Solidarite du peuple d’Alger avec Gaza


video d’echorouk, un quotidien arabophone le plus lu d’algerie, d’une manifestation « spontanée » en fait, à la sortie de la mosquée d’un quartier d’alger le vendredi, presque une semaine aprés l’invasion barbare israelienne, cette manif n’a pas été autorisée mais s’est deroulée malgre tout, evidement, le gouvernement voudrait en faire une mais avec pleins de policiers autours et autres moukhabarates, ou si c’est pas facile a organiser, on la fera dans la cage à poules de la coupole du 5 juillet d’alger.

caricature

capturerCaricature de presse ( hic ) et capture d’ecran du quotidien le SOIR d Algérie

Region de Lakhdaria, Reportage Novembre 2008

Dans le fief des groupes terroristes

Sidi Ali Bounab, les Issers, Beni amrane, Ammal : Dans le fief des groupes terroristes

En cette journée ensoleillée d’hiver, Sidi Ali Bounab, qui culmine sur une série de collines aussi belles les unes que les autres et aussi majestueuses que celles qui forment la chaîne de montagnes de la Haute Kabylie, a l’air d’être si hospitalière que l’on oublie vite l’horrifiante réputation qu’elle s’est faite durant les années 1990. Elle fut une sorte de Tora Bora algérien à partir de laquelle étaient planifiées, déclenchées toutes les actions terroristes ayant ciblé tout le centre du pays. Par ici aussi, la nature n’a pas été avare. Elle a été si généreuse qu’on ne peut dénier le grand soin que la Providence a pris de cette région et que la bêtise humaine a transformée en chaos.

Tizi Ouzou et Boumerdès.

Comme les autres jours de cette saison de labeur, la population vaque à ses occupations : travail aux champs et cueillette des olives. Mais l’image « Ushuaïa » qu’offre de prime à bord cette région se dissipe au premier contact avec la réalité. Ce n’est, en fait, qu’une illusion. En sortant des Issers, le premier check-point mixte armée populaire nationale-garde communale, installé depuis peu de temps, à environ un kilomètre du centre-ville, donne déjà quelques sueurs froides. Le chemin qui reste à faire pour arriver au sommet de la colline est des plus dangereux. Il y a un peu plus d’un mois, un citoyen engagé dans la lutte contre le terrorisme dans les années 1990 a été enlevé au lieudit Taawint Tassemat (fontaine fraîche). Youcef s’était pourtant rangé depuis longtemps en travaillant comme cuisinier à Bordj Ménaïel. Il revenait souvent dans son village sans être inquiété. Mais ce jour-là, le groupe terroriste qui écume la région ne lui a laissé aucune chance. Il a dressé simultanément deux faux barrages sur les deux chemins qui descendent de Timezrit vers les Issers. Youcef devait emprunter l’un ou l’autre. A 15h, en plein jour, les quatre terroristes qui l’attendaient à Taawint Tassemat le font descendre de voiture, le ligotent et le jettent dans une camionnette de marque Toyota avant de démarrer en trombe vers une destination inconnue. A la tombée de la nuit, beaucoup d’habitants d’un village situé à quelques encablures seulement du lieu du rapt, indiquent des citoyens rencontrés sur place, ont entendu les cris déchirants de la victime, torturée par les terroristes. Le supplice a duré deux jours, selon les mêmes témoignages, avant que la tête de Youcef ne soit « exposée », le surlendemain, sur un trottoir à Bordj Ménaïel.

La terrifiante nouvelle a fait le tour de la région. La psychose s’y installa de nouveau après l’illusion donnée par une fausse accalmie qui n’aura duré que quelques mois. D’aucuns se demandent alors comment, dix ans après avoir mis fin à son engagement dans la lutte contre le terrorisme, les terroristes ne l’ont pas oublié ? Des sources sécuritaires locales, qui ne tarissent d’ailleurs pas d’éloges à son égard – il a contribué à l’élimination d’au moins une douzaine de terroristes en 1999 en donnant des informations exactes sur leurs caches – soutiennent que la victime était certainement suivie depuis longtemps. Ceux qui sont au fait de la situation sécuritaire dans la région soutiennent qu’au moins deux informateurs auraient contribué à l’assassinat de Youcef. L’un a dû renseigner le groupe terroriste que le défunt quittait Bordj Ménaïel où il travaille pour se rendre dans son village ; l’autre a dû donner l’alerte lorsqu’il s’apprêtait à rentrer le soir de Timezrit. Un citoyen rencontré dans la localité dit que « l’assassinat de Youcef renseigne sur l’efficacité et le nombre de soutiens que le terrorisme continue à avoir dans la région ». Pas plus tard que le mois dernier, les services de sécurité ont démantelé un important réseau de soutien au terrorisme dans deux villages limitrophes de la ville des Issers : Bouchakour situé à un jet de pierre de la route qui mène des Issers à Draâ El Mizan et Ouled Bentafath – où des témoins auraient vu passer un important groupe comptant parmi ses membres une jeune femme vêtu en treillis de para – sur le chemin entre Timezrit et Sidi Ali Bounab. Dans l’un comme dans l’autre, les forces de sécurité ont arrêté trois membres de ce réseau de soutien. Mais tout porte à croire que ce n’est là que la partie apparente de l’iceberg. Car sans ses soutiens, les terroristes n’y auraient pas survécu. Et il y en existe encore, indique, sûre d’elle, une source locale.

Mais au-delà de ces appuis, le terrorisme semble aussi être une histoire de famille et sans doute également de connaissance parfaite de la géographie locale. Presque tous les membres de la « seriat » (section) des Issers, qui active jusqu’au confins de la commune de Timezrit et aux limites de la commune de M’kira au sud, sont natifs des Issers. C’est le cas aussi de L’émir du groupe El Hachemi El Hachemi, alias Soheib, qui habitait au centre-ville, et de son vétéran, un certain Belaïd, âgé aujourd’hui de plus de 55 ans. Leurs acolytes, les frères Torfi, un certain Riahla et un certain Delci, sont originaires des villages environnants. Depuis des années, cette bande de terroristes sévit dans cette région sans être jamais tombée dans les filets des services de sécurité, fait remarquer notre source. Pour beaucoup, ce serait faux de ne pas penser que ce ne serait pas elle qui aurait prêté main-forte en préparant la logistique nécessaire à ceux qui ont planifié et exécuté le sanglant attentat-suicide qui a ciblé, à la mi-août dernier, l’école de formation de la gendarmerie des Issers. Activant sur un terrain dont il a une parfaite connaissance, ce groupe, bien pris en charge par de nombreux soutiens, semble très renseigné aussi bien sur les sorties des services de sécurité que sur leurs positions sur le terrain. Parfois ce sont les proches parents des terroristes qui accomplissent cette sale besogne. « Quel est ce père qui dirait non à son fils terroriste qui le sollicite pour l’approvisionner en denrées alimentaires, pour l’héberger lui et son groupe ou même pour un renseignement ? », s’interroge un citoyen rencontré aux Issers.

Aucun terroriste n’est tombé à Sidi Ali Bounab depuis 2000

Si dans les années 1990, les moyens de communication n’étaient pas encore développés en Algérie, aujourd’hui, les terroristes tirent bien profit de l’essor de la téléphonie mobile. Depuis l’année 2000 où un dangereux terroriste originaire du village d’Ouled Bentafath, répondant au nom de Ali Tafathi, a été abattu dans la localité de Birro, aucun autre n’est « tombé » dans la région de Sidi Ali Bounab, affirme une source sécuritaire locale. Pourtant, un groupe de quinze à dix-sept terroristes y active depuis bien longtemps. Il s’agit de la « seriat » Timezrit, dirigée par un ancien sanguinaire originaire de Sidi Daoud, un certain El Bey, qui compte dans son groupe un autre dangereux terroriste, le seul d’ailleurs qui soit natif du village de Toursel, situé à environ 5 km du chef-lieu de la commune de Timezrit. Il répond au nom de Zizid Sadek, surnommé Ghoulem pour avoir intégré les rangs des GIA à l’âge de 17 ans ; il aurait aujourd’hui 33 ans. Le groupe d’El Bey, soulignent des sources très au fait de la situation sécuritaire dans la région, est formé essentiellement de terroristes originaires de Bordj Ménaïel, Baghlia et Sidi Daoud. Au-delà des soutiens et des complicités qu’il compte à Timezrit et dans les autres douars l’émir El Bey, selon des informations données par des repentis, connaît tous les coins et recoins de Bounab, jusqu’aux limites de la forêt d’Iaallalen qui surplombe la commune de Oued Ksari (Aït Yahia Moussa) – où un faux barrage a été dressé la semaine dernière – et son prolongement jusqu’à Boumehni, mieux que les autochtones eux-mêmes.

