Kamel Hamadi et Noura, hommage a un Duo DZ



Kamel Hamadi – Abdelkader Bendameche
Le père et le “fils adoptif”
2063_67830
C’est une grosse bouffée d’oxygène venant droit d’une Algérie à trois cent pour cent algérienne qui nous a permis de respirer, autour d’un café, Monsieur Kamal Hamadi (nous y reviendrons dans nos prochaine éditions) et Abdelkader Bendameche, un autre monsieur de la culture et “fanatique” d’algérianité. Les quelques deux heures que nous avions passé ensemble à discuter, plutôt à écouter s’agissant de nous, nous ont plongé dans un passé culturel que l’inculture aux commandes à empêcher de devenir notre avenir.

Les deux artistes ont réussi à nous rendre nostalgiques d’une époque que nous n’avons pas vécue. Nous savourions les yeux grands comme ça de succulentes petites anecdotes et des fragments de vie d’artistes partis dans l’anonymat. Bendali, Slimane Azem, Temmam, Farid Ali et beaucoup d’autres maquisards de la culture ont été rappelés avec émotion à la souvenance. “Tu te rappelles …”, s’interpellent, à notre grand bonheur, de temps à autre les deux hommes, les deux complices. Oui, la complicité est flagrante. Le téléphone sonne, c’est celui de Kamal Hamadi. Au bout du fil sa femme, la grande Noura qu’il avait laissée à Paris le temps que durera le colloque sur Bahia Farah. « Je suis avec des amis et mon fils adoptif (Abdelkader Bendameche) », dit-il à sa bien aimée avec le sourire. “Le fils adoptif” aussi ne se départit pas d’un sourire contagieux. Il nous parlera d’honnêteté intellectuelle et de plagiat, un mal qui ronge la culture. Il nous parlera à titre indicatif et sans avancer de nom, de l’usurpation de 9000 textes (poésie) par une seule personne. Terrible !

Mais toute cette vérité remontera un jour à la surface, y croit dur comme fer Monsieur Bendameche. L’homme ne cache pas son optimisme. “Ce colloque à Bouira en est la preuve”, argumentera-t-il. Lors des débats qui avaient suivi sa communication, un citoyen dans le public reprochait : “Comment se fait-il que c’est aujourd’hui que nous découvrons Bahia Farah ? Où étiez-vous”. Ce à quoi répondra le conférencier : “Et vous, où étiez-vous ?”. Autrement dit la culture, l’algérianité dans toute sa splendeur, est l’affaire de tous. De toute façon, elle est plus celle du citoyen avec un grand C que celle des cols blancs

T. Ould Amar
depeche de la kabylie

Boudouaou se souvient de Rachid Mimouni

Boudouaou se souvient du grand écrivain

rachid

Rachid Mimouni honoré

Le centre culturel de Boudouaou a abrité hier la première journée des activités du cinquième colloque national sur l’écrivain Rachid Mimouni coïncidant avec le 14e anniversaire de sa disparition.

rachid_mimouni

Cette manifestation, organisée par la direction de la culture de la wilaya de Boumerdès, en collaboration avec la commune de Boudouaou et le mouvement associatif local, a pour thématique « L’évolution du roman algérien d’expression française ». Elle est placée sous le signe « Le printemps n’en sera que plus beau ». L’ouverture officielle des travaux a été prononcée par le wali de Boumerdès en présence des responsables locaux et de plusieurs figures nationales du monde culturel, d’universitaires ainsi que des membres de la famille et des amis de l’auteur. Dans ce cadre, l’on peut citer, entre autres présents, Mohamed Lakhdar Maougal, Djillali Khallas, Kamel Abdou, Lahbib Sayah, ainsi que d’autres enseignants et chercheurs venus des différentes régions du pays. Les organisateurs de cette manifestation ont honoré à l’occasion le professeur Abdelhamid Bourayou, critique et traducteur, et l’écrivain Lahbib Essayah, en signe de reconnaissance pour leurs travaux et pour avoir traduit en arabe respectivement les très célèbres romans de Mimouni Le Fleuve détourné et L’honneur de la tribu. Outre l’exposition des œuvres et de photos de l’écrivain, ce colloque a été marqué par des interventions et des communications d’un très haut niveau sur la littérature algérienne d’expression française, l’évolution du roman et de la littérature algérienne, ainsi que le parcours littéraire de Rachid Mimouni. Dans son intervention, Mohamed Lakhdar Mouagal, l’un des fidèles à ce rendez-vous, a traité de la thématique du « printemps » dans le roman algérien, spécialement chez Camus, Mouloud Mammeri et Mimouni. Tout en expliquant le lien qui lie l’écrivain à la nature, l’intervenant précise que la thématique a été « discutée » par l’écrivain et l’anthropologue algérien Mammeri comme « une réponse polémique » à Camus dans son premier roman La Colline oubliée. Cela sera repris par Mimouni en lui conférant le sens d’une « prise de conscience », explique-t-il, en soulignant que chez nous : « Le printemps est un vrai problème. » Lui succédant, Kamel Abdou a axé son intervention sur les écrivains algériens d’expression française et l’identité. Dans son intervention intitulée : « La littérature algérienne d’expression française et identité : le clou de Djeha », l’orateur estime : « Mimouni est l’un des auteurs de la littérature du désenchantement laquelle consiste à raconter les malheurs que vit la société et Mimouni a pu le faire avec brio », estime-t-il. Intervenant dans ce cadre, l’écrivain Djillali Khallas a mis en exergue le courage et l’engagement de l’écrivain Mimouni lorsqu’il écrit, en notant qu’il a toujours dénoncé la bureaucratie, la dictature et qu’il a milité pour que l’Algérie soit libre et prospère. A noter que les travaux du colloque se poursuivront durant la journée d’aujourd’hui.

