaginez l’effet que ça doit faire sur le budget de mes parents et le style de ma garde-robe ! », nous dira Djazia, alias Djezz, 17 ans en terminale. Ce qu’on imagine « Djezz » c’est la tête de ton père en te voyant dans les fringues de Britney pour aller au lycée ! Dur dur d’être un papa ! Le plus cool des pères frissonnerait, ne serait-ce qu’un peu, devant ce tableau. Et encore, le changement n’est certainement pas que d’ordre vestimentaire. La mentalité même de ces jeunes a subi un bon « formatage ». Le « lifting » du cerveau a donné. On ne parle plus de rentrer à la maison après les cours, on se retrouve dorénavant au snack branché, ou dans la salle de danse pour répéter les « chorés ». On ne peut pas dire que les bibliothèques sont bondées de jeunes ces dernières années. Quand ils n’ont pas de voitures-les plus chanceux sont ceux qui ont l’âge légal pour prétendre au permis de conduire et qui ont les moyens de se payer une belle bagnole-ils comptent sur leurs frères ou sœurs aînés pour les déplacer ou leur faire faire des tours !

Les plus malheureux collent leurs copains et squattent les caisses de leurs camarades. Pourvu qu’ils soient de la partie ! C’est à la mode, paraît-il, de roder sans cesse dans les quartiers de Tizi-Ouzou. Les quartiers populaires ne sont pas prévus dans la tournée bien entendu ! On « tue le temps » lecteur CD à fond si possible. On parle de joujoux et de derniers gadgets même si ce ne sont pas toutes les bourses qui peuvent se les permette. En parler signifie qu’on est branché technologie et qu’on est à l’ère des nouveautés dans le monde. Histoire d’épater, rien d’autre. Les plus malheureux, rodent en groupe, à pied — garçons et filles — et sillonnent les rues de la ville, s’arrêtant de temps à autre pour admirer une tenue dans une vitrine, sinon pour demander au disquaire du coin le dernier album de tel chanteur ou le dernier DVD de tel réalisateur ou humoriste célèbre. Cela débouche dans la plupart des cas sur une longue conversation et large débat sur les goûts musicaux ou cinématographiques de chacun des membres du groupe. On se permet même des critiques, dans la plupart objectives et fondées. Mais surtout inspirées des critiques parues dans les colonnes des revues poeple qui se vendent d’ailleurs comme des petits pains à Tizi-Ouzou. Grâce à ce genre de lecture on sait tout sur les couples les plus en vogue d’Hollywood, les divorces en vue, les coups de gueule des stars et les projets artistiques de toutes les célébrités. On ne parle plus de nos petits artistes locaux. On ne les connaît même pas.

