Pages d’Histoire

1er novembre 2007 > Histoire

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Ferradj Makhlouf et Laïd ahmed Ould Mohamed

Ces mineurs guillotinés par la France

Ferradj Makhlouf avait à peine 17 ans — ou même pas, puisque présumé en 1939 — lorsque le tribunal des forces armées coloniales d’Alger prononça la sentence, le 26 mars 1956 : peine capitale contre le jeune homme originaire de l’ex-Palestro (aujourd’hui Lakhdaria), journalier de son état, comme l’écrasante majorité des Algériens de l’époque.

Les juges n’ont pas pris la peine de le déférer devant le tribunal pour enfants. Ferradj Makhlouf, fils de Moussa Ben Boularès et de Hamama Makhlouf, sera guillotiné le 22 juin 1957 à 3 h 35, à la prison de Serkadji (ex-Berberousse), sur les hauteurs d’Alger. Il sera exécuté froidement en compagnie de ses frères Hahad Abderrazak Ben Mohamed, Gacem Mohamed Seghir et Labdi Jafar Ben Abdelkrim. « Selon l’état civil, l’enfant du douar de Berrouta devait avoir 18 ans et, si l’on se réfère à son statut de présumé, le supplicié aurait pu être plus jeune, car il aurait pu être né le 31 décembre 1939 », relève El Hadj Cherrouk, responsable de l’organique à l’Association des condamnés à mort par la France coloniale. La France avait décapité un mineur, fut-il « hors-la-loi » en ce sens que la majorité civile était fixée à l’époque à 21 ans. Selon les archives, un autre mineur, en l’occurrence Laïd Ahmed Ould Mohamed, a subi lui aussi les affres de la « Veuve » (ndlr : la guillotine), jugé pour une opération de fida devant un cinéma fréquenté par les soldats français. « Laïd était âgé entre 17 et 18 ans le jour de son martyre », affirme Abdelkader Benyahia, coordinateur régional de l’ouest à l’Association des anciens condamnés à mort. Recencé en tant que fidaï (combattant en milieu urbain) opérationnel dans la région de Maghnia (wilaya de Tlemcen), le chahid Laïd Ahmed Ould Mohamed est « assassiné » le 3 juillet 1956 à l’aube, soit deux semaines après la lâche exécution des premiers chahids guillotinés, Ahmed Zahana plus connu sous le nom de Zabana et de Abdelkader Makhlouf, frère de Ferradj Makhlouf.

Djamel Zerrouk

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Hommage à El Hachemi chérif

7 octobre 2007 > Histoire

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hachemi cherif

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… Mais pourquoi la vie nous a-t-elle séparés ?

El Hachemi Chérif, tu es né le 5 octobre 1939 à Béjaïa et tu as quitté ce bas monde le 2 août 2005. Pour l’année de nos 68 ans, souvenons-nous et pour mémoire.

C’était en 1962. Nous avions tout juste 23 ans. Je me souviens de ton insistance à vouloir me prendre pour épouse légitime. J’étais alors inspectrice des centres sociaux— région 2, zone 1, wilaya IV —. Te souviens-tu ? L’aspirant Si Nacer Kouar, inspecteur général des centres sociaux de la zone 1, wilaya 4, est venu me vanter et insister sur tes qualités humaines et intellectuelles. Je ne te connaissais nullement auparavant. Je venais de sortir (19 juin 1962) de prison et je voulais goûter à la liberté, à l’indépendance de l’Algérie fraîchement acquise. Je n’étais donc pas préparée au mariage. D’ailleurs, mon grand frère s’y était opposé. Plus tard, avec l’accord de ma grande famille, j’ai accepté d’être ton épouse. Est-ce un mariage de raison ? Non. Est-ce un mariage traditionnel ? Non. Tu étais un moudjahid (secrétaire de zone dans la wilaya IV),et c’est ce qui a motivé mon accord, car ta demande était sincère. J’étais pleine de rêves et c’est le 6 septembre 1962 qu’a eu lieu la Fatiha de notre mariage et c’est le 15 septembre1962 que nous avons fêté l’alliance entre nos deux familles. Ô El Hachemi ! souvenons-nous… Tu as été nommé sous-préfet à Palestro que tu as débaptisé Lakhdaria, du nom du grand chahid le commandant Si Lakhdar. Tu as été nommé avec trois autres de tes compagnons de lutte de la wilaya IV, toi à Palestro, Abderrahmane Chergou mon cousin et ton ami à Miliana, Abdenour Ben Smaïl à Maison Blanche et Cherchali, je ne me souviens plus exactement où. Nous avons habité quelques mois à la sous-préfecture de Palestro. Là, tu avais un travail colossal à faire à l’exemple de la reconstruction du pont de Lakhdaria, la construction de l’hôpital et d’ autres tâches à assumer. Nous étions estimés de la population dans cette sous-préfecture. Souvent tu rendais visite au père du commandant Si Lakhdar. Ô El Hachemi ! tu me disais : « La terre à celui qui la travaille ». Tu pensais déjà à la réforme agraire. Puis, ton profond attachement à la vie politique a activé ton choix vers le militantisme et tu l’as concrétisé. Nous sommes venus sur Alger. Nous attendions la naissance de notre fils aîné, Billal, qui est venu au monde en juillet 1963. A cette époque, tu as rejoint la RTA (Radio Télévision Algérienne) où tu fus nommé directeur de la revue de la RTA. Puis, par la suite, tu as versé dans la réalisation. Tu devins réalisateur et tu as formé à l’école de l’audiovisuel, de nombreux jeunes réalisateurs. Un autre moment fort de bonheur, la naissance en mai 1967 de notre fille Myriem. Tes qualités socioprofessionnelles et humaines ont contribué à ton élection en tant que secrétaire général de la section syndicale de la RTA, puis le Congrès des travailleurs de l’éducation et de la culture (FTEC) t’a élu de secrétaire général de la Fédération. Toute l’Algérie se souvient de la FTEC et de son rôle édifiant. Ô El Hachemi ! il a existé et il existe entre toi et moi, en ta mémoire, un profond respect, sans limite jusqu’à ce que nos âmes se rejoignent. Je t’ai accompagné en digne épouse qui ne sait pas manipuler, qui est fille du peuple et non une femme de salon. J’étais, je reste une fière maman de nos beaux et dignes enfants, Billal et Myriem. Mon devoir est de les accompagner sur le chemin de l’espoir, de la justice et de l’amour de notre patrie l’Algérie.

En ta mémoire

Ratiba Chergou

http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=24096