C’est dans ces endroits fortement boisés, situés en contrebas du versant sud de Sidi Ali Bounab, que les membres de « seriat » Timezrit trouvent souvent refuge lorsqu’ils sont pressés, au nord, par les services de sécurité. Selon les mêmes sources, leur champ d’activité s’étend aussi à l’autre versant, où ils ont marqué leur présence par l’assassinat ciblé de membres de la garde communale ou, dernièrement, d’un citoyen qui approvisionnait une caserne de l’armée. A Bordj Ménaïel, c’est le groupe de l’émir Abou Tourab qui prend le relais. Composé, selon des sources crédibles, d’une dizaine de terroristes rejoints dernièrement par quatre nouvelles recrues toutes natives du village agricole de Omar, situé à équidistance entre bordj Menaïl et les Issers, la « serriat » d’Abou Tourab aurait des connexions avec les sections des Issers et celles des régions mitoyennes. Activant dans le même périmètre sous la bannière de katibat El Ansar de la branche d’Al Qaïda au Maghreb (ex-GSPC), ces groupuscules auraient été aperçus en conclave, à Bounab, le mois dernier. Ils forment à eux seuls un groupe d’une quarantaine de terroristes. Il est vrai qu’on est très loin des 1200 terroristes environ, nombre cité par des sources sécuritaires locales, qui écumaient Sidi Ali Bounab au début des années 1990, mais les groupuscules qui continuent encore d’y sévir semblent insaisissables. Ils ne se manifestent que rarement par des actions ponctuelles et très ciblées. Ils ne planifient que les coups qu’ils sont sûrs de réussir. La présence renforcée des campements de l’armée populaire nationale semble les dissuader. Mais tout porte à croire que l’organisation terroriste, vu la reconfiguration sécuritaire dans la région, ne préfère y maintenir qu’une présence symbolique de petits groupes volatiles, faciles à déplacer en cas de besoin, et capable de survivre grâce aux réseaux de soutien qu’ils ont pu tisser dans leurs villages natals ou dans les villages voisins où ils comptent des parents par alliance. L’essentiel des troupes a déménagé du côté de Mizrana, dans les inextricables forêts d’Akfadou, mais aussi du côté de Bouzegza, Palestro, Merchiche et les reliefs boisés qui entourent la commune de Ammal.

De notre envoyé spécial

Par Said Rabia

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Actualité (Dimanche 30 Novembre 2008)
La présence des terroristes inquiète la population
Le GSPC veut empêcher la cueillette des olives en Kabylie


Deux victimes sont déjà à déplorer. Cette situation fait craindre le pire.

“C’est en hiver qu’il porte ses fruits, quand la froidure condamne à mort tous les autres arbres. C’est alors que les hommes s’arment et les femmes se parent pour aller célébrer avec lui les rudes noces de la cueillette”, disait Mouloud Mammeri dans un entretien avec Jean Pellegri, au sujet de l’olivier dont la cueillette du fruit a été, en effet, de tout temps dure et jamais sans quelques dangers puisque, ajoute l’écrivain, “pour aller jusqu’à lui, il faut traverser la rivière et la rivière en hiver se gonfle. Elle emporte les pierres, les arbres et quelquefois les personnes”.
Aujourd’hui, des ponts et des pistes, plus ou moins praticables, sont réalisés et donc les rivières n’emportent plus personne. Mais cela voudrait-il dire que le danger n’existe plus ? Il suffit d’emprunter les chemins sinueux des montagnes de Kabylie pour se rendre compte que le danger a juste changé de nature depuis quelques années et que les risques d’aujourd’hui sont plus importants que ceux qui ont accompagné la cueillette des olives des siècles durant. Mis à part les plaines, rares d’ailleurs, et les périmètres proches des villages, dans les autres régions, notamment la haute montagne, l’ombre du terrorisme se profile derrière chaque olivier. Étant situées, pour la plupart, loin des villages, souvent près des maquis, les oliveraies présentent ces dernières années, particulièrement durant les deux dernières, un danger en permanence pour ceux qui s’y rendent.
En Kabylie, “on a autant peur de tomber nez à nez avec ces criminels du GSPC que sur leurs engins explosifs semés par-ci, par-là”, entend-on souvent dire chez les citoyens.

La première victime  à Yakourène
Certains faits enregistrés dans quelques localités de la wilaya justifient amplement cette peur. Yakourène, une région située à environ 60 km de la ville de Tizi Ouzou connue pour être une des bases arrière du GSPC en Kabylie, et ayant vécu durant tout l’été 2007 au rythme de l’insécurité, vient d’enregistrer sa première victime depuis le début de la campagne oléicole.
Il s’agit d’un jeune âgé de 35 ans, tombé le 23 novembre dernier sur une bombe artisanale enfouie sous terre, à Timarissi, par les acolytes de Droukdel et qui a explosé l’atteignant grièvement. Évacué d’urgence vers l’hôpital d’Azazga, la victime a été amputée d’une jambe.
Le surlendemain, c’est au village de Taourirt Aaden, dans la région de Mekla, d’enregistrer une autre victime et dans les mêmes conditions. Le jeune S. K., âgé de 22 ans se rendait à l’oliveraie familiale avec les autres membres de sa famille lorsqu’il sauta soudainement sur un engin explosif qui l’a, lui aussi, grièvement atteint. Dans le massif de Sidi Ali Bounab, des habitants de cette région, dont la situation sécuritaire a défrayé la chronique en termes d’événements sécuritaires, racontent que certains d’entre eux ont eu à croiser, en se rendant à leurs oliveraies, des terroristes qui leur ont déconseillé de se rendre dans certains endroits minés par des bombes artisanales. “Rien que de les croiser et quelle que soit la manière avec laquelle ils s’adressent à nous, on est déjà terrorisés”, nous raconte un habitant de la région.

Les traces  des terroristes font peur à Larbaâ Nath Irathen et  à Aïn El-Hammam
Dans la région des Ouacifs, située à une quarantaine de kilomètres de Tizi Ouzou, les paysans ont déjà eu à les croiser mais sans que le moindre mal leur ait été fait. La peur de les avoir en face leur suffisait. Près de certains villages de Larbaâ Nath Irathen et d’Aïn El-Hammam, on n’a pas encore signalé de cas de “rencontre” entre les villageois et des groupes terroristes, mais leur ombre est partout. “J’ai retrouvé leurs traces plusieurs fois dans mon champ situé à la limite du massif de Takhoukht. J’ai eu à découvrir au milieu de mes oliviers, et à plusieurs reprises, des boîtes de conserve, des restes de nourriture et aussi des traces d’un feu autour duquel plusieurs personnes étaient assises”, nous raconte Mohand Akli, un paysan sexagénaire d’un des villages de Larbaâ Nath Irathen.
À Boghni, dans le sud de la wilaya de Tizi Ouzou, un groupe de chasseurs a été passé à tabac par un groupe terroriste qu’il a croisé en pleine forêt, nous a-t-on raconté. Leurs fusils de chasse ne leur ont pas été confisqués mais les terroristes leur ont demandé leurs papiers, qu’ils n’avaient pas sur eux, avant de les rouer de coups. Ils les soupçonnaient de travailler pour le compte des services de sécurité. Autant de cas enregistrés, et la campagne oléicole vient à peine de débuter.
Aujourd’hui, la peur à elle seule ne suffit sans doute pas à expliquer l’abandon progressif de l’oléiculture, puisque ces raisons sont aussi économiques et sociales, mais l’insécurité a poussé bien des villageois à abandonner leurs oliveraies et à renoncer à la traditionnelle cueillette des olives. Ce ne sont évidemment là que des cas minoritaires en Kabylie. Ceux qui ont leurs oliveraies à proximité des maquis terroristes. La majorité des familles en Kabylie restent, en dépit de la peur, profondément attachées à cet arbre emblématique, indissociable de leur vie culturelle et économique, qu’est  l’olivier, tout comme au bon vieux temps.  “L’olivier avec certains vieux troncs sont aussi immémoriaux et impavides aux épisodes de l’histoire. Ils ont vu naître, vivre et mourir nos pères et les pères de nos pères. À certains, on donne des noms comme à des amis familiers ou à la femme aimée parce qu’ils ont tissé nos joies comme la trame des burnous qui couvrent nos corps”, disait encore Mouloud Mammeri à Jean Pellegri en guise d’explication de ce que peut représenter un olivier pour le paysan kabyle. Cette explication reste, d’ailleurs, toujours d’actualité en Kabylie où, ajoute Mammeri, “quand l’ennemi veut nous atteindre, c’est à l’olivier qu’il s’en prend d’abord”. C’est sans doute ce sentiment qui a généré les nombreuses manifestations en Kabylie durant l’été dernier, notamment à Aït Yahia Moussa où plusieurs hectares d’oliviers ont été incendiés. Mais il n’y a, à vrai dire, pas seulement que cette symbolique qui pousse le paysan à vaincre sa peur et à aller vers ses oliviers. La motivation est surtout économique. En dépit des 400 hectares d’oliviers incendiés durant l’été dernier, la récolte s’annonce exceptionnelle pour cette saison.
Selon les prévisions des services agricoles, un hectare qui produisait 10 quintaux les années précédentes produira cette année entre 20 à 25 quintaux. Ainsi, la production oléicole, qui était l’année passée de 264 000 q, peut passer cette année à 500 000 q. Avec des prix allant de 400 à 500 DA le litre, du moins selon les prix pratiqués jusque-là, le villageois ne semble pas être près, quel que soit le degré de sa peur, de renoncer à cette richesse, principale pour certains et supplémentaire pour d’autres.

Samir LESLOUS

liberte algerie


SIDI ALI BOUNAB (TIZI OUZOU)

60 terroristes veulent se rendre
20 Janvier 2009 –

Les portes de la «taouba» sont toujours ouvertes

Ces islamistes appartiennent à la katibet Ennour dirigée par le sinistre Sahari Makhlouf alias Ayoub, originaire de Tizi Ouzou.