Par Ramdane Koubabi

el watanmimouni

elwatan

boudouaou

L’olivier en Kabylie, entre mythes et realites de Rachid Oulebsir

  • Vient de paraître : L’olivier en Kabylie, entre mythes et réalités de Rachid Oulebsir
    Un hymne à la sauvegarde de l’oléiculture

Faire revivre la saison de la cueillette des olives et les rituels tant pratiques que mythiques qui l’accompagnent, tel est le projet de Rachid Oulebsir, auteur de «L’olivier en Kabylie, entre mythes et réalités», paru récemment chez l’Harmattan.

Un livre inclassable qui emprunte à la technique de l’essai et, plus encore, aux genres journalistiques de l’enquête et du reportage. Rachid Oulebsir s’est déjà fait remarquer par des contributions sur le monde rural et l’économie agricole parues dans les colonnes de plusieurs quotidiens algériens dont celles-ci même. L’homme est en fait doublement fondé à aborder de tels aspects. Diplômé d’études approfondies en économie des ressources humaines des universités Paris Nord et Paris I Panthéon-Sorbonne (1978), il mène de paire ses fonctions de chef d’établissement scolaire et de fellah accompli. Profondément imprégné des réalités paysannes à travers des engagements dans les organisations de la société civile et une pratique agricole de tous les jours, il survole avec une grande maîtrise son sujet comme un dada.

L’ouvrage est un voyage indexé sur le rythme particulier de l’oléiculture, particulièrement à Tazmalt, zone qui concentre l’essentiel du verger oléicole de la vallée de la Soummam. A travers des reportages vivants, il saisit les diverses tâches accomplies par le fellah depuis les opérations de relance de l’olivier jusqu’à la cueillette et le pressage. Le lecteur découvre un monde qui en même temps qu’il se meurt semble aussi renaître de ses cendres. Malgré les quarante ans d’abandon qui ont coïncidé avec les options politiques «industrialisantes», les savoirs pratiques demeurent jalousement gardés par des initiés qui ne sont, heureusement pas, détachés des chaînons de la vie. C’est chez ceux-là, rémanence d’un monde en déshérence, que l’auteur est allé puiser la substance de son ouvrage en soumettant leurs pratiques et savoirs à une observation placide et minutieuse. L’olivier n’est pas seulement source de subsistance, il est un arbre emblématique de la Kabylie. S’y rattachent des pratiques mythiques et culturelles que l’ouvrage remobilise avec une agréable érudition. Rachid Oulebsir fait d’ailleurs d’une pierre deux coups : outre un glossaire de plusieurs termes et expressions berbères, on y trouve la fabuleuse pertinence du calendrier agricole berbère qui sert de feuille de route au paysan. Le lecteur en sort satisfait, de cette satisfaction que procurent les tâches les plus profitables. Et aussi rasséréné par une immersion dans de ce profond monde de la berbérité qu’on a toujours associé aux exhalaisons bénies de l’huile d’olive.

M. Bessa

depeche de kabylie

Rachid Oulebsir/

L’olivier en Kabylie entre mythes et réalités ; L’Harmattan, Paris, 2008 ;

188 p. 18 Euros.