On ne jure que par la star qui fait la Une de VSD, Fan de et Closer, pour ne citer que ces références. Le mot bouquinage devient une blague chez certains. Ce n’est heureusement pas le cas de tous ces jeunes. Mais même ceux qui font des efforts de lecture utile vont plutôt vers les romans à l’eau de rose. La tendance n’est pas aux grands romanciers. Mais mieux vaut un Guy des Cars qu’un Closer bien froissé. En effet, pour la bourse d’un adolescent, trois ou quatre revues par mois, à 350 dinars chacune, cela fait beaucoup de sous. Alors, les copains s’organisent et achète chacun un titre. Pour un petit budget, on peut profiter de plusieurs titres. « Tout est question de calcul. Chaque mois j’achète la revue de mon choix. On se concerte d’abord avec les potes pour qu’il n’y ait pas d’achat double. Dès que je termine la lecture de ma revue, je la passe à un de mes copains qui me passe celle qu’il a acheté et lu lui-même. On est quatre à faire ça. Au bout du compte j’aurai lu quatre revues pour le prix d’une. Je n’achète pas toujours la même pour pouvoir conserver des titres différents car chacun garde sa revue après qu’elle soit lue par toute la bande », nous dira Anis, 16 ans. Lui a quitté l’école, depuis une année et effectue un stage en froid et climatisation au sein d’une école de formation affiliée à une entreprise spécialisée dans le domaine. Il dit garder contact avec ses potes parce qu’il n’arrive pas à se faire de nouveaux amis dans sa promotion. Anis juge ses nouveaux camarades super “has-been.” Tout simplement démodés, à son goût. Garçons ou filles, ces nouveaux teens donnent du fil à retordre à leurs parents. Ces derniers n’arrivent plus à suivre leurs enfants ni à contenir leurs élans et leur soif de « liberté ». Ce n’est jamais assez. Les parents sont effrayés. Entre l’envie de faire plaisir à leurs enfants et celui de préserver leur dignité et réputation, surtout pour ceux qui ont des filles, ils ne savent plus où donner de la tête. Ils veulent bien comprendre les nouvelles tendances et la nouvelle vie que veulent leur imposer leur progéniture, mais en même temps ils craignent la réaction de la société et les répercussions d’un éventuel laxisme. Les plus malins donnent intelligemment. « De toute façon ma fille obtient toujours ce qu’elle veut. Autant le lui donner soi-même. Je ne veux pas qu’elle fasse ce qu’elle veut en cachette. Seulement je ne lui autorise pas tout. Du moins pas à la fois. Et ça marche. Je ne donne que quand elle le mérite. Et elle fait tout pour mériter ce qu’elle obtient. Elle est brillante au lycée. Elle sera en terminale l’année prochaine. Elle est dans la bonne voie. Elle est brillante dans ses études. Très studieuse. Si un concert de jazz ou de rock même à Alger l’encouragerait à faire mieux dans sa scolarité, je ne suis pas contre. Et elle est prévenue si elle venait à régresser dans une matière ou une autre », nous raconte Nadia, 48 ans maman de Sonia. Si Sonia doit aller à Alger pour se faire un concert de jazz, c’est parce qu’il n’y a pas tellement d’animation au goût de nos teens des temps modernes. A part les différentes possibilités qu’offre la Maison de la culture à ces jeunes, notamment pour des cours de solfège et autres leçons pour la maîtrise d’instrument musicaux, de danses folkloriques et modernes, rien n’est conçu pour ces jeunes qui se ruent sur ces opportunités et organisent même au sein de la structure des spectacles de danses contemporaines dès que possible. Une manière de se rapprocher de leurs compères algérois qui sortent en boîte chaque week-end. « On manque beaucoup de moyens de divertissement à Tizi-Ouzou. Pour aller en boîte de nuit je suis contraint de faire le déplacement sur Alger. J’aurai aimé ne pas avoir à me déplacer pour avoir un peu de bon temps », nous dira Ali, 19 ans, en préparation d’un TS en marketing dans une école privée très en vue à Tizi-Ouzou. Ali a découvert les joies des discothèques l’été dernier grâce à son cousin Rachid qui habite Alger. Et depuis notre Ali se paye ce luxe au moins une fois par mois.

Comme nous le voyons, les temps ont changé comme bien de choses à Tizi-Ouzou. Dans une société aussi normative qu’est la Kabylie, il n’y avait pas de place jadis pour de telles extravagances. C’est dorénavant permis dans certains milieux. Bon ou mauvais point, si cela peut rendre la vie meilleure à certains… !

Samia A-B.

kabyliemag@yahoo.

depeche de la kabylie

Bientot un Centre scientifique et des loisirs a Lakhdaria


Les travaux ont démarré

Voilà bien un projet qui mettra fin, du moins pour quelques années, à la demande sans cesse grandissante en termes de loisirs que d’activités culturelles exprimée par un pan très représentatif de la population de Lakhdaria.

Le centre scientifique et des loisirs (CLS), en cours de réalisation dans le secteur de Hammam Souk, une cité comprenant aussi d’autres sièges d’institutions, notamment le Bureau de poste et la Maison des jeunes, fera parler de lui sans nul doute très prochainement.

C’est même certain : une fois qu’elle aura réceptionné cet édifice public, Lakhdaria connaîtra une affluence des plus accrues de jeunes et de moins jeunes, cherchant à élever leur niveau d’instruction, à se documenter et à s’initier à la manipulation d’outils nouvellement mis sur les marchés d’outre-mer. Ceci constitue d’ailleurs l’une des préoccupations premières répertoriées parmi tant d’autres par les responsables locaux, sachant l’importance que revêt un apport se situant au centre des doléances formulées par ceux épris de nouveautés, de connaissances et d’évasions.

En tout cas, “sans tambour ni trompettes”, les travaux ont démarré depuis au moins deux mois sur l’assiette retenue à cet espace culturel puisque sur la droite du lot de terrain apparaissent les profondes feuilles, des semelles bétonnées et la main-d’œuvre exécutant les différentes tâches nécessaires au lancement d’un chantier.