Selon des sources très au fait de la lutte antiterroriste, les activistes de l’ex-Gspc traversent une période critique ces derniers mois.
Le renforcement du réseau de renseignements et la consolidation des positions militaires autour des fiefs et des maquis d’Aqmi ainsi que les multiples coups de boutoir assénés aux bases arrière de l’ex-Gspc ont acculé les troupes de Droukdel dans leurs derniers retranchements. Ainsi, notre source indique qu’un nombre important de terroristes, estimé entre 50 et 60, sont en stand-by au niveau du vaste maquis de Sidi Ali Bounab et ce, depuis plus de trois mois.
Les troupes signalées par les riverains de cette région sont constituées d’une vingtaine d’éléments activistes de la katibet Ennour dirigée par le sinistre Sahari Makhlouf alias Ayoub, originaire de Tizi Ouzou, en remplacement de Ghazi Toufik alias Tahar écarté par Droukdel et le groupe de Timezrit comptant plus de 24 terroristes désormais sous la coupe de l’émir dit Abou El Himam originaire d’Ouled Aïssa. Ce dernier a remplacé El Bey, originaire de Aïn El Hamra (Bordj Menaïel) convalescent. Ce terroriste a été gravement blessé lors d’une offensive militaire menée durant l’été dernier, au sud-est des Issers. Toutefois, selon notre source, parmi le groupe de Timezrit figurent respectivement 7 éléments de la sériât des Issers dirigée par Hachemi El Hachemi, 8 autres de Bordj Menaïel et 7 de Timezrit lesquels activent sous la houlette de la redoutable katibet El Ansar, dirigée par Ali ben Touati alias Amin. Selon toujours notre source, c’est de la base arrière se trouvant à Sidi Ali Bounab que le véhicule de type Maruti a été intercepté avec à bord deux kamikazes portant des ceintures d’explosifs. Sans la vigilance des services de sécurité dotés de détecteurs très sophistiqués de véhicules piégés et volés aurait peut-être été le drame, car ces ceintures faites de 10 sacoches chacune, contenaient 40 grammes de TNT par sacoche soit une quantité importante de 8 kilogrammes de TNT. Rappelons aussi que la seriat de Chabet El Ameur ayant à sa tête un certain Delsi Aïssa et affiliée à la katibet El Farouk dirigée par Younès Abou Talha issu de Lakhdaria se trouve, elle aussi, sur la défensive depuis longtemps. A cela s’ajoute l’élimination de 5 autres terroristes dont un émir le dénommé Saïd Touhami alias Hodeïda. Par ailleurs, selon des sources sécuritaires sûres, les terroristes ayant réussi à prendre la fuite de Bouzegza, auraient trouvé refuge au maquis de Ammal. De ce fait, une vaste offensive a été menée depuis la nuit d’hier au niveau de la zone comprenant le maquis de Djerrah, Aït Belemou et Aït Saïd ainsi que Dakan surplombant Ammal à quelque 25km au sud-est de Boumerdès. Enfin, à l’heure où nous mettons sous presse aucun bilan n’a filtré de cette offensive élargie également aux monts de Boudarbala et où des hélicoptères de combat ont été utilisés pour pilonner plusieurs endroits suspects.

Mohamed BOUFATAH
lexpression dz

Béni Amrane encore sous le choc du terrorisme

20 ans de prison pour un émir du Gspc
01 Novembre 2008

Un émir du Groupe salafiste pour la prédication et le combat, Hocine Zedek, a été condamné à 20 de réclusion criminelle, mercredi, par le tribunal de Tizi Ouzou. Ce terroriste, originaire du village de Béni Slimane, dans la commune de Béni Amrane, a activé dans les wilayas de Bouira, Boumerdès et Tizi Ouzou depuis 1994.
Selon l’arrêt de renvoi, Hocine Zedek est accusé d’appartenance à groupe terroriste armé oeuvrant à semer la terreur chez la population, création d’un climat d’insécurité et agression physique et morale. Il activait dans un groupe constitué de 16 éléments. Il est l’auteur de pas moins de 17 actions terroristes sur l’axe Ammal-Lakhdaria et Béni Amrane.
Le groupe en question a kidnappé six soldats de l’ANP. II a aussi incendié le centre touristique d’El Kala, le siège de l’APC de Ammal, un lycée et une école primaire dans la même région, deux camions d’une entreprise étatique, un bus, un train de la ligne Alger-Bouira ainsi que la gare ferroviaire de Béni Amrane.
En outre, le même terroriste est impliqué dans d’autres affaires où activait un certain D.Hakim qui s’est rendu aux services de sécurité et a bénéficié des mesures de la loi sur la Concorde civile. Ces deux éléments ont agi dans un groupe terroriste qui dressait des faux barrages à Takhoukht.
Lors de l’un de ces faux barrages, M.A., directeur d’un hôtel privé, connu à Tizi Ouzou, avait été enlevé et tué quelques jours plus tard. Ce groupe a aussi assassiné plusieurs éléments de l’ANP au cours de ces barrages fréquents à Takhoukht durant les années 90. Par ailleurs, ce même groupe terroriste avait délesté des citoyens de leurs armes dans la localité d’Ath Yenni.
Lors du procès de mer-credi, le terroriste Hocine Zedek a nié les faits qui lui sont reprochés.
Auparavant, il a fait l’objet de cinq jugements par contumace auprès de la cour d’Alger, ainsi que celles de Boumerdès et de Tizi Ouzou.
Ce n’est qu’après une longue enquête menée par les services de sécurité qu’il a pu être appréhendé. Son frère était aussi un élément actif au sein du Gspc. Il a été éliminé par les forces de l’ANP, il y a quelques années.

Aomar MOHELLEBI, l’expression dz

Liberté sur les lieux de l’assasinat de l’ingénieur français

Par : Madjid T.

Les autorités locales, les responsables de la Protection civile, mais aussi le consul général de France à Alger se sont également rendus sur place pour s’enquérir de l’état de santé des blessés et s’incliner à la mémoire des deux victimes.

Une atmosphère de colère et d’indignation a régné tout au long de la journée d’hier à Ammal, dans la commune de Béni Amrane (Boumerdès), théâtre d’une attaque terroriste, dimanche soir, qui a visé un véhicule transportant un ingénieur français de la société Razel, chargée des travaux de restauration du tunnel d’Ammal, et son chauffeur, tués sur le coup par la déflagration d’une bombe. Les deux victimes, Pierre Nowacky, 57 ans, et Sid Samir, 39 ans, étaient à bord d’un véhicule de marque Renault Mégane de couleur blanche, lorsqu’une première explosion a eu lieu, avant qu’une seconde ne se produise, cette fois-ci ciblant une ambulance des éléments de la Protection civile faisant des blessés dont un dans un état grave, transféré d’urgence vers l’hôpital de Thénia où il a subi une délicate intervention chirurgicale au niveau de l’abdomen gravement touché. L’opération qui a eu lieu le jour même de son admission aux urgences de l’hôpital de Thénia a duré 5 longue heures, de 17h30 à 22h30, nous ont confirmé hier des sources médicales qui ajoutent que la victime a été amputée de 30 cm de son intestin. Le staff médical qui devait examiner le blessé, Ben Amrouche Djamel âgé d’à peine 30 ans, a assuré en revanche que son état de santé qui ne cessait de s’améliorer ne suscitait pas d’inquiétude, mais a indiqué qu’il devait encore rester sous observation médicale. Ses proches sont venus lui rendre visite et s’enquérir de son état de santé, parmi eux sa future fiancée avec laquelle il devait fêter les fiançailles ce vendredi. Hier, le consul général de France à Alger, M. Francis Heude, s’est déplacé sur les lieux de l’attaque où il a rendu, à cette occasion, un vibrant hommage aux deux victimes décédées. Les autorités locales, les responsables de la Protection civile et une délégation de l’union de wilaya UGTA de Boumerdès se sont également rendus sur place pour s’enquérir de l’état de santé des blessés et s’incliner à la mémoire des deux victimes. Selon des employés de la société française Razel en charge du chantier de réhabilitation du tunnel d’Ammal, théâtre d’une collision entre deux trains il y a un peu plus de quatre mois, le ressortissant français qui exerçait en qualité d’ingénieur chargé de la supervision des travaux les aurait tous salués quelques instants avant son départ, comme s’il savait qu’il allait les quitter à jamais. Nos interlocuteurs n’ont pas tari d’éloges sur les qualités humaines et intellectuelles de l’homme que fut le défunt Pierre Nowacky, dont le visage a été défiguré par le souffle de la déflagration au point de devenir quasiment méconnaissable. Nos interlocuteurs au même titre que les employés de la société, proches et pompiers, se sont dit indignés et choqués par ce qui a été rapporté par certains organes de presse faisant état de plus d’une dizaine de victimes et des blessés à ne plus pouvoir les compter. “Aussi invraisemblable que cela puisse paraître, sachez que nous avons été beaucoup plus choqués par les comptes rendus de la presse que par l’attentat lui-même”, affirme un agent de la Protection civile. Le même ton d’exaspération a été également partagé par les citoyens riverains du lieu de l’attaque, mais aussi et surtout, et c’est là que se situe le véritable drame, par les familles et proches des employés tant dans les rangs de la Protection civile que dans ceux des employés de la société française. D’aucuns ont cru au pire pour leurs proches. Certains comptes rendus sont d’autant plus en total déphasage avec la réalité du terrain que lors de notre visite, hier, aucun impact qui mérite d’être signalé ne nous est apparu, hormis la voiture des deux personnes décédées endommagée par les éclats de la bombe, notamment côté passagers. En effet, les bombes artisanales étaient de faible intensité, en témoigne l’état de la route et de la bâtisse abritant la gare ferroviaire de Béni Amrane, sauf la première bombe qui a tué les deux employés de Razel. Par ailleurs, nous avons appris hier que les trois autres Français exerçant au niveau du même chantier ont été invités par leur entreprise à regagner la France en attendant de voir plus clair.

