Les villages oubliés de Boumerdès

Les villages oubliésLes villages de Oued Djenane (Jiks), Touzaline, Boukeraï, Aït Belaïd, Aït Bouchlaghem, Bousmail et Aït Si Saïd(commune de Béni Amrane) souffrent au quotidien à cause de l’oubli dont ils sont victimes. Ils ne bénificient que d’une insignifiante portion de projets de développement les plus élémentaires.

A Boukeraï par exemple, et c’est le même cas dans les autres villages, les réseaux d’assainissement font défaut. Les habitants sont obligés d’enfouir les eaux usées dans des fosses septiques de fortune. En hiver ces fosses se remplissent rapidement à cause des eaux pluviales qui s’y déversent. Par conséquent les infortunés se retrouvent obligés de débourser entre 8000 et 10 000 DA pour les vider. A Aït Afra , les habitants ont eux-mêmes réalisé les travaux grâce a un volontariat suite à l’absence des autorités. A Boukeraï les innocents petits écoliers font deux fois l’aller-retour à pied sur une distance de plus d’un kilomètre faute de transport et de cantine scolaire.

Le transport est un réel problème dans certains villages. A Bousmaïl et Aït Si Saïd, il est simplement inexistant. Ce qui laisse les habitants dans un isolement total. Ils sont contraints de venir jusqu’à Boukeraï à pied pour prendre le transport. Les élèves issus des localités qui sont scolarisés au CEM de Souk El Had sont aussi touchés par ce problème. Car il n’y a pas une ligne de transport de ces villages vers cette ville. A un certain moment, ils ont cru à la fin de leur calvaire après l’inscription d’un projet de réalisation d’un CEM, après maintes réclamations des parents d’élèves. Mais les travaux ont été arrêtés juste après les terrassements. « La cause avancée par l’entrepreneur est la cherté de matériaux de construction », témoigne un habitant de cette localité.

Les cantines sont inexistantes dans la plupart des écoles. Même au chef-lieu de la commune. M. Bouhri, président de l’association des parents d’élèves, déplore ce manque. Il nous a dit « c’est très confus, certains disent que la cantine sera fonctionnelle à nouveau, mais rien n’est sûr. La solution trouvée qui consiste à donner un repas froid aux élèves, qui le mangent dans la rue, n’est pas idoine ». La même carence est constatée au CEM de Ammal. M. Meraïhi Hamdane, enseignant, a interpellé le P/APC lors d’une réunion pour attirer son attention sur les difficultés qu’endurent les élèves. Le problème d’eau potable est aussi ressenti dans ces villages. Elle ne coule des robinets qu’une fois par semaine.

La détérioration des routes cause d’autres préjudices aux habitants. Dans certains endroits, comme à l’entrée de Touzaline et Boukeraï, la route est pratiquement impraticable. Concernant le gaz de ville, il n’est même pas à l’ordre du jour des discussions des responsables, malgré le fait que la canalisation principale passe dans les terres de certains villageois.

Par H. Dahmani

el watan

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