Dans les alentours, un chef de projet d’un certain âge, l’œil vigilant quant à ce qui se déroule sur place, confie : “si vous cherchez combien existent pareil centre sur le territoire national, vous n’en trouverez que 5”, enchaînant que “ce sera une sorte d’institut qui regroupera des matières scientifiques, culturelles et d’autres disciplines”.

Etalant un plan descriptif du projet sur un semblant de bureau installé à l’intérieur d’une loge en parpaings, le chef de projet continue : “Le site entier mesure 3 600 m2 mais 500m2 seront construits”, donnant un total à bâtir de 1 200 m2 sur un plancher en R+2”. Le projet CLS en question sera réalisé en un seul bloc et comprendra en son sein notamment des laboratoires, des salles d’études, des espaces Internet, une salle de conférence ainsi qu’un logement de fonction. “Jusqu’ici tout baigne dans l’huile, tient à faire remarquer en connaisseur le cadre du bâtiment, on verra bien si à la rentrée sociale on pourra acheminer nos approvisionnements jusqu’au chantier”, expliquant que “le rétrécissement des accès de Souk El Hammam conduit vers le lieu de travail”.

En effet, Souk El Hammam, situé seulement à deux rues du centre-ville de Lakhdaria, enregistre fréquemment une circulation intense de voitures marquée d’embouteillages, lesquels ne permettent pas aux malaxeurs transportant le béton préparé d’atteindre les lieux programmés.

Notons que le projet CLS est pris en charge par l’entreprise ETP Djerardja de Bordj Bou Arréridj, laquelle devra le livrer dans 14 mois à compter du mois de juin, date des débuts des travaux.

A. Chérif

DD KABYLIE

Les élèves récompensés par l’association culturelle Ethaâlibi

L’association culturelle “Ethaâlibi” de Lakhdaria a organisé au niveau de la Maison de jeunes “Chaïbi Rabah”, le week-end passé, une manifestation culturelle animée par sa troupe de musique andalouse.

Comme il a été programmé une remise de récompenses aux lauréats du groupe ayant réussi au CEP, entrée en 1e AM et au BEF.

Toujours dans le cadre de l’encouragement des efforts fournis en direction de la troupe de musique andalouse qui a, dernièrement été primée, lors du Salon national de l’enfance qui s’est tenu à Batna, où elle a obtenu le premier prix en compagnie de Ahmed Rehniz avec sa participation théâtrale, l’association consciente du rôle joué par l’inspecteur général de musique Ali Lasgaâ, a tenu en l’absence de l’intéressé à remettre à son représentant une lettre de remerciements ainsi qu’un prix symbolique.

En marge de cette cérémonie, à laquelle ont pris part les anciens scouts de Lakhdaria, ces derniers se sont constitués en club du patrimoine et ont demandé leur adhésion à l’association.

Ath Mouhoub
dd kabylie

Alerte à la brucellose à Bouira

La maladie peut provoquer la stérilité et des avortements spontanés chez la femme

Un travail de sensibilisation à l’endroit des éleveurs mais aussi des citoyens consommateurs s’avère plus que nécessaire pour prévenir contre la maladie et la manière dont elle se transmet.

Des cas de brucellose appelée également fièvre de Malte viennent d’être enregistrés à Bouira, notamment dans les régions à vocation plutôt pastorale.

Une cinquantaine de cas dont des caprins, selon notre source, auraient été répertoriés. Bien que les bactéries de la fièvre de Malte ne se transmettent quasiment pas de l’homme à l’homme, il n’en demeure pas moins que la maladie peut se transmettre par le biais du bétail (lait et viande).

Chez l’homme, la brucellose se traduit par la stérilité et des situations d’avortement spontanés chez la femme. Ce sont là du moins les deux conséquences les plus connues de la maladie chez l’homme.

Les services vétérinaires qui connaissent la maladie et qui sont en mesure de lutter contre elle ne sont pas forcément alertés par les éleveurs. Pour la plupart, ces derniers craignent la mise en quarantaine de leur élevage et les conséquences d’ordre financier jugées néfastes qui peuvent en découler. Ils préfèrent donc, et c’est le cas le plus souvent, égorger la bête agonisante et aller vendre sa viande dans des marchés qui échappent au contrôle des services vétérinaires.

Un travail de sensibilisation à l’endroit des éleveurs mais aussi des citoyens consommateurs s’avère plus que nécessaire pour se prémunir contre la maladie et la manière dont elle se transmet.

T.O.A.

ddkabylie