M. T.
liberte

Al-Qaïda en guerre contre l’Islam

Immersion analytique dans les méthodes de l’organisation terroriste

Al-Qaïda en guerre contre l’Islam

L’incroyable détournement des valeurs de l’Islam par Al-Qaida est perpétré avec un zèle néophyte et une intolérance sectaire. L’immense richesse du Coran est réduite à un nombre limité de versets, révélés lors des batailles menées par le Prophète Mohammed contre les polythéistes de La Mecque. Ces citations sont sorties de leur contexte et, souvent tronquées, elles sont assénées en boucle sur un mode catégorique.

Je tiens d’abord à remercier la Casa Arabe, et tout spécialement sa directrice Gema Martín Muñoz, de m’avoir invité à m’exprimer à cette tribune exceptionnelle de dialogue et d’échange. Je suis très honoré de siéger à côté d’elle, ainsi qu’à côté de Felipe Sahagún, dont les analyses des réalités internationales font autorité, tant dans le domaine universitaire que médiatique. Et je suis très heureux de parler devant vous, qui m’avez fait l’honneur de venir aussi nombreux ce soir en cette Sala de Juntas.

Je vais m’efforcer de vous décrire les ressorts de la véritable guerre d’Al-Qaida contre l’Islam et les Mu-

sulmans.

Al-Qaida mène depuis plus de dix ans une guerre implacable contre l’Islam contemporain. Elle a beau désigner à la hargne de ses partisans et de ses kamikazes « l’ennemi lointain », l’Amérique et autres « judéo croisés ». Sa cible stratégique reste « l’ennemi proche » et musulman, les régimes dénoncés comme corrompus et « impies », mais surtout les peuples accusés d’avoir dévoyé, voire trahi l’Islam. L’écrasante majorité des victimes de la terreur d’Al-Qaida sont musulmanes. Et la guerre d’Al-Qaida contre les valeurs et les fondamentaux de l’Islam est à tous points de vue une guerre sans merci, qui n’est malheureusement pas assez mise en lumière dans nos sociétés.

I. La guerre contre les valeurs

Il est impossible de comprendre la profondeur du travail de sape mené par Al-Qaida contre les fondamentaux de l’Islam sans insister sur l’inculture religieuse qui prévaut dans la hiérarchie de l’organisation. Oussama Ben Laden n’a jamais achevé ses études de gestion en Arabie saou-

dite. Ayman Zawahiri, son adjoint, est certes diplômé de l’Université du Caire, mais en médecine. Mustapha Settmariam Nassar, le jihadiste syrien, naturalisé espagnol, et plus connu sous son nom de guerre d’Abou Moussab al-Souri (le Syrien), n’a effectué que des études d’ingénieur. Quant à Zarqaoui, il n’a jamais atteint le niveau du baccalauréat.

Les dirigeants d’Al-Qaida n’ont donc pas suivi de formation théologique particulière et leur connaissance de l’Islam se limite à un corpus d’une grande pauvreté, mais d’un accès relativement aisé. Leur production idéologique présente dès lors toutes les caractéristiques et tous les travers des constructions autodidactes, où l’accumulation des citations masque très souvent le contenu répétitif. Le seul cadre d’Al-Qaida à avoir un bagage religieux, d’ailleurs modeste, est Mohammed Hassan, dit Abou Yahya al-Libi (le Libyen), qui a consacré quelques années à des études islamiques en Mauritanie. Mais son aura actuelle tient moins à cette légitimité toute relative qu’à son évasion spectaculaire de la prison américaine de Bagram, en

Afghanistan, en juillet 2005. Abou Yahya al-Libi intervient désormais régulièrement sur les sites jihadistes, en écho et en contrepoint des harangues de Zawahiri aux Musulmans du monde entier. Tous ces chefs d’Al-Qaida, qu’il s’agisse de Ben Laden, de Zawahiri, ou même du défunt Zarqaoui, se sont attribués le respectable titre de « cheikh », afin de s’imposer dans le champ religieux , où leur absence de crédit est pourtant incontestable.

A. Le détournement de l’Islam

L’incroyable détournement des valeurs de l’Islam par Al-Qaida est perpétré avec un zèle néophyte et une intolérance sectaire. L’immense richesse du Coran est réduite à un nombre limité de versets, révélés lors des batailles menées par le Prophète Mohammed contre les polythéistes de La Mecque. Ces citations sont sorties de leur contexte et, souvent tronquées, elles sont assénées en boucle sur un mode catégorique.

Le même processus de sélection agressive est opéré avec la sunna, ce considérable patrimoine de dizaines de milliers de hadiths, ces traditions rapportées par les compagnons du Prophète, et compilées durant les deux premiers siècles de l’Islam. Là encore, seule une centaine de hadiths, toujours les mêmes, échappe à l’exclusive d’Al-Qaida, qui ne craint pas de s’appuyer sur des hadiths dits « faibles » dans la scolastique islamique, car leur chaîne de transmission (isnâd) est particulièrement discutable.

Prenons l’exemple d’un hadith que Ben Laden et ses partisans répètent à satiété : « Si la base de l’Islam est la prière, son sommet est le jihad ». De cette phrase attribuée au Prophète, Al-Qaida déduit toute une

construction normative qui aboutit à renverser les cinq piliers de l’Islam : la profession de foi, la prière, le jeûne du Ramadan, le pèlerinage à La Mecque et l’aumône de la zakat constituent en effet les cinq obligations canoniques de tout Musulman depuis la révélation coranique, mais Al-Qaida prétend que le jihad s’impose individuellement à chaque Musulman comme le « sommet » d’une pratique, dont la prière serait la « base ». Il est frappant de constater que les jihadistes, drapés dans leur orthodoxie supposée, re-

joignent là le premier des schismes de l’Islam, celui des kharijites, ces « sortants » qui ont refusé en 657 la conciliation entre sunnites et chiites.

Le dogme kharijite a en effet érigé le jihad en sixième pilier de l’Islam, aux côtés des cinq obligations communes aux sunnites comme aux chiites. Le sunnisme exacerbé et intolérant d’Al-Qaida retrouve ainsi par-delà les siècles l’hérésie de l’aube de l’Islam, marquée, déjà, par un terrorisme sanglant : le calife Ali, cousin et gendre du Prophète, a été assassiné par un militant kharijite en 661.

Mais Al-Qaida ne se borne pas à piller l’extraordinaire patrimoine de la tradition islamique pour n’en retenir que les phrases qui lui conviennent et les charger d’un sens indu. Elle s’emploie aussi à invalider les traditions qui contredisent trop ouvertement ses options subversives. Elle s’acharne particulièrement contre le hadith selon lequel le Prophète, au retour de sa dernière expédition militaire, à Tabouk en 630, a distingué le « petit jihad », militaire et somme tout aisé, du « grand jihad », la lutte spirituelle que doit mener chaque Musulman pour extirper son démon intérieur. Cette tradition a nourri des siècles de mysticisme musulman et de spéculation ésotérique, elle est révérée par les différentes confréries soufies comme par les ordres contemplatifs de l’Islam. Mais Al-Qaida consacre des pages entières à la réfutation de ce hadith, de même qu’elle combat par la violence le soufisme sous toutes ses formes.

Car c’est sur le terrain du jihad qu’Al-Qaida concentre l’essentiel de son terrorisme intellectuel. Là comme ailleurs, elle applique la politique de la terre brûlée pour détruire le fruit de siècles de réflexion islamique et édicter, sur de telles ruines, ses propres injonctions. Le jihad, terme issu de la racine arabe j-h-d, correspondant à l’effort, signifie « l’effort déterminé en vue d’un but » et n’a pas de connotation directement guerrière. A peine mentionné dans le Coran, le jihad y inclut l’ensemble des modes d’assistance et d’accompagnement des Musulmans « sur la voie d’Allah ».

C’est la pratique du Prophète durant le conflit entre La Mecque et Médine, de 624 à 630, qui confère au jihad sa dimension militaire. Et la formidable expansion de l’Islam en un siècle, des Pyrénées à l’Indus, est incontestablement le fruit du jihad.

La stabilisation des frontières de l’Islam entraîne la formalisation juridique du jihad, aux IX ème et X ème

siècles : le jihad offensif, ou jihad de conquête, ne peut être accompli que sous la direction du calife ou de ses représentants, et avec des chances raisonnables de succès ; le jihad défen sif doit prévaloir lors d’une agression contre la communauté musulmane, soit en cas d’occupation d’un de ses territoires. En tout état de cause, le jihad est une obligation collective (fardh kifâya), qui ne peut être édictée que par les oulémas, les docteurs de la loi, et dont une partie de la communauté peut s’acquitter au nom de l’ensemble du groupe. Les derniers jihads de conquête se sont déroulés au XVIIème siècle sous la conduite de l’Empire ottoman, en Europe orientale, et de l’Empire moghol, en Inde méridionale.