Beni Amrane, Lakhdaria, Bouira,Yennayer 2959

Aseggas ameggaz

beni amrane

Marche des étudiants à Bouira
Entre Yennayer et soutien à la population de Ghaza

Il faut dire que la marche improvisée hier jour de Yennayer 2959 par les étudiants de l’université Akli -Mohand-Oulhadj de Bouira était à la fois pour dénoncer le génocide perpétré par l’armée israélienne contre la population civile de la bande de Ghaza depuis le 27 décembre dernier et réitérer la revendication identitaire pour l’officialisation de la langue Tamazight.
En effet, il était 11 heures passées lorsque la déferlante humaine a quitté l’enceinte de l’université portant un grand drapeau palestinien et un autre algérien, ainsi que des banderoles où l’on pouvait lire «Halte Au massacre de Ghaza» et «Tamazight langue Officielle»… La marée humaine composée d’étudiants et étudiantes a battu le pavé des rues de la ville de Tubiret scandant tantôt «Assegwas ameggaz, assa azekka  tamazight tella tella», ou encore «Ghaza Imazighen et win rakoum ya l’aareb ?» (Arabes où êtes-vous ?) Arrivés au niveau de l’esplanade qui fait face au nouveau siège de la Maison de la culture, les marcheurs ont marqué une halte suivie d’une minute de silence à la mémoire des martyrs algériens et ceux de la Palestine. Une déclaration a été toutefois lue par un étudiant et un enseignant en langue tamazight du département des langues, où ils ont tour à tour souhaité une bonne année imazighen en rendant un vibrant hommage à l’ensemble des étudiants qui se sont mobilisés pour dire halte au génocide contre la population civile en Palestine, dénoncer le silence de la communauté internationale et surtout celui des pays arabes devant ce véritable crime contre l’humanité, une déclaration devait être remise au wali de Bouira.  Rendez-vous est donné pour les festivités du 20 Avril prochain qui coïncide avec le Printemps berbère et le Printemps noir. Par ailleurs, une autre marche de soutien au peuple palestinien a eu lieu dans la ville de Sour El-Ghozlane, d’autres marches similaires ont eu lieu avant-hier et vendredi dernier dans les rues des villes de Lakhdaria et Bouira. Ainsi, la frustration des citoyens monte crescendo devant ce qui se passe en Palestine, et les images insoutenable montrées quotidiennement par les médias. Par ailleurs, le risque de dérapages et de manipulation est grand, les services de sécurités restent sur le qui-vive pour parer à toute éventualité.
M. Adjaout

le Jeune Independant,  Alger

13-01-2009

Foire de l’huile d’olive et du miel


Des expositions des produits oléicoles et apicoles ont été présentés au public venu des régions avoisinantes.

Aseggas ameggaz. La population d’Ath Amrane célèbre yenneyer 2959, le nouvel an berbère. Une ambiance festive règne dans cette commune du sud-est de la wilaya de Boumerdès.

Pour marquer cet événement, une foire de l’olive et de ses dérivés a été organisée par la municipalité. Cette manifestation, première du genre dans cette localité, s’est distinguée par son organisation et la mobilisation de la population qui, enthousiasmée, a répondu favorablement à l’appel de ses élus. Des expositions des produits oléicoles et apicoles ont été présentés au public venu des régions avoisinantes.

Cette manifestation s’inscrit aussi dans le cadre d’un programme visant l’édification et la vulgarisation des produits liés à l’oléiculture et l’apiculture et beaucoup plus au développement du secteur riche en potentialités agricoles. Parmi les exposants, un propriétaire d’une huilerie, s’est exprimé : «L’huile de la région d’Ath Amrane se distingue des autres régions par sa qualité et son goût exceptionnel, elle est utilisée non seulement à des fins alimentaires mais aussi pour des massages thérapeutiques». Ath Amrane, la commune historique, se distingue par ses particularités et plus particulièrement à son relief et ses massifs forestiers surplombant le chef-lieu communal. Les potentialités en matières avicoles sont des plus importantes, puisque sur une superficie agricole totale de

3 310 hectares, 2 512 hectares sont utiles. La surface destinée à l’arboriculture représente 70 %, soit 1 739 hectares dont la majeure partie est occupée par les oliveraies qui se chiffre à 1 576  ha. Un représentant communal chargé de la communication, a affirmé que la production totale est de 30 732 quintaux d’olives, soit une production à l’hectare de 1 560 kg Le rendement moyen est estimé à 18 litres par quintal. Selon lui, la commune d’Ath Amarane a produit à elle seule pas moins de 553 000 litres d’huile d’olive, soit 5 087 quintaux

d’olives. En matière d’équipements oléicoles, notre interlocuteur a affirmé que la commune de Béni Amrane compte à son actif 12 huileries et que seulement 9 sont en activité dont 7 traditionnelles et 2 à chaînes continues.