Le jihad offensif, mené par des unités constituées et élitistes, est depuis tombé en désuétude, alors que le jihad défensif, à la faveur de l’expansion coloniale, a pris une nette dimension populaire de résistance nationaliste, sous la direction de personnalités charismatiques, depuis l’émir Abdelkader en Algérie jusqu’au commandant Massoud en Afghanistan. Ces treize siècles de pratique et d’évolution du jihad s’accompagnent de l’élaboration d’une forme de droit de la guerre islamique, qui distingue scrupuleusement les adversaires militaires des civils à épargner, et qui fixe un certain nombre

d’interdits absolus. Cette tradition vivante et enracinée est tout simplement balayée par Al-Qaida et son jihad global, qui rompt le lien avec un peuple et un territoire pour se projeter dans une communauté (oumma) abstraite et mondialisée.

Le « Front islamique mondial du jihad contre les Juifs et les Croisés », que Ben Laden et Zawahiri établissent en 1998, appelle « tout Musulman croyant en Allah et souhaitant être récompensé par lui à obtempérer à l’ordre d’Allah de tuer les Américains et de piller leurs biens en tout lieu où il les

trouve et à tout moment où il le pourra ». Le jihad, devoir collectif de Musulmans organisés sur leur terre, est ainsi transformé en un impératif individuel (fardh ‘ayn) contraignant en tout temps et en tout lieu. Al-Qaida va encore plus loin dans le même manifeste en abolissant toute distinction en tre civils et militaires, voire entre Américains et alliés : « Tuer les Améri cains et leurs alliés, qu’ils soient civils ou militaires , est un devoir qui s’impose à tout Musulman qui le pourra, dans tout pays où il se trouvera ».

En quelques lignes, Al-Qaida a mis à bas un millénaire de jurisprudence islamique. Elle a opéré ainsi un radical détournement d’un des concepts majeurs de l’Islam, le jihad, en l’investissant d’un sens inconnu dans l’Histoire.

Ce coup d’éclat n’était que la première étape d’une offensive en règle qui n’a épargné aucune des valeurs de l’Islam. Al-Qaida fustige régulièrement les « oulémas de cour », qu’elle accuse d’être soumis à des régimes corrompus, et elle leur oppose la rectitude supposée des « oulémas du jihad », dont nous avons vu l’absence de toute culture théologique. Zawahiri est à cet égard le plus prétentieux, qui se permet de défier le grand mufti d’Arabie saoudite, le cheikh Abdelaziz Ben Baz (1909-1999) et sa légitima-

tion islamique de la participation parlementaire : cette fatwa du cheikh Ben Baz conduit à l’arrêt du jihad contre les tyrans qui gouvernent sans se soucier de la loi révélée. En permettant de suivre la voie démocratique, le cheikh a ouvert aux Musulmans la porte du renoncement à ce jihad qui est une obligation individuelle, et même il le combat. C’est pourquoi son avis légal est déplorable du point de vue religieux, maintenant et dans l’avenir. Nous demandons donc à Allah qu’Il lui inspire de revenir sur cette fatwa.

Le même Zawahiri va plus loin en accusant de trahison tous les gouvernements musulmans… pour avoir intégré l’ONU : « les Nations Unies sont une institution internationale impie, dont il ne faut pas être membre, à l’arbitrage de laquelle il ne faut pas se fier, car elle repose sur le rejet de la loi révélée ».

Il serait fastidieux de multiplier les exemples de l’arrogance dogmatique d’Al-Qaida. Elle a trouvé dans l’Internet son mode privilégié de diffusion, car la simplicité redoutable de ses injonctions et le caractère hypnotique de ces messages s’adaptent remarquablement à l’univers cybernétique.

Les services spécialisés et les opinions occidentales s’inquiètent légitimement de la vulgarisation par la toile de toute une panoplie de techniques terroristes. Mais la dimension dogmatique de ce « cyberjihad » n’est pas moins angoissante, car la dissolution des repères moraux de l’Islam aboutit à souvent à un véritable appel au meurtre. La population ciblée est justement dépourvue de la culture islamique qui permet de résister à un tel pilonnage intellectuel. L’exil intérieur de militants radicalisés par Internet, et sur une base individuelle, est sans doute un des périls les plus sérieux engendrés par la guerre d’Al-Qaida contre l’Islam.

Le cyberjihad devient ainsi le médium privilégié où Al-Qaida martèle la légitimité dogmatique de son jihad global. Le défi est de taille pour une organisation pratiquement dépourvue d’encadrement religieux (les différents « cheikhs » y sont auto-proclamés), dont la subversion planétaire marque une rupture avec quatorze siècles de tradition islamique. Pour promouvoir ce jihad aussi global qu’offensif, Al-Qaida diffuse en boucle une poignée de citations extraites de leur contexte et inonde la toile d’incitations homicides.

B. La récupération de l’Histoire

L’autre guerre symbolique menée par Al-Qaida contre l’Islam est celle de l’accaparement et de la réécriture de l’histoire musulmane. L’épopée prophétique, d’une densité inouïe, riche en retournements, ralliements et coups de théâtre, est ramenée à une succession de batailles impitoyables, où l’intervention divine a toujours entraîné le triomphe final des croyants. Ben Laden, lors de ses premières expéditions en Afghanistan en1987-1989, joue explicitement sur le registre de l’hégire armée, ses compagnons étant appelés les Ansar-s, tout comme ceux de Mohammed à Médine. Le chef d’Al-Qaida cultive l’imitation de la figure prophétique dans son style vestimentaire et oratoire. Le 11-Septembre est comparé à la bataille de Badr, la première victoire musulmane en 624 (le 11 avril 2007, « Al-Qaida au Maghreb Islamique »/AQMI qualifiera de « Badr du Maghreb » le triple attentatsuicide d’Alger). L’écrasement du sanctuaire taliban à l’automne 2001 renvoie dans la thématique jihadiste à la défaite du Prophète à Ohod en 625.

Mohammed Atef, parent par alliance de Ben Laden, et chef opérationnel d’Al-Qaida sous le nom d’Abou Hafs al-Masri (l’Egyptien), périt dans les bombardements américains, tout comme Hamza, oncle du Prophète, tomba en martyr à Ohod. C’est sous couvert des « brigades d’Abou Hafs al-Masri » qu’Al-Qaida revendique les attentats du 11 mars 2004 à Madrid. Le jihad médiéval contre les Croisades au XIIème

siècle est, lui aussi, revisité par Al-Qaida, qui en calibre un récit au futur antérieur pour les besoins de sa propagande. Ben Laden et Zawahiri célèbrent les figures de Noureddine, pour son unification des rangs musulmans, et de Saladin, pour sa reconquête de Jérusalem, sans jamais mentionner que la bataille fut autant politique que militaire. Quant à la chute de Bagdad en 1258, elle est reconstruite dans l’esprit du conflit en cours en Irak : les Américains sont dépeints sous les traits de Mongols modernes et leurs alliés chiites sont accusés de trahir aujourd’hui l’Islam, tout comme ils auraient trahi le califat abbasside. A sept siècles et demi d’intervalle, Al-Qaida feint de croire que l’Histoire se répète entre le Tigre et l’Euphrate, tandis que sa propagande associe les dirigeants chiites aux collaborateurs « hérétiques » des Mongols.En revanche, les commandants jihadistes appellent volontiers leurs « bataillons » et autres « brigades » du nom de grands moujahidines du MoyenAge.Al-Qaida se vante de pouvoir rétablir l’Islam de ses rêves « de Kashgar à Grenade », un espace immense qui n’est demeuré unifié, sous une tutelle omeyyade d’ailleurs fort lâche, que brièvement au cours du VIIIèmesiècle. L’Andalus, soit la péninsule ibérique autrefois musulmane, doit être reconquise, selon le principe aberrant d’une « islamité » éternelle de toute terre qui fut un jour musulmane (Al-Qaida prétend ainsi rétablir le sultanat de Pattani dans le sud de la Thaïlande, mais reste à ce stade muette sur la Sicile). L’Andalousie, sur l’histoire de laquelle Ben Laden et Zawahiri sem-

blent avoir des idées très vagues, est invoquée du fait de sa puissance symbolique et mobilisatrice (Al-Qaida ne revendique pas les attentats d’Atocha au nom d’une Andalousie hors du temps, mais dans le cadre « des règlements de compte anciens avec l’Espagne croisée, alliée à l’Amérique dans sa guerre contre l’Islam »). Enfin, l’idée de la coexistence inter-religieuse, au cœur du rayonnement de l’Andalousie, est combattue avec acharnement par Al-Qaida. Zawahiri a consacré tout un pamphlet à l’obligation de « rupture » avec les « infidèles », qu’ils soient juifs ou chrétiens, avec interdiction de tout lien d’intimité et exclusion de toute position « de confiance », dans la perspective de leur expulsion ou de leur conversion.

Al-Qaida a très tôt su mobiliser les ressources de la toile dans sa perspective de subversion globale. Elle y a trouvé les moyens de compenser ses faiblesses objectives en donnant l’illusion d’une ubiquité planétaire etd’une extraordinaire capacité d’intervention. L’effet d’écho est particulièrement recherché entre les différentes implantations d’Al-Qaida, un attentat de l’ex-GSPC étant par exemple salué par le mollah Omar, « l’Etat islamique d’Irak » ou un porte-parole jihadiste en Arabie. Ce processus d’amplification

est entretenu par la diffusion d’un flux régulier de documents visuels à fonction d’édification (discours politiques, cérémonies d’allégeance, célébrations militaires,…) ou de sidération (images d’attaques ou d’attentats réussis, supplices filmés au plus près,…). Quelque quatre mille cinq cent sites jihadistes participeraient aujourd’hui directement à ce réseau de propagande, sans compter les relais involontaires ou passifs. Ayman Zawahiri, qui est le véritable idéologue de l’organisation, considère que le « jihad médiatique » représente « plus de la moitié » de la guerre globale. Al-Qaida a dès lors développé sa propre société de production, Al-Sahab (dont elle prête les services à ses alliés talibans), et elle a très sensiblement amélioré la qualité de ses enregistrements. Elle a également constitué un « front global, islamique et médiatique », qui a diffusé quatre cents documentaires multilingues en 2003-2005 et a au moins dou-

blé sa production pour la seule année 2006. L’Irak fournit un réservoir inépuisable d’images ultra-violentes, où les jihadistes, toujours victorieux, s’acharnent sur des adversaires lâches ou impuissants. Des sélections des meilleurs « clips » du jihad anti-américain sont régulièrement mises en ligne sous le titre de « top ten » (sic).

Quant à Zawahiri, il utilise cette tribune virtuelle pour s’adresser pratiquement chaque mois à la « nation musulmane ». Il intervient sur toutes les crises de l’heure, y compris sur celles où Al-Qaida n’a aucune prise.

C’est ainsi qu’il fustige le Hamas pour avoir accepté de participer à des élections et pour avoir abandonné « la Palestine aux Juifs ». De la Mauritanie aux Philippines, Zawahiri égrène diktats et exhortations, afin d’accréditer la fiction d’une omniprésence d’Al-Qaida. Abou Yahia al-Libi, de plus en plus

présent sur la scène médiatique, n’est jamais avare en sommations à l’encontre des « frères » irakiens ou palestiniens. Quant à « l’Etat islamique d’Irak », il a son propre « Ministère de l’Information », dont la télévision en ligne, « La Voix du califat », sous-titrée en anglais, a émis au début de 2007.

Le Jour d’Algérie. M.Merkouche

Reportage en Kabylie, Septembre 2008

De Takhoukht à Tigzirt, sur les traces du GSPC

Carnet de route en Kabylie au lendemain d’un attentat terroriste : De Takhoukht à Tigzirt, sur les traces du GSPC

Vendredi 29 août 2008. 9h. On embarque dans la voiture à destination de Tizi Ouzou. Mission : raconter la Kabylie du dedans, faire parler ses routes et ses chemins vicinaux, ses villages haut perchés et ses hameaux reculés, avec, dans notre besace, quelques questions lancinantes sur la sécurité en Kabylie et la réelle emprise du GSPC sur le quotidien d’une région qu’on dit accablée par le terrorisme. L’autoroute Alger-Tizi Ouzou est fluide en ce jour saint de repos hebdomadaire. Après une soixantaine de kilomètres, s’annoncent les Issers, la ville où Lounès Matoub passa une partie de sa jeunesse. C’est surtout la ville qui a été ébranlée par l’un des attentats les plus sanglants de l’histoire du terrorisme dans notre pays.

Tizi Ouzou. De notre envoyé spécial

C’était le 19 août dernier lorsqu’un kamikaze s’était fait exploser devant la fameuse école de gendarmerie des Issers, emportant avec lui 43 jeunes bacheliers qui rêvaient de devenir « darkis ». Une simple bâche en nylon, de couleur noir, recouvre la béance laissée par l’attentat dans le mur d’enceinte de l’école. Des gendarmes en faction, gilet de rigueur et kalachnikov en évidence, veillent sur le lieu sans paranoïa excessive. La vie semble avoir vite repris ses droits.

10h25. Arrivée à Tizi Ouzou. Un panneau publicitaire élevé à l’entrée de la ville fait honneur à la JSK, le champion de la saison écoulée. Tizi est brûlante et apathique en ce vendredi caniculaire. Peu d’animation autour du quartier culte des Genêts. Les stigmates de l’attentat du 3 août dernier qui avait ciblé le siège de la Direction régionale des renseignements généraux sont encore visibles. L’attentat n’avait pas fait de morts, mais en revanche 25 personnes ont été blessées. Le bâtiment des RG a une petite mine. Le flanc d’un immeuble mitoyen est enduit de ciment, signe de récents travaux de restauration à l’endroit des appartements touchés par l’attentat. Certains magasins arborent des rideaux de fer défoncés par le souffle de l’explosion.

11h. Nos collègues du bureau de Tizi Ouzou nous apprennent que la veille, un groupe armé a assassiné un gardien de prison dans un village près de Boghni. Sans plus tarder, nous empruntons, en compagnie de Mourad, notre précieux accompagnateur qui connaît la Kabylie comme sa poche, la route de Boghni. Nous passons par Maâtkas et Mechtras. La route est déserte en ce milieu de journée et serpente à travers un labyrinthe sinueux de bandes asphaltées s’enfonçant dans la Kabylie profonde. La voix frondeuse de Matoub ne nous lâche pas tout au long de ce périple. Le soleil cuisant transforme la voiture en four à micro-ondes. « Cette région était particulièrement connue pour la fréquence des kidnappings qui s’y opéraient », dit Mourad. Dans la ville de Maâtkas, située à quelque 25 km au sud de Tizi Ouzou, l’ambiance est plutôt bon enfant. Les cafés sont bondés. L’ancien commissariat qui fut ciblé par une attaque terroriste le 10 novembre 2007 a été soigneusement remis sur pied.

Le spectre des kidnappings

Des buses de protection condamnent l’accès comme aux abords de tous les commissariats et autres brigades de Kabylie. Karim, 28 ans, tenancier d’un kiosque du centre-ville où il vend toutes sortes de babioles, est euphorique. « C’est la paix totale à Maâtkas », lance-t-il. « Certes, il y a quelques escarmouches de temps à autre, mais ce n’est pas en ville. Cela se passe plutôt dans certains hameaux isolés », assure-t-il, avant d’ajouter : « Voilà quatorze ans que je fais du commerce, jamais je n’ai eu affaire aux terroristes. Il m’arrive de prendre la route à minuit, à une heure ou deux heures du matin, je n’ai jamais eu le moindre problème. » Pourtant, à se fier aux statistiques, il y a de quoi tempérer l’enthousiasme de notre ami. « Un kidnapping sur dix en Algérie a lieu en Kabylie. Un enlèvement sur trois commis à Tizi Ouzou a pour théâtre la localité de Maâtkas. Cette commune déshéritée du sud de la wilaya comptabilise à elle seule 8 affaires sur les 24 cas de rapt enregistrés ces deux dernières années dans la région », peut-on lire dans un reportage réalisé par notre collègue Djaffar Tamani (El Watan du 3 mars 2008). Quelques kilomètres plus loin, Souk El Thenine, le village de Khalida Toumi. On traverse Mechtras (phonétiquement Amechrass) au milieu d’un pic de chaleur avant de chuter à Boghni, à environ 40 km au sud de Tizi Ouzou. La dernière fois que nous sommes venus ici, c’était en juillet 2003, alertés par une autre attaque terroriste, un faux barrage dressé à quelques encablures d’ici, et dont le député FLN Rabah Radja avait été au nombre des victimes. Un blindé de la police veille sur le siège de la sûreté de daïra. La plupart des commerces sont fermés. Une cité est élevée sur les décombres de l’ancienne brigade de gendarmerie emportée par le torrent fielleux des émeutes du printemps noir. « Ici, c’est le chômage de luxe. Les entreprises de réalisation butent sur des avis d’infructuosité faute de main-d’œuvre », précise un enseignant, avant de poursuivre : « En Kabylie, tout le monde construit. » De fait, le secteur du bâtiment à usage privé est l’un des rares pourvoyeurs d’emploi. Notre interlocuteur confirme le drame qui nous a fait venir. « L’assassinat a eu lieu au village de Assi Youcef, à six kilomètres d’ici. Je l’ai échappé belle. Ce bar était mon coin préféré et j’y suis passé dans l’après-midi », confie-t-il. D’après lui, la région connaît un « calme précaire ». « Il suffit d’un rien pour que tout bascule », commente-t-il. « La Kabylie est belle et maudite », soupire le jeune professeur. « Elle a beaucoup enduré durant la guerre de libération et ça continue. Elle est de tous les combats et cela lui pèse. »

« Ayemma Azizen ! »

14h passées. Nous nous engageons sur une route déserte qui s’allonge jusqu’à Tala Guilef, à l’ombre du massif du Djurdjura. A mi-chemin, entre la ville de Boghni et le village d’Assi Youcef, surgit un bar clandestin niché dans un verger de figuiers, au lieudit Azaghar. C’est le théâtre du drame. Les habitués de ce débit de boissons ainsi que des proches de la victime sont atterrés. Au début, les villageois, gagnés par un sentiment de colère sourde jumelé à quelque crainte légitime de représailles, refusent de nous parler, mais les langues finissent par se délier. On nous conduit au lieu exact où le défunt Saïd Belkessem, 32 ans, fut froidement égorgé avant d’être décapité. C’était le jeudi 28 août. Le sang encore frais de la victime s’épanchait sur le sol, au seuil d’une porte latérale donnant sur le bar. Un chiffon ensanglanté semble être le dernier indice matériel de la rafle barbare. « Il était 21h30 quand trois individus, revêtant des tenues de la BMPJ, ont fait irruption dans le bar », raconte l’un des témoins. « Les assaillants ont procédé à un contrôle de papiers comme s’ils étaient de la police. Ils faisaient mine de rechercher du kif pour faire diversion. Puis, un groupe de barbus, armés de kalachnikovs, est arrivé. Ils nous ont sermonnés avant de nous racketter et de nous délester de notre argent. En examinant les papiers, ils se sont arrêtés devant Saïd. Ils lui ont demandé ses papiers ; il n’en avait pas. Ils l’ont fouillé et n’ont trouvé que la clé de sa voiture.