Outre les produits oléicoles et apicoles, des tapis artisanaux ainsi que des ouvrages et des brochures en tamazight ont été exposés.

Un film sur la production de l’huile, la cueillette et la trituration a été projeté. Ce dernier, rappelons-le, a été réalisé par une équipe de cinéphiles amateurs de la localité. L’hospitalité des habitants de Ath Amrane n’a pas échappé à la règle, puisque tous les participants et les visiteurs ont été conviés à un couscous garni. Il convient de rappeler que cette manifestation qui s’étalera jusqu’à jeudi prochain, a été inaugurée par le wali de Boumerdès, Brahim Mered, lequel était accompagné d’une forte délégation composée de députés, de sénateurs et de personnalités civiles et militaires ainsi que des membres de l’exécutif de la wilaya. Un burnous artisanal typiquement kabyle a été offert par la population locale au premier responsable de la wilaya. Un geste apprécié par ce dernier, ce qui confirme l’hospitalité de la région.

Par A. Kichni

le jour d’algerie

Nouvelle Publication, Kabylie Magazine

EditionLe numéro 1 de Kabylie Mag sur le marché

Un nouveau-né dans la presse, il s’agit du magazine Kabylie Mag. Ce numéro°1 qui vient de voir le jour est édité par l’agence Ray May dirigée par Samira Benbouzid directrice de publication. Cette nouvelle revue propose plusieurs rubriques et thèmes sur différentes activités culturelles et sportives. Ainsi en y trouve un entretien avec la vedette de la chanson kabyle Ferhat Iguercha, cet artiste à la voix chaude qui nous fait part de son parcours dans l’univers de la chanson. Egalement, un espace a été réservé à la femme dans cette revue qui a pénétré dans les profondeurs de la tradition kabyle tout en symbolisant la robe kabyle dans ses différents modèles, ainsi que plusieurs espaces cuisine, beauté, horoscope et phytothérapie. Cette dernière a réservé une grande place au comédien et animateur de la chaîne berbère BRTV, Kamel Tharwiht, qui lance la sortie de son premier film Yeccur-w-ul dans les salles de cinema de Paris. Dans ce film, Kamel interprète le rôle d’un jeune kabyle sans papiers parti à la conquête de l’eldorado parisien. La vue panoramique de Kabylie Mag représente la beauté de la culture kabyle.

Kahina Idjis

ddkabylie

27 decembre 2008

  • Un dossier sur le mannequinat en Kabylie au menu
    Le numéro 02 du magazine Miss Kabylie dans les kiosques

Le numéro 02 du magazine culturelle Miss Kabylie est en vente dans les kiosques. Une belle brochure de 72 pages toutes en couleurs. D’une conception attractive, le contenu est aussi riche et varié assorti d’un poster en pages centrales de l’artiste idole des jeunes, Aït Hamid. Plusieurs sujets y sont abordés, entre autre un dossier sur l’activité du mannequinat en Kabylie, la 8e édition de la Fête des bijoux d’Ath Yenni, la Fête du tapis d’Ath Hichem, et plein de nouvelles, interviewes et reportages photos d’artistes kabyles connus et moins connus. On y trouve aussi des espaces consacrés au théâtre, au mouvement associatif, à la gastronomie, à la beauté, aux nouvelles mamans, comment réagir face à un enfant turbulent ? Le magazine comprend également des grilles de jeux. En somme  » un sous la main  » assez complet facile à digérer, à découvrir avec beaucoup de plaisir.

Etat civil, Anthroponymie et Toponymie en Algerie

Cette série d’ articles vient completer deux anciens billets avec des riches contributions traitant des origines de nos Noms de famille, et celui de nos villes et villages.

bonne lecture, et merci pour le travail de nos Universitaires;

 »Il est temps que les toponymes d’origine reprennent droit de cité »

Youcef  Merahi

Au cours de ce séminaire, on a essayé de lier l’anthroponymie et la toponymie avec l’histoire, en venant de la période antique à nos jours. Car, chaque période dans ce pays a fait boom ou a dénaturé, édulcoré les noms, plus particulièrement les toponymes pour, au fait, les lier à l’identité de celui qui est présent sur le terrain. Il y a la période française qui a eu deux séquences, l’une sénatus-consulte qui a cassé le territoire pour l’accaparer ensuite la mise en place d’un état civil pour que les grandes familles, tribus soient nucléarisées de telle sorte à ce qu’ils appliquent le fameux principe de diviser pour mieux régner.