Ils ont fouillé dans la voiture et ont trouvé sa carte professionnelle d’ancien gardien de prison à Serkadji. Ils l’ont entraîné dans les toilettes, l’ont roué de coups en le traitant de ‘’taghout’’. Un terroriste disait : Ce sont ces gens-là qui font du mal en prison. Le défunt criait ‘’laissez-moi, je n’ai rien fait’’. Ils l’ont égorgé, lui ont coupé la tête et traîné son tronc jusqu’au champ de figuiers où ils l’ont abandonné. Ses dernières paroles étaient : ‘’Ayemma azizen !’’ (Oh ma chère maman). » Une fois leur forfait accompli, les assaillants ont mis le feu au véhicule de la victime, une 206. La voiture, complètement calcinée, gisait près du bar. Des débris de bouteilles jonchaient le sol. « Vingt minutes après l’attaque, qui a duré plus de deux heures, l’armée a encerclé les lieux », poursuit l’un des rescapés de cette descente meurtrière. A notre passage, les éléments de l’ANP étaient encore dans les alentours. Les terroristes ont, par ailleurs, enlevé un émigré avant de le relâcher. Les villageois affirment à l’unisson que c’est la première fois qu’ils avaient affaire aux hordes du GSPC. « Jamais nous n’avons subi la moindre attaque », disent-ils. Une paix fragile que les habitants d’Assi Youcef souhaitent vite retrouver. « Il faut qu’on se réveille. Il faut qu’on se ressaisisse ! », martèle un villageois, indigné. Certains ont émis le vœu de voir la région davantage sécurisée, d’autres qu’il n’y ait pas trop d’uniformes dans le paysage. Aussi, d’aucuns se sont montrés réfractaires à l’idée du retour des gendarmes. « Nous voulons rester loin de tout ça. On ne veut être ni avec el houkouma, ni du côté des terroristes. Qu’on nous laisse en dehors de tout ça ! », éructe un jeune du village. Un autre renchérit : « Chacun est libre de faire ce qui lui plaît, chacun est libre de prier ou de boire. Nous n’avons pas besoin de directeur de conscience. »

Dans la maison de Matoub

Nous quittons Assi Youcef sur cette image douloureuse qui donne froid dans le dos. Présence discrète des services de sécurité sur la route. On nous déconseille vivement d’emprunter la RN128, reliant Boghni à Tizi Ouzou, réputée pour être un coupe-gorge. Prochaine étape : Béni Douala. Chemin faisant, on observe une halte aux Ouadhias, le temps de se désaltérer dans un café. La ville connaît une animation passable en ce vendredi après-midi.

15h40. Nous voici à Béni Douala, la ville d’où était partie l’étincelle des événements du printemps noir suite à l’assassinat le 18 avril 2001 du jeune Guermah Massinissa. 12 terroristes avaient été éliminés dans les maquis de la région le 7 août dernier suite à une opération spectaculaire, exécutée par un hélicoptère de combat. Nous voici à Taourirt Moussa, le village de Lounès Matoub. Pèlerinage incontournable à la maison du chanteur le plus adulé de Kabylie. La sépulture de Lounès a des allures de mausolée. La villa de l’artiste ne désemplit pas. Longue discussion avec Malika Matoub (lire le compte rendu détaillé de cet échange dans notre prochaine édition) qui nous apprend que 80 personnes en moyenne viennent se recueillir sur la tombe de Matoub chaque jour. D’un ton jovial, la sœur cadette du « Rebelle », commentant la situation générale en Kabylie, dira : « Je suis ici depuis deux mois. Mon mari qui est en France, apeuré par tout ce qui se raconte, m’a appelée en catastrophe en me disant ‘’qu’est-ce qui se passe ?’’ Pour moi, rien n’a changé. Il y avait une opération militaire à côté, et ici, dans thajemaïth du village, il y avait une fête. Les gens étaient à la fête du mariage le plus normalement du monde. » Et de souligner : « Il est temps que les uns et les autres comprennent que la Kabylie n’est pas un fusible à la merci des luttes de clans ou je ne sais quoi d’autre. La Kabylie a besoin de sérénité. Il y a une volonté de clochardiser cette région, en plus de son isolement sur le plan économique, parce que la Kabylie est isolée économiquement. La Kabylie subit le terrorisme depuis maintenant plus d’une décennie. Le terrorisme islamiste n’est qu’une facette d’un terrorisme global à plusieurs dimensions. » Pour cet homme d’un certain âge, ancien employé à l’Eniem, il y a eu « transfert du terrorisme vers la Kabylie », parce que, dit-il, « la Kabylie est un contre-pouvoir ». « L’Algérie est un volcan en hibernation », prédit-il. Un jeune étudiant en sciences politiques enchaîne : « On veut casser la Kabylie. Il n’y a aucun investissement dans la région. L’insécurité ajoutée aux entraves bureaucratiques découragent les investisseurs. »

Les noces de la JSK

En rentrant à Tizi Ouzou, nous prenons la route de Béni Zmenzer et Bouhinoun. Le village de Béni Zmenzer est en effervescence ce vendredi soir à telle enseigne que le trafic bouchonne carrément par endroits. Des cortèges nuptiaux paradent gaiement d’un village à l’autre en faisant retentir leurs klaxons aux quatre coins du Djurdjura. Le soir, Tizi est ville morte. L’hôtel Belloua où nous passerons la nuit est tranquille. Les restos de la ville ont fermé tôt. Tout le monde se rue sur son écran de télé pour suivre le match du jour, le choc JSK-ES Sahel comptant pour les éliminatoires de la CAF. La JSK remporte difficilement la partie par 1 but à 0, mettant fin à une longue série de matchs nuls. Les supporters en liesse emboîtent le pas aux noceurs.

Samedi 30 août. Tizi grouille de bon matin. Nous quittons la ville des Genêts pour Yakouren, à une cinquantaine de kilomètres sur la RN12. La charmante ville forestière, située en amont d’Azazga, avait été le théâtre d’effroyables affrontements en juillet 2007. Une faune de vendeurs de poterie et autres produits artisanaux s’agite en contrebas de l’hôtel Tamgout. Des familles improvisent des pique-niques à l’ombre de bois de cèdre mal entretenus et colonisés par les détritus. Le trafic automobile est dense. La route d’Adekar est très prisée par les voyageurs souhaitant se rendre à Béjaïa, Jijel et autres villes de l’Est. Petite virée à l’APC où Tahar Issadei, le maire FLN, et son équipe nous reçoivent sans protocole (lire encadré). Leur message est simple : Yakouren n’est pas l’Afghanistan, ce qu’il est aisé de confirmer. Retour à Azazga avant de bifurquer par la route de Chorfa n’Bahloul, Ifigha et Bouzguène vers les hauteurs de Aïn El Hammam et pousser jusqu’à Iboudrarène, le pays d’Ouyahia…

- La seconde partie du carnet de route dans notre édition de samedi

Par Mustapha Benfodil

el watan

kamikaze a la moto contre l’armée a Lakhdaria

Un convoi de l’armée nationale a été ciblé, mercredi 23 juillet, par un attentat kamikaze à la sortie-est de la ville de Lakhdaria, dans la wilaya de Bouira, a appris toutsurlalgerie.com de source sécuritaire. Selon les premiers éléments de l’enquête, l’attentat, qui s’est produit à 6h30 du matin, a fait au moins dix blessés parmi les militaires. Les blessures seraient légères. Le Kamikaze est mort sur le coup.

L’attaque été perpétrée par un kamikaze qui était à bord d’une moto de type grosse cylindrée. Selon notre source, l’auteur de l’attentat, dont l’identité n’a pas été révélé, a dirigé sa moto contre un camion qui faisait partie du convoi militaire ciblé. On ignore comment il a actionné sa bombe. C’est la première fois que des terroristes utilisent une moto dans une attaque suicide. Le convoi militaire se dirigeait vers les monts de Lakhdaria pour participer à une opération de ratissage contre des groupes terroristes du GSPC.

Cet attentat intervient alors qu’une visite du président Bouteflika est annoncée dans les prochains jours dans cette région où il est attendu pour l’inauguration d’un viaduc faisant partie du projet d’autoroute est-ouest.
Par ameziane athali le 23/07/2008 à 13:05
Toutsurlalgerie.com

Lakhdaria, attentat kamikaze contre un convoi de l’ANP
13 militaires blessés dont 4 grièvement

Matinée d’horreur à Lakhdaria, 45 km au nord-ouest de Bouira, où un attentat suicide a fait, selon certaines sources, près d’une quinzaine de blessés dont au moins quatre grièvement.