En ce moment, en termes d’état civil, d’anthroponymie et de toponymie, il faut que les pouvoirs publics se penchent sur le problème. Là, on a l’impression que chaque commune s’érige en miniparlement. Il y a des prénoms qui passent en Kabylie et qui ne passent pas à Batna. Les différents occupants et colonisateurs ont fait la même chose… Il est temps que les toponymes d’origine reprennent droit de cité. Ce travail doit être fait par les chercheurs, universitaires et spécialistes, ce n’est pas une décision administrative.

Doctorant en anthropologie linguistique à l’EHSS de Paris, il est l’auteur de la communication intitulée : « L’anthroponymie libyco-berbère et son apport à l’histoire et à la généalogie » lors des journées :  » Amazighité et histoire, onomastique et identité », organisées par le HCA.

Il nous parle avec passion et finesse de son domaine complexe et sensible qui est l’onomastique et de ses diverses ramifications : Anthroponymie, toponymie et microtoponymie.

Saïd Toudji, expert dans le domaine de l’amazighité

“La microtoponymie est un domaine sensible”

Lors du séminaire « Amazighité et histoire, onomastique et identité » tenu à Zeralda, le 17 et 18 décembre derniers, des experts ont souligné la nécessité de la prise en charge, par les pouvoirs publics, des problèmes liés à l’anthroponymie et à la toponymie. Ce qui a été longuement explicité et étayé par les chercheurs spécialistes, chacun dans son domaine, le long des exposés et débats du séminaire.

La Dépêche de Kabylie : Que faire pour éviter les fausses interprétations en travaillant sur l’anthroponymie et la toponymie ?

Saïd Toudji : On ne doit pas perdre de vue que l’anthroponymie et la toponymie sont des branches de l’onomastique, donc à la base, des sciences linguistiques. Ce qui veut dire qu’interpréter un toponyme ou un anthroponyme commence par une analyse linguistique, en identifiant la racine de base (en retirant les morphèmes grammaticaux). Pour dégager la racine de base et chercher les sens se rapprochant de celle-ci en inter dialectal. Enfin, il faut prendre le sens dans trois (au moins deux dialectes éloignés) dialectes. L’analyse doit être complétée par les éléments de la tradition orale (tradition, us, légendes et histoires…) relatives au nom du lieu ou de personne.

Dans le domaine berbère, Salem Chaker a tracé les grandes lignes d’une analyse linguistique complétée par les données de ses différentes sciences annexes.

Voulez-vous nous donner un exemple de la méthode d’analyse lexico-sémantique?

Cette méthode est basée sur le comparatisme interdialectal, en pratiquant le rapprochement lexical. En essayant, toutefois, de relier la racine anthroponymique (consonantique) à un terme récent, attesté au niveau des dialectes actuels (en intercalant des voyelles).

Si l’on ne trouve pas exactement les mêmes consonnes, on pourrait imaginer une altération phonétique, métathèse ou assimilation. L’analyse systématique de chaque anthroponyme de ce fait, est liée aux étapes suivantes :

1- Identification de la racine (structure consonantique du mot).

2- Elimination des morphèmes grammaticaux (Nom d’agent, factitif, etc.), puis intercalation de voyelles à la racine consonantique (pour essayer de rétablir la forme anthroponymique à analyser).

3- Chercher le sens en synchronie (comparatisme interdialéctal), en étudiant les variations phonético-phonologiques.

4- Chercher les racines ayant le même sens ou des sens rapprochés avec la racine qu’on étudie.

Cette méthode peut être illustrée par l’exemple suivant :

* IDR (CHB: 260).

* YDR : ≤il æ ≤

– YDR = Y-DR (il æ)

DR = DR = vivre / ê. vivant / survivre / exister :

« Idir / dder / edder (Pan-berbère): (ZRD : 368-370; CHE : 130) » ;

DR = abaisser / baisser / descendre / diminuer : « Ader / uder / adder

(P.b.): (ZRD : 371-373/ CHE : 130);

DR = s’abriter; se mettre à l’abri de : « Dari / ddari (KAB: 153) ».

-« Il vit / (qu’) il vive »;

-« Il est abaissé/diminué »;

-« Il s’abrite ».

fi « Il vit / (qu’)il vive ». Forme rapprochable de l’actuel ≤ Yidir ≤.

Abréviations :

– ZRD = NAIT-ZERRAD (K.) : 1999 — Dictionnaire des racines berbères, (formes attestées) t. II (C-DSN), Paris-Louvin, Peeters.

– CHE : Chenoua.

Qu’en est-il de la microtoponymie ?

La microtoponymie est un domaine sensible et des plus conservateur, parce que fixé par l’oralité. Il est omniprésent dans l’imaginaire : l’imaginaire commun villageois…Il reste pérenne, c’est un domaine très conservateur où on peut trouver des traces et indices concernant l’évolution de la langue.

Propos recueillis par Kessi Ahmed

Espace NounDjilali Kays et Anaïs Pachabézian exposent leurs œuvres

Djilali Kays est un nom qui s’est imposé dans le domaine de la photographie algérienne. Maquettiste et cadreur, il collabore, depuis une vingtaine d’années, dans divers magazines d’illustration de livres d’art. Anaïs Pachabézian est une jeune photographe française parcourant l’Afrique de l’Ouest depuis plusieurs années. Ces deux photographes ont décidé de mettre en œuvre leurs aventures par des portraits, où ils montrent de manière très sensible, des lieux, des hommes et des femmes en quête d’une vie meilleure. A travers le regard de ces photographes talentueux, l’exposition, qui a pour thème : « Des hommes et des frontières », propose de suivre le quotidien d’hommes et de femmes africains qui ont quitté leur pays à la recherche d’une vie décente. Ils ont tous franchi plusieurs frontières et parcouru des milliers de kilomètres pour arriver là où ils sont aujourd’hui. D’autres frontières se sont dressées devant eux. Ils gardent tous l’espoir de les franchir un jour. En attendant, ils survivent dans des squats ou des abris de fortune. Entre peur, attente et solitude, ils se cachent des autorités locales. L’exposition a parcouru Bamako du 6 au 20 octobre ensuite Rabat du 20 au 5 décembre et elle est à Alger du 11 au 31 décembre à la galerie d’art Espace Noun. Nacéra Saidi, organisatrice de l’exposition et copropriétaire de la galerie, estime qu’ »il y a une possibilité pour que l’exposition se prolonge jusqu’au 3 janvier, vu le nombre important de visiteurs que l’exposition a enregistré, surtout des jeunes qui sont venus apprécier les œuvres et les portrait.s” Ces derniers sont réalisés en noir et blanc par Djilali Kays et d’autres en couleur de Anaïs Pachabezian. Un petit coin a été réservé pour y exposer un ensemble de livres ayant pour thème « L’homme le plus triste, l’exil, la vie comme elle est et la nuit sur la figure”, préfacés par Yasmina Khadra.

C’est des livres qui proposent des paroles et des portraits de migrants illustrés par les photos de Kays Djilali, mettant en scène, avec pudeur et respect, des silhouettes, des visages et des témoignages de ces hommes qui ont tenté l’aventure. C’est pour Youssouf, Moussa, Fabrice et bien d’autres encore que cette exposition a été conçue. Pour leur rendre leur dignité, pour que les droits humains soient respectés.

Mais également pour modifier le regard qui est porté sur ces hommes, ces femmes et ces familles vivant dans l’ombre et qui cherchent tout simplement à améliorer leurs conditions de vie.

Kahina Idjis


ddkabylie

La nouvelle génération des teen-agers à Tizi-Ouzou



Du folklore à la tecktonik !

Nouveau look, nouveau langage, nouvelles priorités, nouveaux hobbies et une toute autre vue  sur la vie. La nouvelle génération des jeunes adolescents « tiziouzéens » n’est plus ce que leurs prédécesseurs étaient.

Si l’ancienne génération d’adolescents croyait être à l’origine de « LA » révolution, la nouvelle a fini par chambouler l’ordre des choses et faire de la ville des Genêt son territoire. Le soulèvement est essentiellement d’ordre culturel. Nul n’a le droit, dorénavant, d’imposer un style musical autre que ce qui s’écoute aux quatre coins du monde, dans les boites les plus branchées d’Ibiza même, leur tenue vestimentaire ne répond à aucune norme culturelle locale.