Hier, vers 7h, les habitants de l’ex-Palestro ont été arrachés de leur sommeil par une forte déflagration. Un convoi de l’ANP venait d’être ciblé, à l’entrée ouest du centre urbain précité par un attentat kamikaze. Mais une telle information ne fut confirmée, hier, après des recoupements, qu’en milieu de journée. Conduisant une moto piégée le kamikaze, non identifié à l’heure où nous mettons sous presse, a foncé sur un camion bourré de soldats de l’ANP, empruntant ledit- axe routier à ce moment précis. Le véhicule militaire a dérapé sous le souffle de l’explosion qui s’en est suivie. Joint par téléphone, un riverain n’a pas trouvé les mots pour témoigner de ce cauchemar. Mais il a dit avoir vu juste après, des renforts de policiers et de nombreuses ambulances affluer vers le lieu du drame. Certaines sources avancent le chiffre de 13 blessés dont quatre grièvement suite à cette attaque kamikaze. D’autres ont précisé que huit militaires ont été mortellement atteints par les éclats de la moto piégée.

Certaines victimes ont été évacuées a-t-on ajouté, vers une structure sanitaire spécialisée de la périphérie. La forte déflagration a fait voler en éclats les vitres des locaux avoisinants.

C’est le troisième attentat-suicide planifié en moins d’une année par les commanditaires de l’islamisme armé dans cette circonscription. Entre le 11 juillet et fin septembre 2007, deux attaques meurtrières similaires perpétrées l’une contre la caserne de Lakhdaria jouxtant l’usine de l’ex-Snic et l’autre sur l’intersection voisine de Bourabache, avaient fait, au total, 11 morts et 34 blessés dont trois grièvement. Du 11 avril 2007 date de l’attentat-suicide contre la Palais du gouvernement à la dernière attaque kamikaze du 29 janvier 2008 à Thénia, l’on dénombrait, au total plus de 180 morts et des dizaines d’autres blessés. Juste après, les hordes islamistes ont subi, suite à la riposte des services locaux de sécurité de cuisantes défaites particulièrement en Kabylie. Près d’une centaine de terroristes abattus dont de nombreux émirs de l’ex-GSPC, en plus du démantèlement d’une dizaine de réseaux de l’islamisme armé.

Mais la bête immonde profite, c’est un euphémisme de le rappeler, de la moindre occasion pour frapper.

Salim Haddou

Nouvelles de la region de lakhdaria, version arabe

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تلوّث المحيط يهدد صحة سكان الزبربورة بالأخضرية

لا يزال سكان مدينة الحياة  »الزبربورة » الواقعة في الضاحية الشرقية لمدينة الأخضرية ينتظرون  »التفاتة جادة » من المسؤولين لتخليصهم من الآثار الخطيرة الناجمة عن تلوث محيطهم المعيشي جراء وقوع المفرغة العمومية قرب منازلهم.
 »كثرت شكاوينا ولا أحد اهتم بالأمر، رغم تفاقمه ».. هذا ما قاله لنا بعض السكان المتضررين من الظاهرة. وبالفعل فقد أضحت المفرغة مصدر قلق وإزعاج وخطر دائم على صحة السكان وأبنائهم، جراء التصاعد الدائم للدخان الممزوج بسموم النفايات وانبعاث الروائح الكريهة التي يستنشقها السكان رغما عنهم.
ويذكر أعضاء جمعية  »الشفاء » للأمراض المزمنة بأن العديد من سكان  »مدينة الحياة » ظهرت عليهم أعراض بعض الأمراض التنفسية والحساسية المزمنة جراء قرب المفرغة من بيوتهم. ولعل أكثر الفئات المتضررة من هذه الوضعية هم الأطفال ».
والأخطر من ذلك كله، هو تحول هذا المكان النتن إلى مصدر رزق وكسب لبعض العائلات التي ترسل يوميا أطفالها للبحث عن المواد

البلاستيكية والمعدنية لبيعها لبعض التجار الذين يزودون بها وحدات استرجاع هذه المواد

محكمة الأخضرية تبرئ مواطنا من تهمة الاعتداء بالسلاح


قضت، أول أمس، محكمة الجنح بالأخضرية، ولاية البويرة ببراءة المواطن  »قلوز علي » الساكن بدائرة قادرية، من تهمة الاعتداء بالسلاح الأبيض التي رفعها ضده  »ش.كمال » وذلك عقب استماعها إلى شهادات أربعة شهود  اعترفوا أمام هيئة المحكمة بأن المدعى عليه لم يكن في المكان محل الاتهام، بل في جهة بعيدة عن موقع هذه الحادثة. وبقرارها ببراءة المتهم من التهم المنسوبة له من طرف الجهة المدعية تكونوأعادت الحق للمواطن المظلوم. هيئة المحكمة قد وضعت

حدا للأقاويل والإشاعات

فتح نفق الأخضرية أمام القطارات

صرّح رئيس لجنة النقل بالمجلس الشعبي الوطني، محمد بن حمو، أن الشركة الوطنية للنقل بالسكة الحديدية قررت إعادة فتح نفق الأخضرية أمام حركة قطارات نقل المسافرين والبضائع، اعتبارا من اليوم. وأوضح بن حمو، نائب عن الجبهة الوطنية الجزائرية، بأنه تلقى اتصالا من المدير العام للشركة أبلغه من خلالها بأنه تقرر فتح النفق أمام حركة القطارات بعد أشهر من الغلق. وكان اصطدام بين مقطورة بقطار نقل البضائع كان يجر 15 صهريجا للوقود، داخل النفق الذي يبلغ طوله 720 متر، في فيفري الماضي، قد أدى إلى وفاة شخص وإصابة أربعة آخرين بجروح.

الأخضرية في البويرة
المستفيدون من تجزئة الحي الحضري الجديد يحتجون
تجمّع أول أمس، العشرات من المستفيدين بتجزئتي 173 و 346 الواقعتين في المنطقة الحضرية الجديدة بالأخضرية في ولاية البويرة أمام مقر الوكالة العقارية التي باعتهم القطع الأرضية وطالبوا بتسوية وضعيتهم العالقة منذ .1992
الإحتجاج جاء بعد سلسلة من الشكاوى بعث بها المستفيدون من القطع الأرضية الى مختلف المسؤولين، طالبوا من خلالها بتسوية وضعيتهم العالقة منذ سنة 1992 تاريخ استفادتهم من تلك الأراضي ولم يستلموا إلى يومنا هذا رخص البناء رغم تسديدهم لمستحقاتهم، حيث قررت السلطات المحلية مؤخرا تشجير تلك الأراضي بحجة أنها غير صالحة للبناء بسبب انجراف التربة، دون أن تقدّم حلولا  ترضي أصحابها الذين اقتنوها من لدن الوكالة العقارية خلال الفترة الممتدة من 1992 إلى .1996 وطالب المحتجون بتسوية وضعية تلك الأراضي، من خلال إتمام إجراءات البيع المعمول بها في مثل هذه الحالات ومنحهم رخص البناء أو تعويضهم وفق الأسعار المعمول بها حاليا.
وأثناء الإحتجاج، تنقّل مدير الوكالة العقارية الولائية إلى مدينة الأخضرية واستقبل ممثلين عن المحتجين وبعدما استمع إلى انشغالهم، اقترح تشكيل لجنة ستكلّف بالبحث عن الحل النهائي لقضيتهم التي طال أمدها. وفي هذا الصدد نشير إلى أن بعض أعضاء المجلس الشعبي الولائي رفعوا انشغال المستفيدين إلى الوالي خلال الدورة الأخيرة، وكان الرد بأن تلك القطع الأرضية تربتها غير صالحة للبناء، لذا لا يمكن أن يسمح لأصحابها بالبناء فوقها، وهو ما دفع بممثلي حزب  »الأرسيدي »

يطالبون بتشكيل لجنة للتحقيق في هذه القضي

النفايات تغزو مدينة الأخضرية

يعاني سكان مدينة الأخضرية من انتشار الأوساخ وانسداد البالوعات، مما ساهم في تلويث المحيط المعيشي للسكان بوسط المدينة وأغلب أحيائها.
أضحى منظر القمامات فوق الأرصفة والمزابل المنتشرة خلف العمارات وبمختلف الأحياء الشعبية، مشهدا يوميا يؤرق السكان وزوار المدينة على حد سواء، بالإضافة إلى تضرر قنوات الصرف وانسداد البالوعات، ما يطرح أكثر من سؤال حول مسؤولية السكان ومسؤولي البلدية على حد سواء.
يحدث هذا في ظل غياب المساحات الخضراء التي من شأنها أن تحسّن الوجه العمراني لهذه المدينة العريقة؛ فحتى الحديقة العمومية المحاذية لمقر الدائرة التي أنشئت منذ عقود، تضررت بسبب الإهمال الذي أصابها خلال سنوات الإرهاب، وقد شرعت مؤخرا السلطات المحلية في إعادة تهيئتها بطريقة لم تعجب السكان الذين استاءوا من تهديم سياجها  »الغرانيتي » وتعويضه بالحجر الأزرق، كما عوّض بلاطها ذو الجودة العالية ببلاط أثبت وضعه في حديقة أخرى قريبة من نفس المكان أن نوعه رديء، حيث لاحظ الجميع بأنه يتحوّل إلى أوحال بعد تساقط الزخات الأولى من الأمطار. وبعدما تساءلت مجموعة من السكان صادفناهم في المكان، عن المغزى من هذه الأشغال التي وصفوها بالارتجالية، طالبوا الوالي بزيارة أحياء المدينة ليتأكد بنفسه من الوضع البيئي الكارثي الذي يحيط بالسكان ويهدد صحتهم.

VIA QUOTIDIEN EL KHABAR

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