Tout passe ! Du slim au battle, à la jupe toutes longueurs confondues, même les plus inimaginables, aux mini-tee-shirts ultra moulants dans tous les tons de l’arc-en-ciel, même les plus extravagants. Ils rodent, de préférence en bande. Ils forment des groupes de musique ou de danse. La tecktonik fait généralement partie de leur univers quotidien. Ils ne jurent que par les émissions télé les plus branchées, et certainement pas les plus instructives, telles que « Next » et « Parental Control ». Leurs idoles font partie des célébrités les plus en vue d’Hollywood. Absolument rien à voir avec les chantres kabyles d’antan, tant prisés par les anciennes générations d’adolescents. Ceux-là même qui jusqu’il y a quelques années ont fait vibrer le cœur du plus rude des Kabyles. La nouvelle vague « teen », elle, n’accorde pas trop d’importance aux paroles. Pourvue que ça rythme ! la preuve, même le fameux groupe allemand « Tokyo Hotel », dont une majeure partie de son répertoire est dans leur langue maternelle, a su se faire une liste très longue de fans chez les jeunes de Tizi-Ouzou. « ça ne m’intéresse pas tellement de savoir ce que racontent leurs chansons. Il est aussi important de développer son oreille musicale. C’est ce que je fais quand la langue m’est inaccessible.

Le rythme prime sur tout à mon avis », nous explique Mourad, 16 ans et demi, en 2e année langues étrangères dans un lycée de la ville et surtout grand fan de Tokyo Hotel. Si l’on se fie aux explications de Mourad, le mot d’ordre devient alors : Si ça vibre, ça bouge et que c’est branché, c’est de la bonne musique ! Adieu les belles paroles, la recherche poétique et la superbe rime. Ce qui fait vendre, c’est le ton, le genre et la notoriété outre-mer. Nos « teens » peuvent dorénavant se mêler aisément à la foule, dans m’importe quel quartier « in » des capitales européennes.

« Si je m’habille super à la mode ce n’est pas pour faire l’intéressante. Je suis très coquette et je tiens à être à la page des dernières tendances. Mon truc c’est de me rapprocher le plus de mes idoles musicales et cinématographiques. Et pour l’instant ce sont dans l’ordre Britney Spears et Angelina Joli. Vous imaginez l’effet que ça doit faire sur le budget de mes parents et le style de ma garde-robe ! », nous dira Djazia, alias Djezz, 17 ans en terminale. Ce qu’on imagine « Djezz » c’est la tête de ton père en te voyant dans les fringues de Britney pour aller au lycée ! Dur dur d’être un papa ! Le plus cool des pères frissonnerait, ne serait-ce qu’un peu, devant ce tableau. Et encore, le changement n’est certainement pas que d’ordre vestimentaire. La mentalité même de ces jeunes a subi un bon « formatage ». Le « lifting » du cerveau a donné. On ne parle plus de rentrer à la maison après les cours, on se retrouve dorénavant au snack branché, ou dans la salle de danse pour répéter les « chorés ». On ne peut pas dire que les bibliothèques sont bondées de jeunes ces dernières années. Quand ils n’ont pas de voitures-les plus chanceux sont ceux qui ont l’âge légal pour prétendre au permis de conduire et qui ont les moyens de se payer une belle bagnole-ils comptent sur leurs frères ou sœurs aînés pour les déplacer ou leur faire faire des tours !

Les plus malheureux collent leurs copains et squattent les caisses de leurs camarades. Pourvu qu’ils soient de la partie ! C’est à la mode, paraît-il, de roder sans cesse dans les quartiers de Tizi-Ouzou. Les quartiers populaires ne sont pas prévus dans la tournée bien entendu ! On « tue le temps » lecteur CD à fond si possible. On parle de joujoux et de derniers gadgets même si ce ne sont pas toutes les bourses qui peuvent se les permette. En parler signifie qu’on est branché technologie et qu’on est à l’ère des nouveautés dans le monde. Histoire d’épater, rien d’autre. Les plus malheureux, rodent en groupe, à pied — garçons et filles — et sillonnent les rues de la ville, s’arrêtant de temps à autre pour admirer une tenue dans une vitrine, sinon pour demander au disquaire du coin le dernier album de tel chanteur ou le dernier DVD de tel réalisateur ou humoriste célèbre. Cela débouche dans la plupart des cas sur une longue conversation et large débat sur les goûts musicaux ou cinématographiques de chacun des membres du groupe. On se permet même des critiques, dans la plupart objectives et fondées. Mais surtout inspirées des critiques parues dans les colonnes des revues poeple qui se vendent d’ailleurs comme des petits pains à Tizi-Ouzou. Grâce à ce genre de lecture on sait tout sur les couples les plus en vogue d’Hollywood, les divorces en vue, les coups de gueule des stars et les projets artistiques de toutes les célébrités. On ne parle plus de nos petits artistes locaux. On ne les connaît même pas.

On ne jure que par la star qui fait la Une de VSD, Fan de et Closer, pour ne citer que ces références. Le mot bouquinage devient une blague chez certains. Ce n’est heureusement pas le cas de tous ces jeunes. Mais même ceux qui font des efforts de lecture utile vont plutôt vers les romans à l’eau de rose. La tendance n’est pas aux grands romanciers. Mais mieux vaut un Guy des Cars qu’un Closer bien froissé. En effet, pour la bourse d’un adolescent, trois ou quatre revues par mois, à 350 dinars chacune, cela fait beaucoup de sous. Alors, les copains s’organisent et achète chacun un titre. Pour un petit budget, on peut profiter de plusieurs titres. « Tout est question de calcul. Chaque mois j’achète la revue de mon choix. On se concerte d’abord avec les potes pour qu’il n’y ait pas d’achat double. Dès que je termine la lecture de ma revue, je la passe à un de mes copains qui me passe celle qu’il a acheté et lu lui-même. On est quatre à faire ça. Au bout du compte j’aurai lu quatre revues pour le prix d’une. Je n’achète pas toujours la même pour pouvoir conserver des titres différents car chacun garde sa revue après qu’elle soit lue par toute la bande », nous dira Anis, 16 ans. Lui a quitté l’école, depuis une année et effectue un stage en froid et climatisation au sein d’une école de formation affiliée à une entreprise spécialisée dans le domaine. Il dit garder contact avec ses potes parce qu’il n’arrive pas à se faire de nouveaux amis dans sa promotion. Anis juge ses nouveaux camarades super “has-been.” Tout simplement démodés, à son goût. Garçons ou filles, ces nouveaux teens donnent du fil à retordre à leurs parents. Ces derniers n’arrivent plus à suivre leurs enfants ni à contenir leurs élans et leur soif de « liberté ». Ce n’est jamais assez. Les parents sont effrayés. Entre l’envie de faire plaisir à leurs enfants et celui de préserver leur dignité et réputation, surtout pour ceux qui ont des filles, ils ne savent plus où donner de la tête. Ils veulent bien comprendre les nouvelles tendances et la nouvelle vie que veulent leur imposer leur progéniture, mais en même temps ils craignent la réaction de la société et les répercussions d’un éventuel laxisme. Les plus malins donnent intelligemment. « De toute façon ma fille obtient toujours ce qu’elle veut. Autant le lui donner soi-même. Je ne veux pas qu’elle fasse ce qu’elle veut en cachette. Seulement je ne lui autorise pas tout. Du moins pas à la fois. Et ça marche. Je ne donne que quand elle le mérite. Et elle fait tout pour mériter ce qu’elle obtient. Elle est brillante au lycée. Elle sera en terminale l’année prochaine. Elle est dans la bonne voie. Elle est brillante dans ses études. Très studieuse. Si un concert de jazz ou de rock même à Alger l’encouragerait à faire mieux dans sa scolarité, je ne suis pas contre. Et elle est prévenue si elle venait à régresser dans une matière ou une autre », nous raconte Nadia, 48 ans maman de Sonia. Si Sonia doit aller à Alger pour se faire un concert de jazz, c’est parce qu’il n’y a pas tellement d’animation au goût de nos teens des temps modernes. A part les différentes possibilités qu’offre la Maison de la culture à ces jeunes, notamment pour des cours de solfège et autres leçons pour la maîtrise d’instrument musicaux, de danses folkloriques et modernes, rien n’est conçu pour ces jeunes qui se ruent sur ces opportunités et organisent même au sein de la structure des spectacles de danses contemporaines dès que possible. Une manière de se rapprocher de leurs compères algérois qui sortent en boîte chaque week-end. « On manque beaucoup de moyens de divertissement à Tizi-Ouzou. Pour aller en boîte de nuit je suis contraint de faire le déplacement sur Alger. J’aurai aimé ne pas avoir à me déplacer pour avoir un peu de bon temps », nous dira Ali, 19 ans, en préparation d’un TS en marketing dans une école privée très en vue à Tizi-Ouzou. Ali a découvert les joies des discothèques l’été dernier grâce à son cousin Rachid qui habite Alger. Et depuis notre Ali se paye ce luxe au moins une fois par mois.

Comme nous le voyons, les temps ont changé comme bien de choses à Tizi-Ouzou. Dans une société aussi normative qu’est la Kabylie, il n’y avait pas de place jadis pour de telles extravagances. C’est dorénavant permis dans certains milieux. Bon ou mauvais point, si cela peut rendre la vie meilleure à certains… !

Samia A-B.

kabyliemag@yahoo.

depeche de la kabylie